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Temps et Aspect. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»

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pli est traduit aussi bien par je suis satisfait (je me satisfais de cela) que par je suis content, il est las ou lassé, fatigué; il est blessé ou malade, etc. Il n’y a pas de différence entre l’adjectif, le participe ou le substantif dit attribut, car ce ne sont pas eux qui sont en question, mais l’oppositionA(segment verbal)/ B(avoir ou être).

Seuls parmi les verbes les unités paraître, sembler, peuvent être de l’un ou de l’autre ensemble en raison même de cette possibilité de commutation.

Il n’y a pas non plus de différence aspectuelle entre les suites segmentales avoir et substantif, avoir et participe: il a attrapé la grippe/il a la grippe; il est malade/il a mal, etc.; il faut, en effet, s’abstraire dans l’analyse des connotations des termes lexicaux.

Toutefois, lorsque avoir est suivi d’un syntagme nominal, sa distribution est celle des segments de l’ensemble (A); appartenant alors à la fois aux deux ensembles, il neutralise l’opposition accompli/nonaccompli et il peut avoir l’une ou l’autre valeur.

L’oppositionaccompli/non-accomplijoueindépendammentdutemps; ceci se manifeste en particulier par deux phénomènes:

La même forme peut être suivie d’un adverbe de temps indiquant l’antériorité/non-antériorité ou la postériorité/non-postériorité:

Je viens demain/je suis venu hier.

Je viens aujourd’hui/je suis venu aujourd’hui. J’ai bien mangé hier/j’ai bien mangé aujourd’hui.

Il n’y a aucune modification dans le système des valeurs attribuées au verbe; on l’a simplement fait suivre d’un autre système qui traduit d’autres oppositions (temps);

Si l’opposition accompli/non-accompli peut être ainsi employée sans référence du temps, on ne doit pas s’étonner de trouver des phrases de ce type:

J’aurai fini dans cinq minutes/j’ai fini dans cinq minutes.

Ces phrases sont l’expression d’abord de l’accompli (perfectif), et il est indifférent que l’opposition postériorité/non-postériorité vienne s’y ajouter, car ce qui est important dans le cas présent, c’est l’opposition entre l’accompli et le non-accompli, la situation suffisant pour la traduction du temps.

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II. Les structures formelles du verbe et les temps.

1.Economie des marques suffixées ou modalités du verbe.[…]

2.La traduction des oppositions de temps.

Si l’aspect est essentiellement traduit par le verbe (il n’existe pas de classe d’adverbes pour servir en ce cas de support formel), le temps est fréquemment traduit dans la langue parlée par des adverbes comme hier, demain, maintenant, déjà, etc.

Dans le verbe français, le temps se trouve formellement subordonné à l’aspect; on utilise en effet les oppositions de formes à l’intérieur de chaque ensemble; il existe donc des oppositions temporelles dans le non-accompli et dans l’accompli.

La non-antériorité et la non-postériorité se confondent dans un système avec le cas non marqué du non-accompli et dans l’autre système avec le cas non marqué de l’accompli. L’antériorité est donnée par la forme en [ε] et la postériorité par la forme en [ra]:

Il part/il partait; il est parti/il était parti Il part/il partira; il est parti/il sera parti.

Dans des oppositions de ce genre, le cas non marqué ( il part ou il est parti) comporte les possibilités du cas marqué; ceci ne veut pas dire que l’on puisse commuter le cas marqué et le cas non marqué, mais cela signifie que l’on rencontrera des cas où les valeurs des deux seront identiques; ainsi dans:

il vient demain/il viendra demain,

on constate que le cas non marqué peut se substituer au cas marqué en [ra]. Cette substitution est fréquente dans la langue parlée, où elle a pour cause la nécessaire économie des moyens mis en oeuvre. Le phénomène est le même lorsque l’on emploie une forme non marquée (vient) au lieu de la forme en [ε] comme venait, dans les récits.

La propriété spécifique du cas non marqué de pouvoir se substituer au cas marqué dans ses emplois peut d’ailleurs être systématisée, c’est-à-dire grammaticalisée, dans les systèmes hypothétiques:

S’il téléphone, vous me préviendrez.

S’il a téléphoné, la secrétaire aura pris la conversation.

Dans ces deux phrases l’opposition aspectuelle subsiste, alors que la postériorité/non-postériorité n’est indiquée que dans une des deux propositions.

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La forme en [rε] comporte simultanément les modalités [r] et [ε];il existe donc une double relation avec la forme en [ra] et la forme en [ε]. Ce rapport pourra être utilisé pour traduire deux oppositions sémantiques; la première concerne la modalité [r], c’est-à-dire la postériorité. La forme [rε] apparaît comme la variante combinatoire de la forme en [ra]:

je crois qu’il viendra, je croyais qu’il viendrait.

La seconde utilisation de la forme en [rε] concerne la modalité [ε] et met en cause une opposition que nous examinerons ensuite. Là encore, la possibilité d’exprimer la postériorité par la forme [ra] et par la forme [rε], qui est alors une forme marquée relativement à cette dernière, permet de comprendre que la forme en [ra], puisse, en certains cas, inclure les emplois de la forme en [rε].

On trouve des formes et des faits comparables dans le système de l’accompli:

J’ai cru en sa parole (accompli/non-antériorité/non-posteriorité). J’avais cru en sa parole (accompli/antériorité).

J’aurais cru en sa parole (accompli/postériorité)

Il croyait que j’aurais cru en sa parole (accompli/postériorité). Le système verbal considéré comme la traduction d’oppositions

aspectuelles et temporelles se réalise donc sous la forme:

non-accompli

A(vient) → B (venait)

 

A(vient) → {C (viendra), D (viendrait)

 

A´(est venu) → B´ (était venu)

accompli

A´ (est venu) → {C´ (sera venu), D´ (serait venu).

3. L’opposition énoncé/récit et les temps.

Ainsi que nous l’avons vu, on oppose dans l’émission, dans la communication, “énoncé” proprement dit à “ce que l’on dit à propos de l’énoncé” et en particulier au “récit” ou à l’“histoire” (selon les dénominations choisies). On aura donc deux possibilités d’expression selon que l’énonciation se fait relativement aux deux protagonistes ou qu’elle se fait relativement au “texte” (pris en son sens large). Certes, dans la langue parlée, on pourra faire abstraction de cette opposition

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et ne se servir que du seul système mis en jeu pour traduire les trois oppositions précédentes; mais dans la langue écrite, où les nécessités du récit sont constantes, un système formel va être mis en jeu, différent de ceux qui précèdent. Celui-ci peut se résumer, à l’intérieur de l’opposition accompli/non-accompli, par la forme suivante:

A(vient) →B (vint)

A´ (est venu) →B´ (fut venu)

A – A´ servent alors pour rendre l’énoncé et B – B´ pour traduire le récit; A – A´ forment donc le groupe non marqué en face de B – B´ groupe marqué; ceci permet de comprendre qu’ici encore le cas non marqué comporte dans ses emplois ceux du cas marqué; en conséquence, les formes vient et est venu pourrons, dans le récit, se substituer à vint et fut venu.

Pour traduire l’opposition postériorité/non-postériorité dans le récit, on utilise alors le rapport existant en [ra] et [rε]; la première forme sert dans l’énoncé et l’autre dans le “message à propos d’un message”. Lorsque l’on dit que la forme en [rε] sert à l’expression de la “conjecture”, on se réfère à cette valeur (sémantiquement, le sujet se raconte lui-même):

Cela me ferait plaisir/Cela me fera plaisir,

n’offre pas une opposition autre que celle du message renvoyant à luimême et du message direct.

La même opposition se retrouve dans le système du perfectif (accompli), où l’on aura les formes serait venu/aurait mangé, etc.…, en face de sera venu/aura mangé, etc., selon les relations analogues. Les grammaires traduisent en termes de mode cette opposition énoncé/ récit, par imitation des faits latins, sans souci de rendre compte des relations synchroniques.

4. Formes surcomposées et levée d’ambiguïté dans la traduction des temps et de l’aspect.

La distinction entre l’énoncé et le récit peut s’effacer souvent dans la langue parlée, où se conservent donc les oppositions d’aspect et de

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temps, la première étant essentielle. Or, dans une même phrase, un accompli peut s’opposer à un non-accompli:

Dès que j’ai reçu le paquet, je vous envoie un mot.

Cette opposition se situe dans l’énoncé et on fait abstraction de la postériorité, comme fréquemment en langue parlée. Si de l’énoncé direct on passe au récit (langue écrite par exemple):

Dès qu’il eut reçu le paquet, il m’envoya un mot,

on a une transposition dans le système indiqué plus haut. Mais admettons que dans la langue parlée on ne fasse pas, par économie, la distinction entre l’énoncé et le récit; on utilisera l’accompli (il m’a envoyé un mot ), qui, en ce cas, a une valeur très proche de l’antériorité absolue; mais pour relayer la forme qui était déjà un non-accompli (j’ai reçu), il faudra user d’une forme dite surcomposée, faite du cumul de avoir avec lui-même:

Dès qu’il a eu reçu le paquet, il m’a envoyé un mot.

En dehors de ces cas d’antériorité contrastique, les suites segmentales avec double “auxiliaire” avoir (a eu) se rencontrent lorsqu’il est nécessaire de faire intervenir l’antériorité, le message étant fait sur lui-même:

Il a eu vite fait.

Dans ces phrases, l’emploi du double auxiliaire est lié à l’adverbe vite d’une manière presque constante.

Ces formes “surcomposées” se rencontrent assez rarement dans la langue écrite où l’on dispose d’un système vint/fut venu, qui fonctionne parfaitement mais elles ont tendance à y pénétrer plus largement dans la mesure où la langue écrite s’inspire de la langue parlée et fait abstraction à son tour de l’opposition énoncé/récit. Il s’agit là d’un phénomène secondaire, conséquence de la suppression d’une des oppositions sémantiques.

La forme du type vient se présente en conclusion de ce que nous venons de voir comme le premier terme de toutes ces oppositions; il est à la fois la non-antériorité, la non-postériorité, l’énoncé, le nonaccompli; il est donc le cas non marqué de tout le système verbal. Comme tel, ainsi qu’on l’a souvent remarqué, il est susceptible de

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recevoir dans le discours toutes les acceptions des cas marqués: ce que certains appellent des effets de sens. Mais la confusion est accrue du fait que les grammaires ont identifié vient avec le moment de la communication en le qualifiant de “présent” (il est en effet entre autres la non-antériorité). Considérant alors cette valeur comme primitive, ils ont été amenés à parler de présent atemporel pour des phrases comme La Terre tourne autour du soleil, ce qui laisserait supposer que les formes ont une valeur propre alors que ce sont les rapports qui en reçoivent une. Cet emploi du cas non marqué s’explique fort bien dans cette phrase; il est en effet nécessaire que le verbe exprime tout à la fois la non-antériorité, la non-postériorité, le non-accompli et l’énoncé, et en même temps le contraire.

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Table des matières

Предисловие. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

A. Meillet. Linguistique historique et linguistique générale.

(II éd., Paris, 1926, p. 183–186). . . . . . . . . . . . . . . . . 4

G.Guillaume. Temps et Verbe, Paris, 1929, p. 1–12. . . . . . . . 7 P. IMBS. L’emploi des temps verbaux en français moderne.

Librairie C.Kincksieck, Paris, 1968, p. 11–39, 169–171.. . . . . . . 12

G. LE BIDOIS ET R. LE BIDOIS. Syntaxe du français moderne

Tome I., Paris, 1968, p. 419–436. . . . . . . . . . . . . . . . 37

R.L. WAGNER, J. PINCHON. Grammaire du français classique

et moderne. Paris, Hachette, 1962, p. 288–294 . . . . . . . . . . . 48

J. DUBOIS. Grammaire structurale du français: le verbe Paris,

Librairie Larousse, 1967, p. 177–185. . . . . . . . . . . . . . . 56

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TEMPS ETASPECT

Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»

Составитель:

Ирина Николаевна Сулханишвили

Главный редактор: Т.П. Веденеева

Редактор: С.В. Плахутина

Компьютерная верстка: Г.П. Васильева

Формат 60 × 90 / 16. Объем 4,25 усл. печ. л. Тираж 100 экз.

Московский городской педагогический университет Научно-информационный издательский центр 129226, Москва, 2-й Сельскохозяйственный пр., 4