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MODE. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»

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Cette alternance permet d’exprimer des nuances très fines comme le montreront les exemples qui suivent.

1.Alternance des deux modes en propositions conjonctives.

Eh bien! je n’échangerais tout cela pour rien, parce qu’il me semble, en ma conscience, que j’accomplis mon devoir.

(G. Flaubert)

A peine y a-t-il quatre jours que je suis ici, et il me semble qu’il y ait quatre ans.

(Diderot) [Dans le premier exemple, Flaubert pose qu’il accomplit son devoir; il me semble est une litote, un moyen discret d’exprimer une certitude. Dans le second exemple, ce que Diderot dégage, c’est son impression; il me semble porte l’accent; la subordonnée exprime le fait

envisagé, non posé.] [...]

2.Alternance des deux modes en proposition relative:

Il était le premier homme que je rencontrais et pour qui comptait plus que tout la vie de l’esprit.

(F. Mauriac)

Je cherche une maison qui a un jardin.

Je cherche une maison qui ait un jardin. [...]

3.Alternance dans les propositions circonstancielles.

Elle s’explique par le même jeu de balance. L’indicatif actualise; le subjonctif se substitue à lui toutes les fois que le procès est envisagé ou interprété. Après les locutions conjonctives de façon que, en sorte que, jusqu’à ce que, quoique, sans que, la langue classique tirait parti de cette alternance bien plus librement que ne le fait, aujourd’hui, le français académique. Mais de bons écrivains modernes n’ont pas hésité à en user.

Tout alla de façon

Qu’il ne vît plus aucun posson.

(La Fontaine) [Comparez: Agissez de façon que (ou en sorte qu’)il ne se doute

de rien.]

Il promettait de ne pas prêcher jusqu’à ce que le roi lui promettrait.

(Bossuet)

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[Comparez: Restez ici jusqu’à ce que je revienne.] [...]

L’IMPÉRATIF

387. Définition

L’impératif est un mode d’action. On ne s’en sert pas pour narrer, pour décrire, mais pour ordonner, persuader, c’est-à-dire en vue de provoquer un résultat. Son emploi est toujours motivé par un mouvement affectif; il implique un dialogue (réel ou fictif) au cours duquel le locuteur cherche à agir sur quelqu’un ou sur quelque chose.

REMARQUE. L’impératif proprement dit comporte trois formes: une de la 2-ème pers. du singulier: viens! une de la 2-ème pers. du pluriel: venez! une de la 1-ère pers. du pluriel: venons! On lui en adjoint deux autres, de la 3-ème pers. (au sing. et au plur.) tirées du subjonctif présent: Qu’il vienne! Qu’ils viennent! Bien que celles-ci ne constituent pas une adresse directe, elles s’apparentent néanmoins à l’impératif par le mouvement affectif qui en dicte l’emploi.

Elohim dit: «Qu’il y ait de la lumière!» et il y eut de la lumière.

(Genèse, trad. De la Pléiade).[...]

390. L’impératif. Mode personnel mais non temporel

L’impératif est un mode personnel, mais il ne permet pas d’actualiser le procès d’une façon précise.

1. A l’aspect simple, l’impératif (improprement appelé présent) engage aussi bien un avenir proche ou lointain que le présent proprement dit. Ces nuances s’éclairent d’après le contexte; elles peuvent être précisées au moyen d’adverbes ou de locutions adverbiales:

Fais-le (tout de suite, le plus tôt possible, aujourd’hui, demain, etc.)

2. A l’aspect composé, l’impératif (dit improprement passé) présente le procès comme achevé. L’action, l’état qui sont les objets de l’ordre ou de la prière doivent être parvenus à leur terme à un certain moment ou bien avant qu’un autre procès commence.

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Comparez:

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391. Les personnes

Le message porté par l’impératif est direct lorsqu’il est formulé à la 2-ème personne (du singulier ou du pluriel) ou à la 1-ère personne du pluriel.

Il est indirect lorsqu’il est formulé à la 3-ème personne. 1. Le locuteur se prend pour partenaire:

Rentre en toi-même, Octave, et cesse de te plaindre!

(Corneille)

Marchons, marchons! Qu’un sang impur abreuve nos sillons!

(La Marseillaise) 2. Le locuteur s’adresse directement à un partenaire autre que lui-

même:

O dernier réconfort de l’âme qui s’envole, Viens, reste sur mon cœur!

(Lamartine)[...]

3. Le locuteur s’adresse indirectement au partenaire. Le message est alors exprimé au moyen des formes de la 3-ème personne tirées du subjonctif:

Jupiter dit un jour: «Que tout ce qui respire

S’en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur.»

(La Fontaine)

392. Valeurs d’emploi de l’impératif

L’emploi de l’impératif est motivé par des mouvements affectifs variés. Ceux-ci sont rendus par le ton de la voix (exigence, impatience, lassitude). Compte tenu de ces nuances, l’impératif transmet:

1. un ordre:

Gardes, obéissez sans tarder davantage!

(Racine)

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2. une invitation polie:

Veuillez vous asseoir! – Reprenez donc une tasse de thé!

3. une prière, une supplication pressante:

Retirez-vous, Seigneur, et fuyez un courroux Que ma persévérance allume contre vous!

(Racine)

4. une hypothèse:

Jetez-moi dans les troupes comme simple soldat, je suis Thersite; mettez-moi à la tête d’une armée dont j’aie à répondre à toute l’Europe, je suis Achille.

(La Bruyère)

III. MODE PERSONNELET TEMPOREL

QUESTIONNAIRE:

18.Pourquoi l’indicatif est-il considéré comme un seul mode personnel et temporel?

19.Combien de formes temporelles comporte l’indicatif?

20.Quels sont les valeurs de l’indicatif?

21.Comment R.L.Wagner et J.Pinchon définissent-ils le présent de l’indicatif et quelles valeurs lui attribuent-ils?

22.Quelleestladifférenceentrelepassé indéfinietle passédéfini?

23.Pourquoi les auteurs disent-ils que dans la série des temps de l’indicatif, le futur est une forme symétrique de celles qui servent à situer un procès dans le passé? Quels sont valeurs essentielles du futur?

24.Comment R.L.Wagner et J.Pinchon interprètent-ils les temps antérieurs?

25.Quelles sont les particularités attribuées à l’imparfait et au plus-que-parfait de l’indicatif?

26.Quelle place dans le système modal de R.L. Wagner et J. Pinchon occupe le conditionnel?

27.Quelles caractéristiques les auteurs attribuent-ils au conditionnel présent et au conditionnel passé?

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28. Qu’est-ce qu’il y a de particulier dans leur interprétation du conditionnel?

L’INDICATIF

393. Morphologie

L’indicatif comporte cinq temps. Chacun d’eux se présente sous trois aspects, un simple, un composé, un surcomposé. L’ensemble constitue quinze séries de formes.

Présent

Imparfait

Passé défini

Futur

Conditionnel

Je chante

Je chantais

Je chantai

Je chanterai

Je chanterais

Passé indéfini

Pl.-q.-parfait

Passé

Futur antérieur

Condit. passé

J’ai chanté

J’avais

antérieur

J’aurai chanté

J’aurais

 

chanté

J’eus chanté

 

chanté

Passé indéfini

Pl.-q.-parfait

Passé antér.

Futur antér.

Condit. passé

surcomposé

surcomposé

surcomposé

surcomposé

surcomposé

J’ai eu chanté

J’avais eu

J’eus eu

J’aurai eu

J’aurais eu

 

chanté

chanté

chanté

chanté

396. Les valeurs du mode indicatif

L’indicatif est un mode personnel et temporel. Il est le seul à posséder une forme de présent qui s’oppose morphologiquement au passé défini, à l’imparfait, au futur et au conditionnel. Il est apte, en conséquence, à actualiser un procès et à le situer dans une époque distincte. Cette propriété qui manque aux autres modes a fait dire justement à certains grammairiens que l’indicatif est le mode au moyen duquel on pose le procès.

REMARQUE. La chose ainsi posée au moyen du mode indicatif peut être réelle (il a plu, il pleuvait, il pleut) ou incertaine (il pleuvra, il pleuvrait); elle peut être vraie, vraisemblable ou manifestement fausse. On voit à quel point il est inexact de définir l’indicatif comme «le mode du réel» ou «de la réalité».

Le nom de temps par lequel on désigne les séries de formes qui composent l’indicatif laisse penser, à tort, que celles-ci ont pour seule

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fonction de situer le procès dans une époque passée, présente ou à venir.

C’est un de leurs rôle en effet:

Je l’ai rencontré il y a quelque temps; mais en ce moment je ne le vois pas et je ne le verrai sans doute pas d’ici trois semaines.

Mais les oppositions que ces formes contractent entre elles engendrent bien d’autres valeurs.

Ainsi les formes composées, mises en rapport avec des formes simples, servent à établir une chronologie et à marquer la succession de deux faits ou de deux époques.

Quant aux formes simples, loin d’exprimer simplement et d’une manière objective, sèche, des différences d’époque, elles servent autant à traduire comment nous sentons ces différences et comment nous nous représentons le procès. Un fait réel, passé, ne nous apparaît pas du tout de la même manière suivant qu’il est exprimé au moyen du passé défini, de l’imparfait ou du passé indéfini; un fait situé dans l’avenir n’a pas la même couleur suivant qu’on l’exprime au moyen du futur ou du conditionnel.

Damourette et Pichon ont bien montré qu’entre je vis, je vois, je verrai d’une part et j’ai vu, je vois, je vais voir d’autre part, la différence tient à ce que dans la première série les trois époques sont conçues comme hétérogènes, radicalement séparées par un présent lui-même autonome, tandis que dans la seconde le passé s’achève dans le présent qui le prolonge, et l’avenir naît du présent qui l’engendre. Ils ont établi sur d’excellentes preuves que les formes en –ais (imparfait, conditionnel) servaient bien moins à évoquer un temps qu’à distinguer une actualité différente de celle qui constitue notre présent, au moment où nous vivons.

Ce qui permet au mode indicatif d’exprimer toutes ces nuances, c’est l’existence d’une forme de présent à laquelle se rapportent toutes les autres formes; celles-ci s’opposent entre elles par son moyen.

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LE PRESENT

397. Définition

Le présent est la forme au moyen de laquelle le locuteur ou le narrateur exprime tout ce qui constitue son actualité, tout ce qui s’y rattache. Cette actualité peut être étroite, momentanée, c’est-à-dire coïncider avec l’instant où le locuteur parle. Mais on actualise aussi par la force de la mémoire ou de l’imagination des choses passées ou à venir qui s’expriment alors au présent.

398. Le présent ponctuel

Le présent évoque un fait qui occupe, qui constitue l’actualité du locuteur, au moment même où il parle.

Mon choix n’est point douteux. Mais j’aperçois Pauline.

(Corneille) […]

399. Le présent étendu

Le présent situe le procès dans une actualité plus large, qui implique un laps de durée assez long. Il admet alors d’être déterminé par des compléments qui évoquent le début ou le terme de cette durée:

Il fait beau depuis trois jours (depuis une semaine). […]

400. Valeurs d’emploi du présent.

De la propriété définie au paragraphe 397 découlent les emplois du présent de l’indicatif pour exprimer:

1. des faits d’expérience, des constatations d’ordre général:

Deux et deux font quatre. − Pierre qui roule n’amasse pas mousse.

Les morales et les maximes se formulent au moyen du présent:

La raison du plus fort est toujours la meilleure.

(La Fontaine)

2.des caractères permanents ou du moins durables:

Augustine faisait celle qui ne comprend pas. (E.Zola) […]

3.des faits répétés, des faits d’habitude.

Cette valeur ressort du contexte. Une forme comme il boit peut évoquer une action actuelle, contemporaine du moment où le locuteur

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parle (cf. le roi boit!); mais elle est propre, aussi, à évoquer une action coutumière (cf.: cet homme boit, malheureusement!) […]

4. Un passé récent:

J’arrive [ = je viens d’arriver]. 5. Un avenir proche:

Je viens [= je vais venir dans quelques instants] […]

401. Valeurs d’emploi du présent. Le présent historique

1. Dans une narration qui relate, au moyen de formes du passé, des événements révolus, le présent de l’indicatif, par un effet de rupture, en rattache certains à notre actualité et permet de nous en constituer comme les temoins:

Nous étions là sur les confins des tribus d’Ephraïm et de Benjamin. Nous partons avant le jour; nous suivons pendant deux heures une vallée.

(Lamartine) 3. Le présent histirique actualise aussi des événements à venir,

prévus par l’imagination:

Où menez-vous ces enfants et ces femmes? Le Seigneur a détruit la reine des cites: Ses prêtres sont captifs, ses rois sont rejetés.

(Racine)

402. Nuances affectives du présent

Le ton, la mélodie soulignent les nuances dont on teinte le présent de l’indicatif dans certains emplois.

1.désir, prière, invitation pressante: Vous venez? − On sort?

2.ordre:

Tu fermes ton livre et tu viens! […]

LE PASSE INDEFINI

407. Le passé indéfini.Aspect composé du présent

Dans cette valeur le passé indéfini ne se distingue du présent que dans la mesure où il évoque un procès sous son aspect achevé. J’ai

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vu équivaut alors à je suis dans la situation de quelqu’un qui a vu.

C’est ainsi qu’on interprétera les passés indéfinis dans les exemples qui suivent: soit maximes, soit caractérisations; ils y expriment un procès terminé et la situation qui en résulte:

[…] Il est impossible d’aimer une seconde fois ce qu’on a cessé d’aimer.

(La Rochefoucauld) […]

408. Le passé indéfini exprimant un fait passé

En français moderne, dans la langue parlée, le passé indéfini est la forme qui sert normalement à situer un procès dans le passé (passé lointain, passé récent).

[…] Très jeune, il y a quinze ans, j’ai publié un roman. Je viens de le relire.

(J. Chardonne) […]

LE PASSE DEFINI

411. Extension du passé défini

1.En français moderne, le passé défini n’est plus en usage dans la langue du discours (conversation, dialogue, évocation personnelle et non histirique du passé) à Paris et dans une assez large portion du territoire de la France au Nord de la Loire. Mais il ne faut pas en conclure qu’il soit une forme morte. Le passé défini est indispensable, en effet, dans la langue écrite et dans la langue parlée, chaque fois qu’un narrateur a à relater historiquement des faits dont il ne se donne que comme le rapporteur. […]

2.A l’époque classique, l’emploi du passé défini était encore admis dans la langue du discours; mais, comme l’ont bien vu certains grammairiens du XVI-ème et du XVII-ème siècle, il servait, par opposition au passé indéfini, à évoquer un passé révolu, coupé de l’actualité présente du locuteur.

Fille d’Agamemnon, c’est moi qui la première Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père.

(Racine)

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412. Valeur du passé défini

1. Tout verbe, quel que soit son sens, peut être employé au passé défini. Cette forme, seule ou déterminée adverbialement, convient à évoquer:

a) un procès ponctuel: Type: On sonna.

Je saluai ensuite l’Orient.

(Chateaubriand)

b) une action qui s’est répétée:

Pour gagner sa vie, il écrivit dans des journaux. c) un état durable:

Uncoudeappuyésurmesgenouxetlatêtesoutenuedansmamain Je demeurai enseveli dans la plus amère rêverie.

(Chateaubriand) 2. C’est aux déterminants qu’il revient de préciser si le procès a

eu lieu dans un passé lointain ou non:

Jadis certain Mogol vit en songe un Vizir…

(La Fontaine) […]

LE PASSE ANTERIEUR

416. Définition

Le passé antérieur est l’aspect composé du passé défini. En français moderne, il appartient exclusivement à la langue écrite.

417. Emplois du passé antérieur en proposition indépendante

Le passé antérieur y fonctionne suivant sa valeur d’aspect. Il s’oppose au passé défini en ce qu’il évoque un procès achevé.

1. Il situe un procès achevé dans un passé révolu:

Enfin l’écureuil eut mangé.

(M. Genevoix) […] 2. Il sert notamment à évoquer un procès dont le déroulement, très rapide, est parvenu à son terme presque aussitôt que commencé. Ce sont des déterminants (adverbes ou compléments circonstanciels) qui soulignent ce déroulement rapide: bientôt, en un instant, tôt, vite,etc.

Et le drôle eut lapé le tout en un moment.

(La Fontaine) […]

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