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MODE. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»

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alors être irréel et est toujours potentiel: ut desint uires, tamen est laudanda uoluntas «Asupposer que les forces manquent, l’intention n’en est pas moins louable».

9.L’allemand emploie également le subjonctif pour marquer les hypothétiques par opposition à l’indicatif des conditionnelles, les marquants possibles de la protase subordonnée restant par ailleurs les mêmes (v. chap. 258, §§ 16–18): wenn Sie wollten, könnten wir spazieren geben «si vous vouliez, nous pourrions aller nous promener».

10.Dans les phrases hypothétiques le grec marque le potentiel par le mode optatif et l’irréel par le mode indicatif, la suppositionnelle étant en outre marquée par le translatif préposé et la conjecturale par le translatif ăv [...].

11.Dans le nombre de langues, on utilise la forme du passé du

verbe comme marquant, non du sens passé mais du sens hypothétique de la phrase conditionnelle. La chose est particulièrement frappante en français où avec le sens futur le verbe est à la forme du présent dans la conditionnante et à celle de l’imparfait passé présent dans la suppositionnelle, tandis qu’il est à celle du futur dans la conditionnée et à celle du passé futur (appelé improprement conditionnel) [...] dans la conjecturale: s’il fait beau, j’irai me promener (conditionnelle), s’il faisait beau, j’irais me promener (hypothétique), cf. aussi:

Si Peau d’âne m’était conté, J’y prendrais un plaisir extrême.

(La Fontaine, Fables, VIII, 4, Le Pouvoir des Fables).

12.Il suffit souvent en français d’exprimer la suppositionnelle, la conjecturale qu’elle appelle se devinant d’elle-même: Si j’étais roi; Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Proverbe)

13.L’emploi, comme dans la conjecturale, du passé futur (conditionnel) dans la suppositionnelle déjà marquée par le translatif si est en français une incorrection dénotant le parler le plus vulgaire: fr.* Si ce serait facile, ce serait déjà fait, au lieu du correct: Si c’était facile, ce serait déjà fait.

Cette incorrection est une de celles qui trahit le plus fréquemment les non-francophones. Elle a été remarquée par A.Daudet: Si j’aurais des actionnaires, si je réunirais des fonds, prêtés à M. De Sieboldt,

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savant bavarois (Contes du Lundi, l’Empereur aveugle, I), Si j’oserais demander à Mossié de vouloir bien signer son nom, dit la Suissesse qui est femme de chambre de l’hôtel du Rigi-Kulm (Tartarin sur les Alpes, I, in fine).

14.Ce n’est pas à dire que le passé futur ne puisse pas suivre le translatif si en français. Mais en pareil cas, la conjecturale marquée par le passé présent est indépendante de la conditionnante marquée par le translatif si. Ce type de phrase est d’ailleurs rare en français, où il est dépourvu d’élégance: Si, faute de vent, le Repton aurait eu grand’peine à rejoindre le Saint-Enoch, il pouvait envoyer ses embarcations (J. Vernes, Le Serpent de mer, XI, p. 185).

15.Comme marquant du sens hypothétique de la phrase, l’anglais fait comme le français usage de la forme du passé du verbe.Au lieu de l’auxiliaire du futur (shall, will) il emploie le passé de cet auxiliaire, (should, would), ce qui donne un passé futur: we should be happy, if you came «nous serions heureux, si vous veniez», should I swing for it «dussé-je être pendu».

16.Il en est de même en allemand, où l’hypothétique est marquée par la forme du passé du subjonctif: wenn er käme, wäre ich froh «s’il venait, je serais content», sollte uns der Feind angreifen «si l’ennemi venait à nous attaquer». En particulier dans les suppositionnelles, au lieu de l’auxiliaire du futur (ich werde), on emploie le passé du subjonctif de cette forme (ich würde): wenn das Wetter schön wäre, würde ich spazieren gehen «s’il faisait beau, j’irais me promener».

17.De même, en russe, le verbe de toute hypothétique (suppositionnelle ou conjecturale) est toujours au prétérit accompaqué de la particule бы: если бы у меня было время, то я бы пришел к вам «si j’avais le temps, j’irais vous voir».

18.Dans toutes les langues, où la forme du passé du verbe est utilisée pour servir de marquant au sens hypothétique de la phrase (cf. ci-dessus, § 11), on ne saurait évidemment en faire usage pour servir de marquant au temps passé, qui se trouve ainsi privé de son marquant naturel. Dans ce cas, au lieu d’avoir recours à la forme du temps, indisponible, on utilise celle de la sécution, en faisant appel, au lieu du temps passé, à la sécution antérieur, ce qui, dans les phrases condi-

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tionnelles et hypothétiques, se trouve revenir au même: fr. s’il avait fait beau, j’aurais été me promener (cf. ci-dessus, § 11). De même, avec la très vulgaire incorrection signalée ci-dessus (cf. § 13), on a la charge humoristique bien connue *Si j’aurais su que tu aurais venu, je m’aurais en allé, au lieu du correct: Si j’avais su que tu serais venu, je m’en serais allé.

19.En latin, le temps de l’hypothétique est marqué à la fois par la sécution et par le temps. Si l’hypothétique est au futur on met le verbe au futur de l’infectum: felix sim, si amicum habeam «je serais heureux si (plus tard) j’avais un ami»; si elle est au présent, on met le verbe au passé de l’infectum (imparfait): felix essem, si amicum haberem «je serais heureux si (maintenant) j’avais un ami»; enfin si elle est au passé on met le verbe au passé du perfectum (plus-que-parfait): felix fuissem, si amicum habuissem «j’aurais été heureux si j’avais eu un ami».

20.En russe, il n’est pas possible de marquer une différence de temps dans l’hypothétique, et la phrase если бы у меня было время, то я бы пришел к вам (cf. § 17) peut tout aussi bien signifier «si j’avais eu le temps, j’aurais été vous voir» (passé) que «si j’avais le temps, j’irais vous voir» (présent et futur).

21.Dans certaines langues, la conjecturale est marquée par un translatif spécial qui la distingue de la conditionnée.

22.En grec le marquant est ăv [...]

23.En russe, ce marquant est бы qui est de rigueur non seulement dans la conjucturale, mais aussi dans la suppositionnelle: если бы у меня было время, то я бы пришел к вам «si j’avais le temps, j’irais vous voir» (cf. §§ 17 et 20).

24.Il peut arriver que la suppositive ne soit pas marquée et que son sens hypothétique résulte du seul contexte: fr. Un degré de plus, il aurait été exorciste et investi du pouvoir de chasser les démons! (Ed. About, Le Roi des Montagnes, IV).

25.L’hypothétique peut se combiner avec la comparative lorsque la notion qui sert de point de comparaison est elle-même le fait d’une hypothèse. On a alors affaire à une comparaison hypothétique.

26.Le translatif de la comparative hypothétique est en français comme si: Alfred hurle comme si on l’égorgeait.

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27.Le latin connaît pour la comparative hypothétique plusieurs translatifs: quasi, tamquam, velut si: timent eum, quasi crudelis sit « ils le craignent comme s’il était cruel».

28.En russe, la comparative hypothétique est marquée par la locution translative как будто бы, qui est souvent amputée d’un de ses trois éléments (как будто, будто бы, как бы) ou même de deux (будто): он смеется, как будто не понимает «il rit comme s’il ne comprenait pas».

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R.L. WAGNER, J. PINCHON Grammaire du français classique et moderne

Paris, Hachette, 1962, p.p. 295–370

QUESTIONNAIRE:

1.Combien de modes R.L. Wagner et J. Pinchon distinguent-ils en français?

2.Qu’est-ce qu’ils incluent dans les modes impersonnels et dans les modes personnels?

3.Par quoi s’opposent, d’après les auteurs, les modes personnels et les modes impersonnels?

4.Comment R.L. Wagner et J. Pinchon définissent-ils la notion de mode?

5.Pourquoi l’infinitif est-il consideré comme un mode impersonnel? Quels traits modaux les auteurs attribuent-ils à l’infinitif?

6.Quels sont les types de l’infinitif en tant que centre de phrase?

7.Quels sont les propriétés et les emplois du participe? Qu’est-ce qui permet aux auteurs de le considérer comme mode impersonnel?

8.Quel est le rôle du gérondif dans le système modal de R.L. Wag­ ner et J. Pinchon?

LES MODES

339. Les modes

Les modes sont les cadres dans lesquels se rangent les formes du verbe. On distingue cinq modes en français:

1.Deux modes qui ne comportent pas de formes personnelles: l’infinitif, le participe (et le gérondif).

2.Trois modes où se rangent des formes personnelles: l’impératif, le subjonctif, l’indicatif.

REMARQUE. Quelques grammairiens considèrent le conditionnel comme un mode. Historiquement, cette forme est de la même nature que le futur. Toutes deux sont issues, en roman, d’une périphrase composée de l’infinitif d’un verbe et du présent ou de l’imparfait de

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l’auxiliaireavoir. Si l’on fait du futur un temps de l’indicatif, comme il est naturel, il est normal de faire également du conditionnel un temps. Si l’on faisait du conditionnel un mode, il faudrait alors en faire un aussi du futur. Ces deux formes, solidaires, se définissent l’une par rapport à l’autre et toutes deux, en opposition avec le subjonctif, actualisent dans la durée le procès. Elles appartiennent donc à l’indicatif. Il est vrai que le futur et le conditionnel évoquant l’avenir se chargent parfois de plus de valeurs affectives que les temps relatifs au présent ou au passé. C’est pour cette raison que les grammairiens qui considèrent les modes comme des formes de la sensibilité ont été conduits à traiter du conditionnel comme d’un mode. Pour être conséquents, ces grammairiens devraient aussi considérer le futur comme un mode. C’est ce que fait M.H. Yvon qui range sous le nom de Suppositif le futur et le conditionnel.

340. Définition des modes

Les modes non personnels et les modes personnels s’opposent par une propriété morphologique.

Soit les séries constituées par les formes qui les composent. Infinitif Courir

Participe Courant

Gérondif En courant

Impératif Cours! etc.

Subjonctif Que je coure, etc. Que je courusse, etc.

Indicatif Je courais,(je courus, j’ai couru) etc. Je cours, etc. Je courrai, (je courrais) etc.

Elles montrent que, depuis l’infinitif et le participe, le verbe acquiert le pouvoir d’actualiser un procès, c’est-à-dire de le situer dans une des trois époques de la durée (passé, présent, avenir).

1. L’infinitif, le participe et le gérondif n’ont pas par eux-mêmes ce pouvoir. C’est le contexte où ils figurent qui permet de reconnaître leur valeur personnelle et temporelle.

J’ai envie de me promener demain. L’action de se promener est rapportée, d’après le contexte, à la 1-ère personne et située dans l’avenir du locuteur.

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Passant par là, il lui prit envie de revoir cette maison. L’action de passer est rapportée à la 3-ème personne, et située dans le passé du narrateur.

2. Avec l’expression de la personne naît le pouvoir de représenter le temps. Seul, en effet, un sujet individualisé est capable de concevoir le cours de la durée et ses différentes phases.

Cette représentation est confuse dans le mode subjonctif. Elle est analytique au contraire dans le mode indicatif, le seul où des formes spécifiques permettent de situer une action ou un état dans le passé, le présent et l’avenir.

Les modes s’opposent donc, en français, par l’incapacité ou la capacité qu’ils ont d’engendrer des séries de formes personnelles et temporelles. [...]

I. LES MODES NON PERSONNELS ET NON TEMPORELS

L’INFINITIF

341. L’infinitif. Définition

1.Formellement, l’infinitif se définit:

a)par ses désinences;

b)par son caractère de mot invariable.

2.L’infinitif se rattache à l’espèce du verbe.

a)Il se compose d’un radical et d’une désinence. Son radical est celui que l’on retrouve dans tout le reste de la conjugaison. Ses désinences sont comparables à celles qui caractérisent les autres formes du verbe, à cette différence près qu’elles n’admettent pas de variation en personne et en nombre. Par là l’infinitif constitue un mode non personnel et non temporel.

b)Lorsqu’il appartient à la conjugaison d’un verbe transitif, l’infinitif admet un complément d’objet construit directement et comporte une forme passive.

c)Enfin l’infinitif, comme toutes les autres formes du verbe, entre dans la catégorie de l’aspect. Aux deux voix, active et passive, un aspect composé correspond à son aspect simple.

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ACTIF

 

PASSIF

Aspect simple /Aspect composé

Aspect simple /Aspect composé

aimer

avoir aimé

être aimé

avoir été aimé

3. L’infinitif se rattache à l’espèce des substantifs.

Cette appartenance est de nature syntaxique. Dans la phrase, en effet, l’infinitif peut assumer toutes les fonctions du substantif: sujet, attribut, complément d’objet, complément déterminatif. Mais il conserve dans ces emplois les caractères qui font de lui une forme du verbe.

On définit ainsi l’infinitif la forme nominale du verbe. [...]

342. L’infinitif mode non personnel et non temporel

1. L’infinitif ne comporte aucune des marques qui caractérisent les trois personnes dans le reste de la conjugaison.

Sous la même forme il peut donc se rapporter à un ou à plusieurs agents du genre masculin ou du genre féminin:

Le hasard m’a fait rencontrer une personne dont l’esprit, le caractère, la fortune me conviendraient extrêmement.

(Madame Du Deffand à Madame de Luynes, 1754) [Rencontrer a ici pour agent Mme du Deffand représentée dans la

phrase par me.] [...]

2. Forme d’un mode non temporel, l’infinitif ne situe pas explicitement le procès dans une des trois époques de la durée.

Employé sans détermination adverbiale particulière, il évoque un procès se rapportant aussi bien au passé et à l’avenir qu’au présent.

Qu’on puisse oser beaucoup dans un roman, on le comprend.

(H. Taine) [Dans cette proposition générale, oser n’implique aucune division

du temps en époque.]

Ce caractère permet de construire l’infinitif avec des verbes de n’importe quelle série temporelle:

Type. Il fallait partir. Nous devons partir. Vous le verrez venir demain.

Comme il sentait que je ne cessais point de l’observer, il ne se décidait pas à partir.

(A. Gide)

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Nous voyons le troupeau s’avancer dans une gloire de poussière. (A. Daudet)

Il faudra vous armer de courage.

(Mme du Deffand)[...]

344. L’infinitif centre de phrase

L’infinitif peut servir de centre à des phrases indépendantes de type narratif, interrogatif ou exclamatif, présentatif.

I. Type narratif. Infinitif de narration.

Ce tour, exclusivement littéraire, consiste à substituer un infinitif précédé de la préposition de à un des verbes qui forment la trame d’un récit. Par effet de rupture, ce tour introduit de la vivacité dans la narration:

Ce lui fut un signal

Pour s’enfuir devers sa tanière.

Il s’en alla passer sur les bords d’un étang. Grenouilles aussitôt de sauter dans les ondes Grenouilles de rentrer dans leurs grottes profondes.

(La Fontaine)

2. Type interrogatif et exclamatif.

C’est un tour usuel. On s’en sert pour traduire divers mouvements affectifs (ironie, critique, protestation, inquiétude); il est utilisé dans les prescriptions générales, affirmatives ou négatives.

Une grande princesse à ce point s’oublier Que d’admettre en son cœur un simple cavalier!

(Corneille)

3. Type présentatif.

Ce tour est représenté par les phrases prédicatives introduites au moyen de voici, voilà et de la locution c’est.

Voilà parler! — C’est agir, cela!

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir.

(Baudelaire)[...]

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345. L’infinitif nominal

Dans ses autres emplois, l’infinitif, tout en conservant la propriété d’avoir un agent (ou un siège) et d’avoir des compléments (dont un complément d’objet si le verbe est transitif), assume dans la phrase les fonctions du substantif.

LE PARTICIPE

358. Le participe. Formation

1. Voix active.

L’aspect simple se caractérise par la désinence -ant, commune aux verbes de tous les groupes.

Chant-ant. – Finiss-ant – Cour-ant. – Apercev-ant. – Romp-ant.

A l’aspect composé, la désinence –ant est portée par l’auxiliaire (avoir ou être) avec lequel se construit la forme adjective du verbe conjugué.

Ay-ant chanté. – Ét-ant sorti. – S’ét-ant aperçu.

2. Voix passive.

Au passif des verbes transitifs, les participes se forment au moyen de la forme adjective du verbe conjugué avec l’aspect simple (étant) ou composé (ayant été) du verbe être:

Étant vu. – Ayant été vu. [...]

361. Le participe. Ses propriétés. Ses emplois

1. Comme l’infinitif, le participe est un mode non personnel et non temporel:

C’était une poule faisanne, escortée de ses poussins, piquant dans les nids de fourmis ces œufs blanchâtres...

(A. Daudet)

[Le participe équivaut à un imparfait qui piquaient.]

Et je me sens vivant l’entreprise inouïe du type de la Plante...

(P. Valéry)

[Le participe est l’équivalent d’un présent.]

On craignait qu’étant revenu à lui, il ne se donnât la mort. (Voltaire)

[Le participe a la valeur d’un futur antérieur.]

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