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КУРС ЛЕКЦИЙ - ЧАСТЬ I. МОРФОЛОГИЯ.doc
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3.3.2.2. Rapports asymétriques.

          1. B A1 . Malgré la présence de l’article la substantivité du N est affaiblie. C’est le cas des phraséologismes du type prendre la fuite ; l’impossibilité de la substitution pronominale (*Il l’a prise) témoigne la perte de la substantivité par le N. Ch. Bally [ 2 ] y joint les locutions du type boîte aux lettres, pêcher à la ligne, (écouter) avec une grande attention.

3.3.2.2.2. A B1. Le N conserve la substantivité malgré l’absence de l’article. Ici on distingue les cas suivants :

            1. Actualisation directe dans la situation. L’article

est absent quand le mot dénomme directement l’objet ou la personne. Ce sont : a) N propres (Pierre) ; b) N communs dans la fonction des N propres (Père m’a dit que…) ; c) titres (Grammaire française) ; d) enseignes (« Laiterie »), annonces (« Réunion à 17 heures ») ; e) apostrophes (Bonjour, docteur !)

            1. Nomination généralisante qui remonte aux normes de l’ancien français où l’absence de l’article signifiait la neutralisation de la détermination/indétermination et aussi était propre aux N abstraits, celle-ci s’est conservée dans les dictons et sentences : Pauvreté n’est pas vice ; Mauvaise herbe croît toujours.

3.3.2.2.2.3. En français moderne l’absence de l’article est utilisée à des fins grammaticales pour dénoter la substance dans le sens généralisant :

  • dans les constructions à valeur classificatoire du sujet

(Pierre est étudiant ) ou de l’objet (élire qn député ; nommer qn ministre), et aussi dans les appositions (M. Dubois, docteur ès lettres) ;

  • dans les énumérations où les N dénotent ensemble une notion plus large perdant partiellement leur propre substantivité : Femmes, vieillards, bourgeois, artisans couraient tous. Les N similaires dénotent ensemble « tous les habitants de la ville».

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3.3.3. Détermination qualitative (détermination /indétermination). Articles le/un. Selon la théorie de G. Guillaume [ 15 ] le but essentiel de l’existence de l’article est l’expression la fonction généralisante (présentation de la notion dans tout son volume) et individualisante. Mais la généralisation est toujours la fonction secondaire pour toutes les catégories grammaticales. Dans cette fonction on voit la neutralisation des oppositions de formes et de significations. Le et un généralisants sont très souvent synonymiques ou se distinguent par des nuances (p. ex., un à la différence de le représente toute la classe d’objets par l’un d’eux). L’opposition réelle le/un se manifeste dans leur fonction individualisante où ils ne se substituent pas l’un à l’autre. Dans ce cas c’est la signification de détermination /indétermination qui se fait voir au premier plan : le caractérise l’objet comme unique dans la situation donnée, et un – comme appartenant à une classe d’objets analogues (comme un d’eux).

De cette façon, l’opposition des articles le/un exprime la détermination/indétermination ; à la généralisation elle est neutralisée et les articles le/un se manifestent comme synonymes grammaticaux, chacun avec sa nuance.

3.3.3.1. L’opposition détermination/indétermination est liée au côté informatif de l’énoncé, à la présupposition des interlocuteurs. Les éléments entrant dans la présupposition sont déterminés pour les interlocuteurs et les N correspondants sont pourvus d’article défini, sinon - ils ne le sont pas. L’indétermination est conditionnée par la possibilité du choix et les objets indéterminés sont ceux qui sont présentés en plusieurs exemplaires ou variétés. L’emploi des déterminatifs reflète les connaissances des interlocuteurs sur l’objet. En russe les déterminatifs sont moins obligatoires mais plus variés qu’en français et distinguent plus nettement les situations d’information : 

Situation d’information

Déterminatifs

sujet parlant

interlocuteur

le français

le russe

1

2

3

4

ne connaît pas

ne connaît pas

connaît

connaît

ne connaît pas

connaît

ne connaît pas

connaît

un

un

un

le

какой-нибудь, какой-то

какой-то

один

этот, тот

P. ex. : (1) Apporte-moi un livre de Mauriac ; (2) Tu m’as apporté un roman de Mauriac ? ; (3) Je t’ai apporté un roman de Mauriac ; (4) Je t’ai apporté le roman de Mauriac (que tu m’avais demandé). Il est important de souligner que l’emploi de un prend en considération l’ignorance de l’objet par un des interlocuteurs au moins.

3.3.3.2. Facteurs de la détermination. Le N reçoit la détermination à force de la situation qui rend l’objet le seul possible dans son genre. On distingue les cas suivants :

  • l’objet est unique à force d’être en un seul exemplaire : Le soleil brille. Le ciel est bleu ;

  • l’objet est unique dans la situation donnée : Le président a levé la séance (chaque séance a un seul président) ;

  • l

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    ’objet se trouve unique à force d’un épithète individualisant. Dans ce cas N et son épithète dénotent ensemble un objet unique. P. ex. Elle étudie une langue étrangère et Elle étudie la langue française.

3.3.4. Détermination quantitative. Articles le/du. Le problème de l’article partitif est un des plus compliqués dans la grammaire française. Les points de vue sur la nature et le rôle de cet article dans la langue sont suivants :

a) du n’est pas un article mais la combinaison de la préposition de et de l’article défini : dans les propositions Je mange du pain et le goût du pain ce ne sont pas des homonymes, mais différentes fonctions de la même forme (Galichet [ 45 ] ) ;

b) article du exprime la continuité (недискретность) de l’objet. Il représente l’article de matière (Gouguenheim [ 46 ] ), l’article de massivité ( Damourette et Pichon [ 37 ] ) . C’est aussi le point de vue des linguistes russes ( Богомолова [ 4 ] ; Илия [ 16 ] );

с) du est la forme particulière de l’article indéfini devant les substantifs discontinus ( Bonnard [33] ; Grevisse [ 48 ] );

d) du exprime l’indétermination quantitative ( Gak [ 11 ] ).

L’analyse de différentes théories et points de vue sur sa nature, son fonctionnement permet de dire que la signification partitive est le cas particulier d’une notion plus large – celle de l’indétermination quantitative qui représente une signification grammaticale à la différence du caractère continu (недискретность) qui est une signification lexicale. De cette façon, du indique la détermination qualitative et l’indétermination quantitative, tandis que un - au contraire : la détermination quantitative et l’indétermination qualitative, p. ex. un chien. La difficulté de la définition de la place de l’article du s’explique par le fait qu’en français les significations du nombre, de la détermination/indétermination et de la discontinuité/ continuité sont si étroitement liées qu’elles forment une sorte de « sur-catégorie» [ 11, 192-193 ].