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Temps et Aspect. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»

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Департамент образования города Москвы Государственное образовательное учреждение высшего профессионального образования города Москвы «Московский городской педагогический университет» (ГОУ ВПО МГПУ)

Институт иностранных языков

Кафедра французского языка и лингводидактики

TEMPS ETASPECT

Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»

Москва

2010

УДК 811.13 ББК 81.471.1-2я73

Т 32

Рекомендовано к печати Научно-методическим советом ГОУ ВПО МГПУ

Cоставитель:

кандидат филологических наук, доцент И.Н. Сулханишвили

Рецензенты:

доктор педагогических наук, профессор А.В. Щепилова, кандидат филологических наук, доцент кафедры романской филологии ИЛ и МК МГОУ А.В. Солнцева

Т32 Temps et Aspect. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка» / Cост.: И.Н. Сулха-

нишвили. – М.: МГПУ, 2010. – 68 с.

© ГОУ ВПО МГПУ, 2010

Предисловие

Данное пособие предназначено для студентов лингвистических

ипедагогических университетов, изучающих французский язык в качестве основной специальности, а также обучающихся в магистратуре

иаспирантуре. Пособие подготовлено в соответствии с программой по курсу теоретической грамматики французского языка.

Цель данной работы — предложить студентам отрывки из произведений ведущих лингвистов, чтение которых способствует совершенствованию навыка работы с научной литературой, формированию лингвистической компетенции, умения сопоставлять различные точки зрения, обобщать, делать выводы и заключения. Пособие может быть использовано при написании курсовых и дипломных работ по лингвистическим дисциплинам, на семинарских занятиях по курсу «Теоретическая грамматика французского языка» и на занятиях по спецкурсам.

Подбортекстовзатрагиваетдвеосновныекатегориифранцузскогоглагола:времяивид,чтообъясняетсянеоднозначностьютрактовкиэтихкатегорий, их тесной связью и количеством дискуссионных проблем, которые они вызывают. Многие лингвисты, как отечественные, так и зарубежные, отрицаютсуществованиевидакакграмматическойкатегории,полагая,что видовые характеристики «растворяются» в категории времени.

Именно по этой причине среди цитируемых текстов предлагается работа А. Мейе, который сравнивает глагольные категории французского языкаскатегориямилатинского,греческогоиславянскихязыков,показывая, как одна категория с течением времени трансформируется в другую, в частности, как видовые значения преобразовываются во временные.

Одним из первых среди лингвистов о категории вида стал писать Г. Гийом, который различал внешнее время, то есть соотнесение с точкой говорения, и внутреннее время — длительность самого действия, которое он и называл видом.

Категория вида может быть связана с выражением предела действия, чему соответствует оппозиция простых и сложных форм французского глагола. С другой стороны, категорию вида связывают с оппозицией линейных и точечных времен. В обоих случаях прослеживается соотнесенность категории вида с категорией времени. В представленных текстах присутствуют обе точки зрения и аргументированные позиции авторов.

Тексткаждогопроизведенияпредваряетсявопросником,целькоторого состоит не столько в осуществлении контроля, сколько в том, чтобы помочьстудентамсориентироватьсявпредлагаемомматериалеиобратить внимание на наиболее существенные положения, выдвигаемые авторами.

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A. Meillet.

Linguistique historique et linguistique générale.

(II éd., Paris, 1926, p. 183–186)

QUESTIONNAIRE:

1.La catégorie de l’aspect qu’est-ce qu’elle embrasse d’après A. Meillet?

2.Combien de variantes du “présent” et de ses deux prétérits correspondants distingue-t-on en anglais?

3.Que signifient les formes des verbes slaves dites “perfectives” et “imperfectives”?

4.Quels sont les trois “aspects” du grec ancien? Décrivez –les.

5.Combien d’aspects a gardé le latin?

6.Quels temps attribue le latin à chacun de ces aspects?

7.Est-ce que les langues romanes ont gardé le système du latin?

8.Le français, possède-t-il la notion d’aspect ? Exprimez le point de vue de l‘auteur sur l’importance de l’aspect et du temps dans le système grammatical de la langue française.

Il y a une catégorie qui interfère souvent avec celle du «temps», c’est celle que l’on connaît en grammaire slave sous le nom d’ «aspect», et dont le caractère répond aussi bien, sinon mieux, au caractère du verbe que la catégorie du «temps».

Lacatégoriedel’«aspect»,nonmoinsvariéequecelledu«temps», embrasse tout ce qui est relatif à la durée et au degré d’achèvement des procès indiqués par les verbes.

En anglais, on distingue par exemple deux sortes de présents: l’un, I sing, exprime simplement le fait que ‘je chante’, l’autre, I am singing, signifie ‘je suis en train de chanter’. Et il y a deux prétérits correspondants: l’un I sang, qui indique le fait que ‘j’ai chanté’, dans le passé, et l’autre, I was singing, qui signifie ‘j’ai été, j’étais en train de chanter’dans le passé.

Le verbe slave est tout dominé par la notion de l’aspect. Un verbe slaven’estpassimplecommeunverbefrançais;ilsecomposetoujours

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d’une paire de formes, l’une indiquant le procès, le fait pur et simple, et par suite souvent le procès achevé, l’autre indiquant le développement du procès. Celle des deux formes du verbe qui indique le procès purement et simplement est dite p e r f e c t i v e, ainsi pasti ‘tomber’; l’autre, qui indique le développement de l’action, est dite i m p e r f e c t i v e: padati ‘être en train de tomber’.C’est ainsi qu’en vieux slave umrêti ‘mourir s’opposait à umirati ‘être en train de mourir’. L’importance et la constance de cette opposition de deux aspects caractérisent les langues slaves; cette opposition s’est bien conservée dans toutes, surtout en russe, en tchèque, en polonais.

Mais il y a des langues où les oppositions sont plus complexes qu’elles ne sont en slave: le grec ancien distinguait non pas deux, mais trois «aspects», auxquels on donne des noms ou impropres ou signifiant peu de chose: l’aspect d u r a t i f, connu sous le nom très inexact de présent, qui répond à peu près à l’imperfectif slave, et qui fournit à la fois un présent proprement dit, soit thnêskei ‘il est en train de mourir’, et un prétérit, dit imparfait, ethnêske ‘il était en train de mourir’— l’aspect m o m e n t a n é, connu sous le nom d’aoriste, qui répond en partie au perfectif slave, soit ethane ‘il est mort’; l’aoriste ne comporte pas de temps présent, parce qu’il exprime un événement qui a eu lieu à un moment donné; — l’aspect a c h e v é, connu sous le nom de parfait, au moyen duquel on exprimait que le résultat du procès indiqué par le verbe est atteint; le parfait grec ne répond qu’en partie au perfectif slave,soittethnêke‘ilestmort’(nonpas‘ilestmortàteloutelmoment’, mais ‘actuellement il est à l’état de mort’); le parfait s’emploie le plus souvent au présent, pour indiquer un résultat acquis au moment où parle le sujet; mais il en existe un prétérit, dit plus-que-parfait, soit etethnêkei ‘il était mort’, pour exprimer un procès déjà réalisé dans le passé.

La catégorie de l’a s p e c t est plus concrète que celle du t e m p s, et, au cours de l’histoire des langues indo-européennes, on voit l’aspect perdre de l’importance, le temps en gagner.

Le latin offre à cet égard un fait caractéristique. Tandis que le grec conserve exactement, qu’il a peut-être même précisé et rendu plus rigoureuse l’opposition des trois aspects: duratif, momentané et parfait, le latin n’a gardé que deux aspects, un duratif, dit i n f e c t u m,

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et un «perfectif», dit pe r f e c t u m. Mais à chacun des deux aspects, il a donné à l’indicatif trois temps: un présent, un prétérit et un futur, si bien que l’on a le système suivant:

Infectum

Perfectum

Présent…dicit: il est en train de dire,

dixit: il a dit.

Prétérit…dicebat: il était en train de dire,

dixerat: il avait dit.

Futur…dicet: il sera en train de dire,

dixerit: il aura dit.

Le présent du perfectum dixit indique que l’action de «dire» est achevé au moment où l’on parle; cette forme se prête également bien à raconter un fait passé: dixi ‘j’ai dit’ (à un moment quelconque du passé) et à insister sur le fait qu’on a fini de parler: dixi ‘j’ai dit’(et je n’en dirai pas plus); certaines formes du présent du perfectum, comme memini ‘je me souviens’ servent de présents. On a traduit le futur du perfectum dixerit par ‘il aura dit’; mais la forme française rend mal la forme latine, et si l’on s’obstinait à rendre dixerit des textes latins par ‘il aura dit’, on tomberait souvent dans de graves difficultés; la forme latine signifie ‘il dira’, étant entendu que l’action est envisagée comme achevée; c’est par suite un futur plus fort que le futur dicet. (Pour ne pas compliquer un exposé, déjà trop touffu par nécessité, on laissera de côté ici la nuance fine qu’ajoute souvent à un verbe l’addition d’un «préverbe», c’est-à-dire l’opposition de memini et commemini, de vinco et evinco, etc.) — Les langues romanes n’ont pas gardé ce système, elles ont laissé tomber tout ce qui avait valeur d’aspect, et elles n’ont gardé que la valeur temporelle. Le latin ancien se trouve donc représenter une transition de l’indo-européen, où dominait l’aspect, aux langues romanes actuelles, où domine le temps. — On observe ainsi trois moments successifs: l’indo-européen, où les divers radicaux d’un même verbe, celui du «présent», celui de «aoriste», et celui du «parfait», expriment des aspects, où la différence du présent et du passé n’est exprimée qu’accessoirement et d’une manière sommaire, parfois ambiguë, et où il n’y a pas de futur — le latin, où l’opposition d’une forme indiquant le procès en voie de développement, l’infectum, et d’une forme indiquant l’action achevée, le perfectum, se maintient,

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mais où il n’y a plus que deux aspects nets, et où à chacune des deux notions d’aspects se superpose l’expression nette des trois temps, présent, passé et futur — le français, où il ne reste rien de la notion d’aspect, et où le temps est rendu avec tout un luxe de nuances.

G. Guillaume

Temps et Verbe, Paris, 1929, p. 1–12

QUESTIONNAIRE:

1.Dites quelle est l’approche traditionnelle sur la valeur tempo-

relle.

2.Quel est, selon G.Guillaume, le défaut de l’image temporel­­ le“optima”?

3.Comment comprend l’auteur “la connaissance extrinsèque” et que propose-t-il pour atteindre “la connaissance intrinsèque”?

4.Quelles sont les raisons de la description génétique de l’imagetemps proposées par G. Guillaume?

5.Qu’est-ce qu’on appelle “axe chronogénétique”?

6.Pourquoi la possession de cet axe accroît - elle les possibilités analytiques?

7.Qu’est-ce qu’on appelle “ chronogénèse”?

8.Quels sont les points singuliers, susceptibles de correspondre

àun profil singulier, répérés par G.Guillaume?

9.Quels sont les profils consécutifs de l’image-temps?

10.Qu’est-ce que c’est que le temps in posse?

11.Qu’est-ce que c’est que le temps in fieri?

12.Qu’est-ce que c’est que le temps in esse?

13.Quel est le terme employé par G.Guillaume pour désigner l’opération mentale qui consiste à établir les étapes successives de la création dans l’esprit de l’image-temps?

14.Que réalise “la visée”?

15.Aquoi donne lieu la réalisation du verbe dans le temps in posse?

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16.Aquoi donne lieu la réalisation du verbe dans le temps in fieri?

17.A quoi donne lieu la réalisation du verbe dans le temps in

esse?

Chapitre premier

Principe d’analyse et thèse générale

Les instars caractéristiques de la formation de l’image-temps

La grammaire traditionnelle, lorsqu’elle traite du temps, …le considère invariablement comme une ligne infinie, recomposée de deux segments dans le prolongement l’un de l’autre, le passé et le futur, que distingue la coupure, insérée entre eux, du présent.

Soit figurément:

X___________________

.................................

_________________X

Passé

Présent

Futur

Cette figuration, dont on peut dire qu’elle porte au maximum le panoramisme du temps, est la plus achevée, la plus “réalisée” qu’on puisse concevoir. C’est le résultat d’un grand effort de visée en vue d’obtenir une image autonome, aussi concrète que possible, d’une chose en soi difficilement représentable et qui n’acquiert une existance propre (distincte de l’ensemble de la réalité) qu’en vertu d’une abstraction, la plus importante sans doute qu’ait jamais produite l’esprit humain.

Mais pour le linguiste, et les fins qu’il poursuit, cette image optima du temps est un instrument insuffisant. Son défaut vient précisément de sa “perfection”. Ce qu’elle offre au regard, c’est du temps déjà construit en pensée, si l’on peut s’exprimer ainsi, alors que l’analyse demanderait qu’on vît du temps en train de se construire dans la pensée. Il est concevable, en effet, que pour s’introduire profondément à la connaissance d’un objet, cet objet fût-il le temps, point ne suffit de le considérer à l’état achevé, mais qu’il faut de plus, et surtout, se représenter les états par lesquels il a passé avant d’atteindre sa forme d’achèvement.

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Autrement dit, la vue du temps au degré d’achèvement maximum ci-dessus décrit en donne une connaissance extrinsèque, mais pour une connaissance intrinsèque, il importerait de pouvoir suivre pas à pas, en quelque sorte, la genèse de l’image-temps dans la pensée.

Cette possibilité d’une description génétique de l’image-temps n’est pas à exclure à priori. De sérieuses raisons existent même de la retenir.

Les voici. Pour être une opération mentale extrêmement brève, la formation de l’image-temps dans l’esprit n’en demande pas moins un temps, très court sans doute, mais non pas infiniment court, et par conséquent réel. Il s’ensuit que cette formation peut être rapportée à un axe, — une certaine durée de temps qu’on représente linéairement, — qui est le lieu de tout ce qui a trait à la figuration mentale du temps. Nous nommerons cet axe, l’axe du temps chronogénétique, et l’opération de pensée qui s’y développe, la chronogénèse.

La possession de cet axe accroît considérablement les possibilités analytiques en révélant un plan profond de la morphologie verbale que la grammaire traditionnelle a complètement ignoré. Pour toute section, en effet, qu’on porte sur l’axe chronogénétique, on obtient , du fait même que chaque section ainsi portée instantanéise ce qui se passe sur cet axe, une vue par profil du phénomène de la formation de l’imagetemps dans l’esprit.

Ce sectionnement de l’axe chronogénétique peut théoriquement s’y répéter de point en point, et le nombre des profils devenir illimité. Mais on conçoit qu’il n’est pas intéressant de les relever que pour autant qu’ils se présentent distincts des profils antécédent et conséquent.Aussi n’y a-t-il lieu de sectionner l’axe du temps chronogénétique qu’aux points susceptibles de correspondre à un profil singulier.

Ces points, — les seuls points singuliers que puisse offrir en soi un axe limité, — sont au nombre de trois: initial, médian, final, et marquent chacun un instant caractéristique de la formation de l’imagetemps.

D’après ces données, essayons de nous représenter ce que doit être l’image-temps à chacun de ces trois instants: nous en obtiendrons des profils consécutifs:

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Temps

Temps

Temps

in posse I

in fieri M

in esse F

____________________________________________________

TEMPS CHRONOGENETIQUE

A l’instant initial (position I de la figure ci-dessus), la chronogénèse n’a pas encore opéré, elle est seulement en pouvoir d’opérer: l’image-temps saisie sur cet instant de la chronogénèse est le temps in posse (c’est-à-dire une image que la pensée n’a aucunement réalisée, mais qu’elle est, néanmoins, en puissance de réaliser.

Al’instant médian (toute position de type intercalaire entre I et F), la chronogénèse a plus ou moins opéré et l’image-temps saisie en telle position se présente en cours de formation dans l’esprit. C’est le temps infieri.

A l’instant final (position F), la chronogénèse a fini d’opérer et la vue qu’on en prend sur cet instant correspond à l’image-temps achevée décrite au début et que nous nommerons désormais pour bien l’opposer aux deux autres: le temps in esse.

Soit au total trois profils caractéristiques de la formation de l’ima- ge-temps: en puissance, en devenir, en réalité, profils qui représentent, dans la formation mentale de l’image-temps, les axes chronothétiques. Considérée dans son ensemble, l’opération de pensée qui se développe sur ces axes est la chronothèse. Elle fixe dans l’esprit l’image-temps que la chronogénèse se vient de créer.

Quand au mouvement par lequel, dans le procès de la formation de l’image-temps, la chronogénèse, en action sur l’axe qui lui est propre, se porte d’un axe chronothétique au suivant, comme il s’agit d’une opération de pensée r é a l i s a t r i c e, non pas particulière au temps et au verbe, mais tout à fait générale dans le langage, nous la désignerons par le terme de visée.

La visée, qui réalise le temps, réalise aussi le verbe. Les deux opérations sont simultanées. Il en résulte que la réalisation du verbe est sujette à se produire successivement sur les trois axes chronothétiques déterminés ci-dessus (in posse, in fieri, in esse); autrement dit sur les trois profils caractéristiques du phénomène de la formation de l’ima- ge-temps.

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