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КУРС ЛЕКЦИЙ - ЧАСТЬ I. МОРФОЛОГИЯ.doc
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Cet élève est très fort en mathématiques

N (Vc) (Dint) Adj. (prép.+ N )

Les parenthèses contiennent les éléments facultatifs dont la présence reflète certaines catégories de l’Adj.

La présence ou l’absence du verbe-copule (Vc) reflète la différence du c a r a c t è r e de l a p r o p r i é t é : prédicatif (Cet élève est fort) ou non prédicatif (un élève fort).

La position de l’Adj. par rapport à un N reflète l e m o d e d e c a r a c t é r i s a t i o n : un méchant livre et un livre méchant.

La présence de l’Adv. d’intensité (Dint) reflète la catégorie d e l a c o m p a r a i s o n et d e l’ i n t e n s i t é : Il est fort Il est très fort.

La présence du groupe prépositionnel (prép. + N) reflète la catégorie d e l a l i m i t a t i o n d e l a c a r a c t é r i s t i q u e : à comparer : Il est fort et Il est fort en mathématiques.

4.1. Position de l’Adj. comme catégorie grammaticale. La position de l’Adj. vis-à-vis du N est une des questions les plus discutables en grammaire française. A présent après de longues discussions [ 2 ; 37, t. II, ch.X ; 46, 108 ; 51, 109-114 ; 61 ; 42 ; 43 ] on est enclin à envisager la position de l’Adj. comme une catégorie particulière qu’on peut appeler mode de caractérisation.

La particularité de cette catégorie réside en ce qu’elle se manifeste dans la syntaxe, dans un groupe nominal (comme détermination). C’est une catégorie lexico-grammaticale puisqu’elle embrasse les Adj. qualificatifs seuls, et avec cela les uns se trouvent en préposition, d’autres – en postposition et d’autres encore – peuvent les occuper toutes les deux. C’est dans ce dernier cas que cette catégorie se manifeste de la façon la plus nette.

La postposition est le membre non-marqué de l’opposition, c’est la position essentielle de l’Adj. en tant que partie du discours en français moderne. Cela se manifeste en ce que :

  • en postposition peuvent se trouver tous les Adj., tandis qu’en préposition – seuls les Adj. qualificatifs ;

  • s

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    eul un Adj. postposé peut être élément régissant d’un syntagme : une vieille amitié, mais une amitié vieille de dix ans ; un long voyage, mais un voyage extrêmement long ;

  • tout mot en postposition à un N reçoit le statut d’Adj. : une place debout, un chapeau paille ;

  • à la polarisation des significations d’habitude c’est en postposition que se conserve le sens direct, tandis qu’en préposition – le sens figuré (un homme triste – un triste personnage).

4.1.1. Mode de caractérisation. L’opposition essentielle inclut deux significations : spécification et qualification (au sens étroit du terme). La spécification exprime une caractérisation limitative et se réalise d’habitude en postposition. La qualification est une caractérisation non spécifique de l’objet, c’est sa caractéristique à valeur subjective et appréciative qui se réalise d’habitude en préposition. La préposition, étant une forme marquée, analysons les types de significations réalisées dans cette forme. Si la caractéristique est énoncée non pour souligner des propriétés spécifiques de l’objet, elle peut être ou bien très générale, ou bien connue et, par conséquent, elle peut avoir ou bien une valeur semi-auxiliaire, ou bien une valeur appréciative.

4.1.1.1. Une épithète préposée dénote la propriété la plus commune de l’objet exprimée par les oppositions : grand/petit ; bon /mauvais ; jeune/vieux etc. Ce peuvent être ses dimensions (une grande maison ; une petite ville), son âge (une vieille femme ; un jeune avocat), l’appréciation commune subjective (bon, beau, mauvais ; petit, vieux, pauvre dans le sens figuré), correspondance/non correspondance à la représentation idéale sur l’objet (un vrai savant, de la fausse monnaie, du pur coton). Avec des Nv l’Adj. exprime l’intensité, la durée (une grande surprise, un gros buveur, une vieille querelle), une caractéristique temporelle (un ancien député, son futur gendre) et aussi l’ordre (premier pas, dernier effort) et tous les numéraux ordinaux.

Les Adj. faisant partie du même champ sémantique que les Adj. ci-dessus peuvent aussi être en préposition. Voilà, p. ex. les synonymes de grand : Il prit sa canne, un formidable bâton de chêne … Et il regarda l’énorme gourdin qu’il faisait tourner. D’autres Adj. dont les significations peuvent être ramenées à l’opposition grand/petit (intensité) ou bon/mauvais (appréciation) se trouve souvent en préposition. Tels sont : affreux, agréable, amical, ardent, brusque, charitable, colossal, cruel, extrême etc.

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4.1.1.2. Exprimant la caractéristique la plus commune de l’objet, un Adj. en préposition acquiert la fonction s e m i - a u x i l i a i r e s’approchant des déterminatifs ou des affixes par leurs significations. Il exprime : a) la notion de quantité (pareil aux Dét. quantitatifs) : les nombreux adhérents, l’unique espoir ; b) l’appartenance (pareil aux Dét. possessifs) : son propre fils ; c) la connaissance ou non de l’objet : le nouveau sujet (=encore un) ; l’étrange conduite (=inconnue d’avance) ; la vieille histoire (=connue) ; d) les significations comparables à celles des affixes : une petite maison (=une maisonnette) ; ancien député (=ex-député).

4.1.1.3. A la différence de l’Adj. en postposition exprimant une information complémentaire et faisant partie du rhème, un Adj. en préposition peut faire partie du thème exprimant une caractéristique connue d’avance aux interlocuteurs. Dans ce cas un adjectif accompagnant un N avec l’article défini, souligne le lien avec le contexte précédent et exprime l’impression de cet objet que les interlocuteurs ont reçue ou reçoivent au moment du déroulent de la situation décrite par cette phrase. P. ex. : Il ouvrit la porte pour sortir ; mais il s’arrêta sur le seuil, surpris par une splendeur de clair de lune telle que l’on n’en voyait presque jamais … Il se sentit soudain distrait, ému par la grandiose et sereine beauté de la nuit pâle. Les Adj., sans apporter de nouvelle information (la signification commune est exprimée par le N – la beauté de la nuit), souligne l’état psychologique du personnage. Аvec l’article défini la séquence (последовательность) Adj.+N est plus fréquente que N+ Adj. En position du sujet (thème) la séquence Adj.+N est plus fréquente qu’en position d’attribut (rhème), où est plus fréquente la séquence N+ Adj.

4.1.1.4. Déjà dans les significations 4.1.1.1. et 4.1.1.3. l’Adj. en préposition n’a pas de fonction purement informative, mais exprime une appréciation. Voilà pourquoi les Adj. relationnels aussi bien que les qualitatifs, exprimant les qualités objectives des substances, en préposition revêtent une nuance affective et peuvent recevoir la caractéristique de l’intensité. P. ex. : une forêt sombre et une sombre forêt ; ou encore: Il est bien invraisemblable que je revoie ma désormais sédentaire et forcément parisienne chienne de vie [ 37 ].

De cette façon, en préposition l’Adj. tend souvent à une signification appréciative, tandis qu’en postposition – à une signification neutre.

4.1.1.5. Neutralisation. L’indifférence à la position est propre de préférence aux Adj. à valeur appréciative qui conservent leur signification dans les deux positions : une terrible nouvelle – une nouvelle terrible ; une splendide maison – une maison splendide ; un éminent savant – un savant éminent.

Certains Adj. employés habituellement en préposition peuvent être employés en postposition et inversement sans changement de leur signification. D’habitude cela est lié à l’emploi des Adv. d’intensité ou de plénitude de la caractérisation. P. ex. : un grand appartement et un appartement très grand ; un livre intéressant et un très intéressant livre (dire * un intéressant livre est impossible).

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4.1.1.6. Fonction asémantique. Lexicalisation. Il y a des cas où la position de l’Adj. est déterminée non par des particularités sémantiques, mais par une tradition ou bien par des facteurs prosodiques. Assez souvent dans une position donnée l’Adj. forme un tout sémantique avec un N (un jeune homme, la blanche neige, les vertes prairies) ou représente une épithète traditionnelle : la douce France, la perfide Albion. Le même Adj. peut se lexicaliser dans différentes positions : un coup bas et les bas morceaux ; la Haute Cour – Верховный суд et la Chambre Haute Верхняя палата. La position de l’Adj. peut être fixée dans les phraséologismes : pleurer à chaudes larmes.

4.1.1.7. Fonction distinctive. Dans ce cas le changement de la position de l’Adj. témoigne du changement de sa signification. D’habitude c’est en préposition qu’il acquiert un sens figuré : un grand homme et un homme grand ; un méchant livre et un livre méchant ; des cheveux noirs et de noirs desseins.

5.0. Degrés de comparaison et d’intensité. Limitation de la caractéristique. Toute caractéristique peut être déterminée de façon quantitative, par sa force. Si elle est appréciée par rapport à un étalon intérieur (Il est un peu, très, trop fatigué), il s’agit de degré d’intensité. Mais si la caractéristique est appréciée par rapport aux autres éléments de l’énoncé (Il est plus fatigué que toi), il s’agit des degrés de comparaison. Ces deux catégories ne sont pas propres aux Adj. relationnels qui, pourtant, peuvent être caractérisés du côté de la plénitude de la caractéristique exprimée. Les Adj. qualificatifs exprimant le degré supérieur d’une qualité ne peuvent non plus être accompagnés d’intensificateurs (on ne peut pas dire *plus éternel, *moins essentiel).

Le superlatif peut passer au degré absolu et comme telle la catégorie de comparaison approche de la catégorie d’intensité.

5.1. Catégorie de comparaison de la caractéristique. Cette catégorie inclut trois aspects et trois degrés qui sont exprimés de la façon suivante :

Degrés de comparaison

Aspects

degré d’infériorité

degré d’égalité

degré de supériorité

Positif

-

-

-

Comparatif

moins

aussi

plus

Superlatif

le moins

-

le plus

L

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e degré positif a une forme non-marquée. Les autres sont exprimés analytiquement. Ici l’emploi de plus, moins, aussi ne peut pas être complètement séparé de celui de l’expression de l’intensité : Il voudrait une voiture plus rapide que la sienne – degré de comparaison ; Il voudrait une voiture plus rapide – degré d’intensité. La différence des catégories est déterminée par la construction et non par les mots outils eux-mêmes.

Le degré comparatif est exprimé par la construction avec que. L’objet de comparaison peut représenter :

  • un autre porteur de la caractérisation : Paul est plus fort que Jean ;

  • une autre caractérisation du même porteur : Paul est plus bête que méchant ;

  • un autre temps (une autre situation) : Il est plus content qu’il n’était autrefois.

Le degré superlatif se manifeste dans des constructions différentes à l’omission de la répétition de différents éléments de comparaison. La construction complète du superlatif est : Cette chambre (A) est la plus petite chambre (B) de toutes les chambres (C) de l’hôtel. A la transparence de la situation on peut omettre un ou deux membres de comparaison et on reçoit les constructions suivantes : a) Cette chambre (A) est la plus petite de l’hôtel ; b) C’est la plus petite chambre (B) de l’hôtel ; c) C’est la plus petite des chambres (C). La classe d’objets où entre l’objet comparé peut être exprimé par l’élément pronominal : C’est mon meilleur élève (mon détermine la totalité des élèves).

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5.2.  Catégorie d’intensité. On en distingue trois degrés: au-dessus de la norme - très, trop, conforme à la norme – assez et au-dessous de la norme – peu, guère. Les moyens d’expression des degrés d’intensité sont beaucoup plus variés que ceux de degrés de comparaison. Ce sont : a) adverbes très, assez, un peu, fort, tout (il est tout petit), tellement et autres adverbes en -ment : extrêmement, drôlement etc. ; les locutions : au dernier point et autres ; b) constructions de degrés de comparaison sans l’objet de comparaison. Si celui-ci est absent, n’est pas déterminé, la propriété est caractérisée par rapport à elle-même et le degré de comparaison (superlatif relatif) passe au degré d’intensité (superlatif absolu ou élatif). P. ex. : Il avait le jugement droit avec l’esprit le plus simple (=extrêmement simple). Le degré d’intensité et non de comparaison est exprimé dans les constructions avec un objet de comparaison généralisé : du monde, de tous, possible ou quand cet objet dénote toute la classe d’objets dont la chose comparée fait partie. P. ex. Elle est la plus jolies des femmes (=elle est extrêmement jolie). Le comparatif se transforme aussi en degré d’intensité  à l’omission de l’objet de comparaison: Je cherche un roman plus intéressant (=peu ennuyeux) ; c) tournures verbales remontant au constructions comparatives : plus que, on ne peut plus, qui soit au monde, que je connaisse, tout ce qu’il y a de plus ; d) phraséologismes comparatifs : blanc comme neige, fou à lier ; e) répétition de l’Adj. : Elle est jolie, jolie.

Enfin, l’intensité de la caractéristique peut être exprimée par des moyens formatifs (préfixes, suffixes) : extra-, ultra-, archi-, hyper-, sur-, sous-, hypo-, -âtre, -ot, -issime etc (archiplein, rarissime).

5.3. Limitation de la caractéristique. L’Adj. peut être suivi d’un complément prépositionnel (d’une extension) avec un infinitif ou un N formant une construction transitive d’adjectif. L’extension exprime la limitation de la caractéristique, montre la sphère de sa manifestation, sa localisation, sa cause.

L’opposition «construction transitive/intransitive» exprime la catégorie syntaxique de la limitation de la caractéristique. L’opposition essentielle réside en ce que la construction intransitive exprime la généralisation (обобщенность) de la caractéristique, tandis que la construction transitive – sa limitation ou spécification :

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