MODE. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»
.pdf448. Le conditionnel dans les phrases hypothétiques
Dans ces phrases, le conditionnel correspond, avec sa valeur propre d’éventuel, à l’imparfait de l’indicatif de la proposition où s’exprime l’hypothèse:
Des maisonnettes qui auraient l’air de joujoux si elles étaient plus fraîches, se pressent les unes contre les autres, sans doute pour n’être point emportées par le vent.
(A. France) [...]
449. Le conditionnel en style indirect libre
Dans les phrases de style indirect libre, le conditionnel fonctionne comme l’imparfait de l’indicatif. Il exprime, avec tous les caractères de l’éventuel, des choses qui ne constituent plus présentement l’actualité du locuteur. Cette forme correspond soit à un futur du style direct, soit à un éventuel:
Et le soldat se mit à songer: Qu’allait-il faire; qu’allait-il devenir? Rejoindre son armée?... Mais comment? Mais par où? Et il lui faudrait recommencer l’horrible vie d’angoisses, de fatigues et de souffrances qu’il menait depuis le commencement de la guerre.
(G. de Maupassant) [...]
450. Le conditionnel dans les propositions subordonnées
En proposition subordonnée, le conditionnel fonctionne librement selon la valeur qu’on a défini au § 446:
1. dans les propositions relatives:
La fuite était impossible à cause des mares profondes que nous avions dû contourner en venant, et où nous tomberions au retour.
(G. de Maupassant)
REMARQUE. En français moderne, il s’est substitué à l’imparfait du subjonctif de la langue classique dans les propositions relatives dont l’antécédent appartient à une phrase négative:
Il n’y a pas de désert que je ne traverserais avec toi.
(G. Flaubert)
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2. dans les propositions subordonnées de condition introduites par une conjonction ou une locution autre que si (quand, quand même...
lors même que..., au cas où..., etc):
Quand vous vous en soucieriez encore plus que vous ne faites, à quoi cela remédierait-il?
(Diderot) [...] 3. dans les propositions circonstancielles de cause, de comparai-
son, de conséquence, de temps:
—N’est-ce pas, les premiers jours, vous ne donnerez pas le fouet
àmes enfants, même quand ils ne sauraient pas leurs leçons.
(Stendhal) 4. dans les propositions complétives introduites pas que, ainsi que dans les propositions interrogatives indirectes, si le verbe principal dont elles dépendent est à un temps du passé. Le conditionnel s’oppose là à l’imparfait dans la mesure où il évoque une éventualité à
venir par rapport au locuteur ou au protagoniste:
Parfois l’idée traversait son esprit qu’il était vivant... qu’il viendrait peut-être.
(F. Mauriac) [...]
LE CONDITIONNEL PASSE
451. Valeur d’aspect du conditionnel passé
Le conditionnel passé s’oppose au conditionnel présent avec sa valeur propre d’aspect, apte à traduire un procès achevé:
1. dans les propositions complétives dépendant d’un verbe principal au passé:
Comparez:
Je pensais que vous seriez parti plus tôt. Je pensais que vous partiriez plus tôt.
Comparez:
J’ai pensé que vous l’auriez vu à temps. J’ai pensé que vous le verriez à temps.
2. dans les propositions de style indirect libre:
Elle partirait d’Yonville. Rodolphe aurait retenu des places, pris des passeports.
(G. Flaubert)
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452. Valeur temporelle du conditionnel passé
Du fait que l’expression de l’éventuel a passé du mode subjonctif au mode indicatif, le conditionnel passé a acquis une valeur temporelle qui le rend propre à évoquer une éventualité passée, non réalisée:
Comparez:
Vous l’auriez dit, cela aurait mieux valu. Vous le diriez, cela vaudrait mieux.
Pour moi, je crois que mes dits amis m’auraient pardonné de faire des livres, et d’excellents livres, parce que cette gloire ne leur était pas étrangère.
(J.-J. Rousseau) Dans ces exemples le conditionnel passé s’oppose au conditionnel simple dans la mesure où il précise que l’éventualité conçue par le
locuteur est située par celui-ci dans son passé.
HISTORIQUE. En français classique, une éventualité passée portant sur les verbes devoir, falloir, pouvoir, s’exprimait au moyen de l’imparfait de l’indicatif:
Junie. — Seigneur, sans m’imputer...
Britannicus. — Ah! Vous deviez du moins plus longtemps disputer.
(Racine) En français moderne, ces verbes sont employés au conditionnel
passé:
Et, une curiosité hardie me poussant tout à coup, je prononçai:
— C’est vous qui auriez dû l’épouser, monsieur Chantal.
(G. de Maupassant)
453. Conditionnel passé et plus-que-parfait du subjonctif
1. En français moderne, dans la langue parlée, c’est au conditionnel passé qu’est dévolu le rôle d’évoquer une éventualité passée non réalisée:
Elle aurait pu m’aimer et nous étions nés l’un pour l’autre.
(A. de Musset) 2. Dans la langue écrite, cette forme alterne encore souvent, chez
les bons écrivains, avec le plus-que-parfait du subjonctif:
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a) que l’éventualité ne soit liée à aucune condition:
Mais cette démarche eût paru étrange à sa famille et aux gens du bourg, on aurait crié à la conversion.
(F. Mauriac) b) que l’éventualité soit liée à une condition comme dans les
phrases hypothétiques:
Si nous avions gardé le silence, nous eussions ressemblé à deux ombres comme le Dante en dut voir errer dans les limbes de son Purgatoire.
(Barbey d’Aurevilly)
454.Autres emplois du conditionnel passé
Dans cette valeur temporelle, le conditionnel s’emploie encore: 1. comme une forme de politesse, d’atténuation:
J’aurais désiré (ou j’aurais voulu) vous demander quelque chose.
Cette forme renchérit ici l’imparfait (je désirais, je voulais) et sur le conditionnel simple (je désirerais, je voudrais) qui sont eux-mêmes des formes d’atténuation par rapport au présent de l’indicatif.
2. comme une forme d’écho: L’accident se serait produit à dix heures.
Par le moyen de cette forme, on rapporte, sans la prendre à son compte, une affirmation formulée au passé indéfini; on s’en fait l’écho sous toutes réserves. [...]
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Содержание |
|
ПРЕДИСЛОВИЕ............................................................................... |
3 |
G. et R. LES BIDOIS |
|
Syntaxe du français moderne. Tome premier |
|
Paris, éd.A. et J. Picard, 1971, p.p. 491–513..................................... |
5 |
P. IMBS |
|
L’emploi des temps verbaux en français |
|
moderne. Essai de grammaire descriptive |
|
Paris, librairie C. Klincksieck, 1968, p.p. 191–200.......................... |
31 |
L. TESNIERE |
|
Eléments de syntaxe structurale |
|
Paris, éd. C. Klincksieck, 1969, p.p. 428–430, 597–600.................. |
45 |
R.L. WAGNER, J. PINCHON |
|
Grammaire du français classique et moderne |
|
Paris, Hachette, 1962, p.p. 295–370................................................. |
55 |
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Ирина Николаевна Сулханишвили
MODE
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по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»
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