Temps et Aspect. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»
.pdfMais le d i s c o u r s i n t é r i e u r organisé et annoncé, suivant la tradition, subsiste toujours; le présent actuel en est le temps le plus fréquent […]
La vogue des journaux intimes, où l’auteur dit constamment je, qu’il s’agisse de journaux réels, ou de journaux imaginés par fiction littéraire pour servir de cadre à une action romanesque, assure au présent actuel une remarquable vitalité littéraire: il est devenu le t e m p s c a r a c t é r i s t i q u e du t é m o i g n a g e i n t é r i e u r, utilisant toutes les techniques de l’analyse psychologique ou psychanalytique.
– La langue littéraire offre de nombreuses variétés du présent d e s c r i p t i f.
Le père est un vieillard de soixante ans…
Les bras étendus vers son gendre, il lui parle. Ce qu’il dit est sûrement touchant et honnête.
(Diderot)
– Les a n a l y s e s d’o u v r a g e s appartiennent à la même catégorie. On relate le contenu d’un livre comme si ce contenu se déroulait au moment où l’on parle.
Les indications scéniques d’une pièce de théâtre sont une notation anticipée de ce que le spectateur voit au moment de la représentation:
Il se lève, va prendre son chapeau, s’en coiffe et se dirige vers le fond. (Courteline)
A ce moment entre Ernestine Muche.
(Pagnol) Cependant s’il s’agissait, dans ce dernier cas, d’un présent entièrement actuel, il faudrait en ce moment; à ce moment rapproche ce présent du présent histirique, comme le montre aussi la possibilité
d’employer le plus-que-parfait pour marquer l’antériorité:
Le rideau qui avait commencé à tomber se relève peu à peu. (Giraudoux)
Ernestine sort par où elle était venue.
(Pagnol)
– Le présent descriptif a été renouvelé par le r e p o r t a g e p a r l é à la radio, au cinéma, à la télévision. Il se distingue du présent historique en ce que chaque fait rapporté se déroule réellement sous
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les yeux du narrateur, qui compose un récit suivi en accumulant des présents actuels: le narrateur dit en ce moment, et non à ce moment.
4. Le présent-passé et le présent futur.
Le présent actuel est fait d’un peu de présent et d’un peu de passé; il est d’autre part en contact immédiat avec tout le passé et avec tout l’avenir; il peut enfin, par un effort d’imagination, représenter le passé et le futur comme s’ils étaient des présents. D’où les nombreux emplois “figurés” du présent, tantôt pour le passé, tantôt pour le futur. […]
Nous avons vu sa valeur aspectuelle osciller entre le présent mo- mentané-étroit et le présent duratif-large, et sa valeur temporelle aller du moment le plus actuel à la quasi-éternité où les divisions du temps semblent abolies. Le nœud où se recoupent toutes ces valeurs et d’où elles tirent leur origine, c’est le composé irréductible d’une certaine quantité de passé et d’une certaine quantité de futur dont est fait le présent psycho-grammatical (Guillaume). Les différences d’emploi procèdent de la plus ou moins grande largeur de chacun de ces deux éléments, ou de leur plus ou moins grand relief, ou de leur plus ou moins grande actualisation au moment de la parole. Toute l’économie des emplois de l’indicatif présent repose sur les variations de ce composé au plan de l’aspect et au plan du temps proprement dit. L’a s p e c t caractérise le processus verbal c o n s i d é r é en l u i-m ê m e, indépendamment de toute localisation temporelle: suivant que la bande du composé passé-futur est étroite ou large, j’obtiens l’aspect momentané ou l’aspect non-momentané, qui, munis d’un indice de fréquence, donnent à leur tour l’aspect itératif. Le temps proprement dit est le c a d r e t e m p o r e l dans lequel le locuteur s i t u e le processus verbal: suivant que la bande du composé passé-futur est étroite ou large, j’obtiens alors le présent actuel ou le présent omnitemporel, avec, entre les deux, ces entités hybrides que sont le présent passé et le présentfutur. Un même mécanisme joue donc — et simultanément — sur le plan de l’aspect et sur celui du temps. Ce jeu a lieu au moment même de la parole, c’est-à-dire au niveau de la phrase; c’est à ce niveau seulement que se déterminent les catégories aspectuelles et temporelles
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du présent de l’indicatif. D’où la nécessité pour l’interlocuteur ou le grammairien qui veut en interpréter la valeur exacte dans chaque cas particulier, de ne jamais le séparer du contexte ou de la situation dont il dépend. D’où aussi, en revanche, l’extrême souplesse de cette forme verbale, d’une commodité sans pareille pour les sujets parlants les plus humbles comme pour l’écrivain le plus subtil.
Deuxième partie. Les systèmes de valeurs.
Chapitre 1.
Les connexions aspectuelles.
L’aspect est tantôt le cadre primaire le plus général que toutes les autres connexions supposent, tantôt il crée des oppositions secondaires à l’intérieur du temps déjà posé.
A. Tous les “modes” connaisent l’opposition des formes simples et des formes composées; le gérondif lui-même, qui ne connaît qu’une forme simple, suppose l’opposition des formes simples et des formes composées, puisqu’il se situe, sans ambiguïté possible, du côté des formes simples.
Cette opposition coïncide avec l’opposition aspectuelle de l’accompli et de l’inaccompli; tous les temps verbaux la supposent, et se précisent à l’intérieur de cette opposition fondamentale.
Elle ne reste cependant pas d’une netteté absolue à travers tous les modes: sa pureté est contaminée le plus souvent par les catégories du temps “relatif”, et parfois par la concurrence d’autres aspects.
L’impératif semble, à première vue, échapper à ces contaminations, puisqu’il ne s’emploie pas en proposition subordonnée proprement dite, cadre normal du plein déploiement du temps relatif. Mais il suffit qu’une forme verbale soit mise en connexion ou en subordination implicite avec une autre forme verbale, pour que les notions de simultanéité, et plus souvent d’antériorité-postériorité se dégagent spontanément, comme par exemple dans le proverbe: oignez le vilain, il vous poindra; poignez le vilain, il vous oindra. Les notions d’inaccompli et d’accompli ne restent pures que si l’impératif est employé seul et pour lui-même.
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C’est donc dans la mesure où les formes verbales peuvent être employées seules et pour elles-mêmes que l’aspect garde sa netteté. Le participe, qui n’est qu’en fonction de mot subordonné, n’est jamais dans ce cas; il en est de même du gérondif. L’infinitif ne se trouve dans cette situstion que lorsqu’il est sujet ou attribut, ou en fonction d’infinitif de narration, auquel cas il assume une fonction de temps absolu (il exprime un passé). Le subjonctif et le conditionnel expriment des processus ou simultanés ou antérieurs ou postérieur, sauf lorsqu’ils sont employés en proposition principale ou indépendante, auquel cas ils expriment, eux aussi, les différentes positions du temps absolu. Quant à l’indicatif, les cas de pureté aspectuelle sont encore plus rares.
B. Les autres aspects se précisent à l’intérieur des oppositions temporelles qu’ils présupposent. Tantôt on les voit affectés de formes spécifiques, tantôt on peut seulement les découvrir à l’analyse, sans qu’ils soient étayés par des formes propres. Leur expression varie suivant les modes.
1. Considérons d’abord les oppositions d’aspect à l’intérieur de l’indicatif.
a) C’est à l’intérieur du passé que les oppositions aspectuelles sont le plus nettes, à cause de la richesse des formes temporelles chargées de l’exprimer.
L’opposition la plus claire est celle de l’imparfait et du passé simple. L’imparfait traduit les nuances aspectuelles les plus proches de l’aspect de l’inaccompli: durée et répétition. Le passé simple assume ce qui reste, à savoir le ponctuel (ou perfectif), qui est aussi le côté par lequel l’inaccompli se rapproche le plus de l’accompli: le perfectif étant l’aspect de ce qui s’achève en même temps qu’il commence, on comprend que le passé composé ait pu, dans la langue parlée, concurrencer le passé simple. Cette évolution a incité la langue classique soutenue à créer une troisième catégorie de passé: le passé qui garde un contact avec le présent parce qu’il se déroule dans un laps de temps senti comme solidaire (par continuité) du présent du sujet parlant ou
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écrivant. D’où une nouvelle distinction entre les temps, suivant qu’ils situent les faits en dehors du moment actuel, ou en coordination avec lui; mais ce point relève de la temporalité et non de l’aspect.
Dans la langue parlée du français usuel, qui ne connaît pas le passé simple, il n’y a que deux formes en présence: l’imparfait et le passé composé. Ce qui ne signifie sans doute pas que le passé composé ait changé de valeur, mais plutôt que la langue parlée, qui est une langue de dialogue, est incapable de se représenter le passé sans liaison avec le présent: elle n’a pas besoin du passé simple, l’aspect ponctuel pouvant s’exprimer sans peine par des moyens lexicaux.
L’opposition aspectuelle entre les trois (ou deux) temps simples se retrouve dans les formes composées: à l’imparfait correspond le plus- que-parfait, au passé simple le passé antérieur, au passé composé le passé surcomposé. Si, même dans le style soutenu, le plus-que-parfait est plus fréquent que le passé antérieur, cela tient au fait que les temps “relatif” expriment le plus souvent des circonstances faisant partie du fond de décor d’un procès de premier plan: or nous avons vu que l’aspect imperfectif-duratif s’imposait là; nous aurons à revenir sur ce point, très important.
b)Leprésentappartientàlacatégoriedesformessimples,etrelève donc de l’inaccompli.Aucun indice formel ne permet, dans l’indicatif présent, de distinguer l’aspect ponctuel et le complexe duratif-itératif.. L’indicatif présent est, du point de vue de l’aspect, une forme synthétique, se prêtant également à l’expression des divers aspects pour lesquels le passé dispose de formes distinctes. Pourquoi cette différence, qui paraît à première vue inintelligible, puisque nous avons pu sans peine les discerner sous l’unicité de la forme?
Mais l’optique du grammairien n’est pas celle du sujet parlant ou écrivant. Celui-ci peut regarder le passé, son propre passé même, avec un certain recul, qui lui permet de juger, d’apprécier, de procéder à des distinctions que l’éloignement affectif des événement rapportés rend possible. Quand il parle au présent, il évoque un temps qui est aussi son temps de parole: aucune distance n’est alors concevable, et les oppositions trop subtiles s’estompent. De là la faveur du présent historique, qui est le temps de la proximité du vécu, évoqué comme par
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des témoins qui de propos délibéré ne veulent pas, ou, faute de recul, ne peuvent pas analyser le vécu. Lorsque le grammairien analyse la valeur aspectuelle du présent, il le fait sur des phrases achevées, situées dans le passé de la langue, à l’égard duquel il peut se permettre le luxe des analyses subtiles, dont les distinctions sont précisément faites par lui pour démontrer que la langue omet de les expliciter là, alors qu’elle s’y emploie avec soin à d’autres niveaux de l’expression grammaticale.
Il n’est d’ailleurs pas absolument exact de dire que la langue ne sait pas, dans le présent, faire la distinction du ponctuel et du duratifitératif: entre les moyens d’expression entièrement grammaticalisés et ceux qui sont franchement lexicaux, la langue possède des tours intermédiaires ambigus, encore de pleine transparence lexicale, mais déjà fortement institutionalisés: ce sont les périphrases, de type être à, être en train de, etc.
c)Le futur étant le temps de ce qui n’est pas encore, on comprend que les analyses aspectuelles y soient encore moins développées que dans le présent. Les périphrases verbales relèvent de la temporalité (futur proche) ou de la modalité (probabilité), et non de l’aspect; seule l’opposition de l’accompli et du non-accompli y est marquée: le futur est déjà une espèce de subjonctif.
d)Le conditionnel, qui est un indicatif futur en même temps qu’il est un mode concurrent du subjonctif, a les mêmes caractéristiques aspectuelles que le futur et le subjonctif: il est situé à la charnière du temps et du mode.
2.Au subjonctif, et à plus forte raison à l’intérieur des autres mo- des-tiroirs, la situation des formes verbales est, quant à l’expression de l’aspect, semblable à celle que nous avons rencontrée pour l’indicatif présent et futur, et pour le conditionnel. Visiblement les nuances aspectuelles n’intéressent pas au premier chef ces formes, qui sont d’abord ordonnées vers autre chose: l’opposition de l’accompli et du non-accompli leur suffit.
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G. LE BIDOIS ET R. LE BIDOIS
Syntaxe du français moderne.
Tome I., Paris, 1968, p. 419–436
QUESTIONNAIRE:
1.Les auteurs de la “Syntaxe du français moderne” quelle définition de l’aspect proposent - ils? Quelle place préservent — ils à cette catégorie en la comparant avec d’autres langues?
2.Quelles nuances temporelles sont marquées par la notion d’as-
pect?
3.Comment on groupe les temps absolus et les temps relatifs du point de vue de l’aspect?
4.Quels sont les types du présent relevés par les auteurs et quelles en sont les particularités?
5.Quelle est la place de l’imparfait dans le système du passé?
6.Quels types de l’imparfait propose-t-on et quelles sont les particularités de chacun de ces types?
La catégorie grammaticale de temps.
L’action et l’état peuvent très bien se penser sans qu’on les situe expressément dans le cadre du temps. Il y a des phrases sans verbes, et sans aucun autre mot propre à indiquer le temps. Il y a des phrases contenant un verbe; mais si ce verbe est à l’infinitif (dit de narration), il n’ouvre aucun jour sur le temps; et même s’il est à l’indicatif, et que cet indicatif soit au présent, il peut très bien arriver qu’il n’énonce qu’un fait, qu’une idée très générale, qu’une vérité commune à tous les temps, ce qui revient à dire hors du temps. Tout cela n’empêche pas que ce qu’énonce le verbe, (soit état, soit action), est, d’ordinaire, fortement éclairé quant au temps. Plus encore peut-être qu’un mot qui se caractérise par ceci qu’il exprime l’existence ou l’action (ainsi que la personne et le nombre), le verbe est […] un mot qui a privilège de situer, par sa vertu propre, l’idée dans le cadre du temps. Avec beaucoup de justesse, l’allemand l’appelle zeitwort, (mot du temps).
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“Mot du temps”, le verbe, dans aucune langue sans doute, ne l’est d’une façon plus parfaite qu’en français. En français, l’indication de temps ne se donne pas seulement en gros et quant à l’essentiel (passé, présent, futur); dans chacune de ces portions de la durée, notre verbe est capable de précisions particulières qui donnent toute satisfaction
àl’esprit. Il est riche en “temps” (ou formes temporelles spéciales) bien distincts. De plus, il se prête à des emplois syntaxiques propres
àrendre de fines nuances temporelles.
La catégorie de “l’aspect”.
Si importante en soi, si essentielle au verbe que nous paraisse l’indication de temps, il y a pourtant des langues — et de très évoluées — qui se soucient moins de fournir cette indication que de nous renseigner sur certains caractères ou modes de l’action, par exemple si elle n’a lieu qu’une fois ou si elle se répète, si elle est prise dans la continuité ou à un stade seulement de son développement, et dans ce cas si elle commence ou si elle s’achève. Tel est le point de vue où se plaçait l’indo-eurupéen et où se placent encore présentement les langues slaves; rien qui diffère davantage de notre point de vue à nous, qui a regard avant tout sur le temps. Pour ceux qui parlent ces idiomes, il ne s’agit pas de savoir en quelle portion de la durée en quelque sorte externe — passé, présent, avenir, — l’action se situe; ils l’envisagent avant tout dans sa durée propre; en termes plus simples, dans ces langues, l’action est présentée soit comme en cours d’accomplissement soit comme accomplie. Le caractère de l’action ainsi envisagée a reçu le nom d’aspect.
La langue française , sans faire à l’aspect la place que lui font ces langues, est loin cependant de le négliger. Le remarquable parti qu’elle sait tirer d’un temps comme l’imparfait, l’existence des temps dits accomplis, la combinaison bien connue du participe en –ant avec un auxiliaire (être ou aller), tous ces faits, que nous étudierons, montrent qu’elle tient compte de l’aspect. Aussi est-ce une notion à laquelle il faut faire sa place dans l’enseignement grammatical.
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*Voici les principales nuances temporelles que marque la notion d’aspect.
–1˚ L’entrée dans l’action: commencer à, se mettre à, s’endormir, s’en aller (et autres combinaisons formées au moyen de en).
–2˚. La durée: être en train de, être en voie de, être après à…, continuer à; et surtout les emplois divers de l’imparfait. Mais aussi le présent peut occasionnellement marquer l’aspect duratif, surtout s’il s’accompagne d’une indication temporelle ou adverbiale: “On récite déjà les vers qu’il fait encore” (Gilbert); Id.: “Je meurs, et sur ma tombe, où lentement j’arrive, Nul ne viendra verser des pleurs.
–3˚. La progression (ou continuité intensive): le tour aller chan-
tant.
–4˚. La répétition: redire, refaire (et autres composés analogues), ne faire que, […], ne cesser de; et l’imparfait d’habitude […].
–5˚. L’accompli: le passé composé, les passés antérieurs et les temps surcomposés.
–6˚. Le récemment accompli: venir de, ne faire que de […].
–7˚. L’action finissante: finir de, cesser de.
Classification des temps.
On distingue, à l’ordinaire, les temps simples et les temps composés. Un autre classement, qui ne s’arrête pas à la forme, les répartit en deux groupes, les tempsabsoluset les tempsrelatifs. Les premiers sont le présent, le futur simple, le passé composé; ils marquent une temporalité absolue, (absolue en ce sens qu’elle n’a rapport à rien d’autre qu’au moment de la parole). Les seconds, — l’imparfait, le conditionnel, le plus-que-parfait et les autres temps antérieurs, — marquent une temporalité relative, c’est-à-dire en rapport avec celle d’un verbe. Ce groupement est acceptable; encore faut-il se souvenir que les temps dits relatifs peuvent, dans certains cas, […] s’employer d’une façon absolue.
On pourrait concevoir aussi un groupement qui serait commandé par le point de vue de l’aspect. Il y serait tenu compte, en particulier, de cette opposition fondamentale que les linguistes désignent par
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les noms de perfectum et d’infectum, c’est-à-dire l’action présentée comme accomplie ou comme seulement en voie d’accomplissement. Dans le groupe de l’infectum se rangeraient le présent et le futur, (dans l’un et l’autre l’action a toujours un caractère de continuité, par conséquent d’inachèvement), mais avant tout l’imparfait, qui est par excellence, — son nom tout seul l’indique — , le temps de l’action non achevée, en cours d’accomplissement. Dans le groupe du perfectum prendraient place les autres passés, et en premier lieu les temps qu’on nomme “accomplis” ou “antérieurs”. Les temps dits surcomposés seraient comme de juste tout en tête de cette série.
Le présent.
1.P r é s e n t p r o p r e. Cette forme verbale présente l’action comme ayant lieu au moment de la parole: “André sort, Georges lit”. (en ce moment même). Elle peut présenter autre chose que l’action: l’état; soit l’état actuel résultant d’une action antérieure, “Il est réveillé, il est levé, il est sorti”; soit l’état habituel, la manière d’être plus ou moins constante et caractéristique: “Il est grand, il est bon”. Bien que l’état marqué ainsi par le présent se rattache manifestement au moment de la parole, il ne s’y enferme pas, il l’excède, il le dépasse; ce moment de la parole, en somme, n’est qu’un point, tandis que la durée de l’état se peut figurer par une ligne […]
2.P r é s e n t i n d é f i n i. […] le présent, en plus de ses emplois ordinaires, sert à énoncer tout état, toute action, qui se situe hors du temps, c’est-à-dire que l’on ne présente pas comme contenue dans une portion particulière de la durée. Ce ne sont pas seulement les “vérités éternelles” qui s’énoncent sous la forme verbale du présent, mais toutes sortes d’affirmations générales, constatations, définitions, etc. Il y a donc un présent qui a aussi peu que possible valeur réelle de temps; on peut l’appeler présent générale, ou présent indéfini. Ex.: “L’homme n’est qu’un roseau…, mais c’est un roseau pensant”, “La ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre”.
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