Temps et Aspect. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»
.pdf3. P r é s e n t f i g u r é. Il ne s’agit plus ici d’une forme verbale de valeur temporelle en quelque sorte neutre, c’est-à-dire ne marquant aucune portion particulière de la durée, mais d’une indication temporelle au contraire très spéciale, et que l’on qualifierait de précise, si le temps par elle énoncé ne l’était d’une façon toute figurative et par une sorte de transposition chronologique. Si le présent se prête à cette transposition, c’est grâce sans doute à ce caractère extensif indiqué plus haut; grâce surtout, peut-être, à l’activité, à la mobilité de notre esprit qui , se transportant d’un élan à un point quelconque de la durée générale, nous en rend comme contemporains.
C’est ainsi qu’il y a des présents qui représentent soit des passés soit des futurs.
a) Le p r é s e n t r e p r é s e n t a n t un p a s s é. Souvent, au cours d’un récit, il arrive qu’au milieu d’une série d’actions présentées dans le plan et sous la lumière du passé, on voit apparaître tout à coup une série de présents. […]
A quelle convenance correspond cette transposition temporelle? Moyen de varier le style? de rafraîchir l’attention? Oui; mais s’il n’y avait que cela, ce serait rhétorique pure. Un besoin profond de l’esprit préside à cet emploi du présent: une tendance instinctive à abolir la distance qui nous sépare du passé, à le rapprocher de nous, ou plutôt à nous le rendre immédiatement proche et présent. Ce présent dit historique (ou narratif) correspond, en syntaxe, à ce qu’est, dans l’art rhétorique, la figure dite hypotypose, (ce qui met d’une façon vive, et directement, sous les yeux). On comprend quels effets de pathétique peuvent en tirer les orateurs: “Je me trouble, Messieurs: Turenne meurt, tout seconfond,la fortune chancelle, la victoire se lasse, la paix s’éloigne…: tout le camp demeure immobile”.
Mais, justement, vu la force de la représentation ainsi obtenue, cet emploi du présent doit être ménagé.[…] Une narration entière, à plus forte raison tout un livre, composé sur ce patron, serait des plus lassants. Il y aurait là-dessus d’autres règles à indiquer; elles relèvent moins de la syntaxe que de la stylistique. Observons seulement qu’au cours d’un récit le narrateur qui sait les exigences de la langue n’a garde d’abuser du présent historique; il ne se sert de ce “temps d’illu-
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sion”, (comme l’appelle M.Buffin), que pour suppléer au vrai temps du récit, le prétérit; il y renonce, dès qu’il y a lieu de marquer non plus une succession de faits, mais quelque précision d’état. On a recours alors à l’imparfait qui […] se prête à ouvrir une sorte de parentèse narrative, en vue de décrire ou d’expliquer soit une action, soit un état, sous l’aspect de contemporanéité. […]
L’emploi du présent narratif a, en dehors de la question de style, ses limites naturelles; dans le plan de l’antérieur, cette forme transposée ne convient qu’au passé pur, qu’au passé envisagé “sans association de durée” (M.Buffin), dès qu’il faut marquer cette association, et énoncer d’une façon juste le rapport de contemporanéité, l’emploi du présent historique est contre-indiqué, sinon même impossible. D’où ces recours à l’imparfait; cf. cette phrase: “Je prends mon fusil, qui heureusement était chargé”; seul, ici, l’imparfait rend la note juste pour l’accord de temporalité, (l’association de durée).
b). Le p r é s e n t en f o n c t i o n de f u t u r. Lorsqu’on veut présenter une action future comme plus ou moins prochaine, on peut se servir du présent. Mais il faut pour cela que le caractère général de la phrase ou que quelque terme circonstanciel précis, (par ex. bientôt, demain, la semaine prochaine, etc.), nous ouvre nettement la perspective de l’avenir, autrement elle nous demeurerait fermée. Dire, en effet, je pars, c’est donner à entendre que le départ a lieu à l’instant même où l’on parle; s’il s’agit d’un départ futur, il est indispensable que la perspective du futur, qui n’est pas indiqué, qui même nous est bouchée par la forme temporelle du verbe, soit compensée et comme déclose par quelque terme annexe: “Attendez-moi, j’arrive”; “Je vais ce soir au théâtre”. Cf.“Dès demain, j’entre en danse avec tout mon orchestre”. (Hugo) Cette transposition, on le comprend, veut du tact; il serait abusif de dire: “Je prends ma retraite dans dix ans”.
Ce présent transposé, qu’on peut appeler présent-futur, est d’un incessant usage dans la donnée de la phrase hypothétique. A la différence du latin qui dit, d’une façon très exacte: “Si tu viendras, je me réjouirai”, le français dit figurément: “Si tu viens…”; cf. “Souvens-toi que si tu meurs, je meurs” (Hugo)[…]
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Une autre façon d’ouvrir la même perspective consiste à user du verbe aller comme auxiliaire. “Je vais mourir, Madame… — Tu vas mourir! –” […]
L’imparfait.
L’imparfait est de tous nos temps passés l’un des plus caractéristiques de notre langue, l’un des plus riches aussi en significations délicates.[…]
L’imparfait énonce une action (ou un état) qui se situe dans le passé; mais il l’énonce d’une façon spéciale, et qui le différencie profondément de tous les autres passés. Il offre en effet cette particularité remarquable d’énoncer toujours l’action (ou l’état) sous l’aspect de continuité. […]
Si une action est présentée comme continue, c’est qu’on la considère comme n’ayant pas pris fin, (au moment du passé auquel elle se rapporte). De là, ce caractère d’inachevé qui consomme l’essence de cette forme verbale. Il a vivement frappé l’esprit des grammairiens; aussi lui ont-ils donné le nom d’imperfectum, imparfait.
I.L’i m p a r f a i t d’h a b i t u d e. — De la continuité à l’habitude, il n’y a qu’un pas; l’imparfait suffit donc de soi à présenter l’action commehabituelle:“Quefaisiez-vousau tempschaud?— Je chantais”; ces imparfaits par eux-mêmes donnent nettement l’idée de l’habitude plus ou moins constante. — L’aspect de répétition aussi est voisin de celui d’habitude: ‘Chaque dimanche, avant la guerre, Morissot partait dès l’aurore… Il prenait le chemin de fer d’Argenteuil”. (Maupassant) Souvent l’imparfaitd’habitude danslaproposition principales’oppose
àun plus-que-parfait introduit dans la subordonnée par une conjonction de temps: “Lorsqu’il avait fini de travailler, il sortait”.
II.L’i m p a r f a i t de t e n t a t i v e. — L’autre trait caractéristique de l’imparfait, son caractère d’imperfectum (d’inachevé), lui permet de rendre une nuance délicate de l’action. L’action inachevée est plus d’une fois une action qu’on a tenté de mener à bonne fin,
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mais sans y parvenir. De là cet imparfait qu’on peut appeler “de tentative”…Le latin le connaissait, (persuadebam, je cherchais à persuader). Le français en use aussi: “Pourquoi détournois-tu mon funeste dessein?” (Racine) (pourquoi tentais-tu de détourner?); “Les pleurs qu’il retenaitcoulèrent un moment” (Vigny); dans ces phrases, le plus- que-parfait aurait un sens tout différent, il présenterait l’action sous le jour de l’accompli.
III. La s i m u l t a n é i t é. — L’imparfait passe aux yeux de beaucoup pour suggérer essentiellement l’idée que telle action, tel état, dans le passé , est contemporain d’un autre […] il est facile de constater que dans un grand nombre de cas l’imparfait ne présente nullement les choses sous ce jour. Dans ces phrases, par exemple: “Naguères Stamboul s’appelait Constantinople”, “Les Romains étaient un peuple superstitieux”, il est manifeste que l’imparfait ne marque nullement la simultanéité. — C’est, dira-t-on, que là il est employé seul. — Mais le voici, maintenant, en corrélation avec un autre verbe; et ce n’est pas la simultanéité qu’il indique, mais plutôt la succession: “Qui se couchait, mourait… On s’endormait dix-mille, on se réveillait cent” (Hugo). […]
Dans cette phrase, par exemple, : “Huit heures sonnaient quand il se leva”, il s’agit véritablement d’actions simultanées. Mais est-ce l’imparfait, comme tel, qui dénonce cette simultanéité? Ne serait-elle pas aussi bien indiquée, si au lieu de l’imparfait il y avait le prétérit, (huit heures sonnèrent quand il se leva)? Qu’on le remarque, il y a ici deux verbes en regard l’un de l’autre, et il s’agit de deux actions étroitement liées par la conjonction quand; c’est l’ensemble de ce système, et non l’imparfait, proprement, qui marque ici la simultanéité. […]
Ce qu’il faut pourtant reconnaître, c’est que l’imparfait, par cela même qu’il présente l’action sous l’aspect de continuité, est plus apte qu’aucun autre temps à donner l’impression vive, au regard d’un second imparfait, de cette sorte le parallélisme de durée que suppose la contemporanéité.Riendanscettephrase:“Je partirai, mon frère partira aussi” ne donne nécessairement à penser que les deux actions auront lieu en même temps; ce sont deux actions-points, et qui comme telles
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ont au moins autant de chances de se succéder que de coïncider chronologiquement; par contre, “Je partais, mon frère partait aussi”, sont des actions-lignes, et qui se font naturellement penser comme contemporaines. Voilà, selon nous, dans quelles conditions précises, et dans quelle mesure exacte l’imparfait évoque la nation de simultanéité.
III bis. La f a u s s e s i m u l t a n é i t é. — Rien n’a plus apparence d’un imparfait de simultanéité qu’un certain emploi de cette forme temporelle où il s’agit bel et bien de pure succession chronologique. Dire à quelqu’un: “Je partais, quand vous êtes arrivé”, c’est en somme lui donner à entendre non qu’on partait réellement, mais qu’on était sur le point de partir; l’imparfait, dans ce cas, marque non le passé, non le simultané dans le passé, mais proprement le futur, le successif (dans le plan du passé).
IV. L’i m p a r f a i t d e s “d i r e s”. — Très différent des imparfaits qu’on vient de voir est celui au moyen duquel on rapporte, au cours d’un récit, des propos tenus par autrui. En voici le modèle classique: “Des députés du peuple rat S’en vinrent demander quelque aumônelégère:IlsalloiententerreétrangèreChercherquelquesecours contre le peuple chat; Ratopolis étoit bloquée: On les avoit contraints de partir sans argent… Ils demandoient fort peu…” (La Fontaine). Ces imparfaits, on le comprend, ne sont pas au compte du narrateur; il faut y voir une transposition temporelle des paroles des députés-rats, (nous allons en terre étrangère…, Ratopolis est bloquée…, nous demandons fort peu). C’est une des formes du style indirect. […] …l’imparfait, par son rapprochement avec l’autre passé, (des députés vinrent, ils demandaient), semble superposer à sa valeur fondamentale et absolue de temps de l’antérieur une seconde valeur, celle-ci purement relative: il apparaît alors comme un présent dans le passé, en ce sens qu’il présente le fait qu’il énonce comme contemporain de l’action au passé: les députés-rats disent ce qui a lieu au moment précis où ils parlent, (nous allons en terre étrangère…, nous demandons fort peu…); on le voit, c’est à un présent que se ramène ici l’imparfait de la narration. […]
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Ce qui habilite l’imparfait à tenir lieu ainsi d’un présent, c’est sans doute son aptitude à marquer, dans le plan de l’antérieur, une action contemporaine du moment même où l’on parle; mais c’est beaucoup aussi le fait qu’il a par nature, — comme l’a occasionnellement (avec certains verbes) le présent — , le privilège de présenter l’action sous l’aspect de durée, l’action en cours d’accomplissement. Il est tout naturel que, si le présent peut marquer parfois cet aspect par rapport au moment de la parole dans le présent, ce soit l’imparfait qui le marque par rapport au moment de la parole dans le passé.
V. L’i m p a r f a i t d e s c r i p t i f. — Pour cette raison que l’imparfait se prête, dans certaines conditions, à marquer la contemporanéité, mais surtout parce qu’il marque proprement et essentiellement l’aspect de durée, il excelle à décrire les circonstances, à indiquer la situation, le milieu, bref tous les accompagnements et précisions de l’action.
[…] L’imparfait présente l’action comme imparfaite, inachevée, comme en cours d’accomplissement. Par ce temps ,donc, il semble que nous soyons rendus témoins, mais témoins attentifs et à quelque degré actifs. Si le temps propre du récit, le passé simple, suffit très bien à nous mettre au courant des événements et des choses du passé, onpeutdirenéanmoinsqu’ilseborneànouseninstruire;ilnouséclaire à leur sujet, il ne nous y attache pas. Justement parce qu’il énonce, ce temps, l’action comme accomplie, nous ne sommes, nous, en face de l’événement raconté, que purement réceptifs, et pour ainsi dire inertes. L’imparfait, au contraire, qui nous présente le fait à l’état d’infectum, nous jette par cela même dans la curiosité, l’intérêt, l’attente; par son mystère il nous pénètre de la poésie de l’action; il semble qu’il nous engage personnellement dans le drame vivant des choses.
Ce n’est pas, croyons-nous, pour une autre raison, que tant de récits (contes, nouvelles, courtes narrations) commencent si fréquemment par des verbes à l’imparfait […]: “Il était une fois…”, “Au temps du roi Louis il y avait en France un pauvre jongleur…”. […]
VI.L’imparfait d’explication.—Assezdifférentdel’impar- faitquenousvenonsdevoir,lequelprécèdeleprétéritcommepourlefaire
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désirer,ilenestunautrequiseplacerégulièrementaprèsunautrepassé,et qui se caractérise par ceci qu’au lieu de susciter, comme le premier, la curiosité, il semble fait plutôt pour la satisfaire. On peut l’appeler imparfait d’explication,(enprenantcemotdanssonacceptionlapluslarge).Soitcette phrase de Michelet: “Toute la salle fut émue: les tribunes pleuraient”.
…dans cette phrase de Michelet, un autre passé simple indiquerait un second fait s’ajoutant au premier, tandis que cet imparfait en est “le développementexplicatif”,(ausensdulatinexplicare):ildéplieenquelque sorte l’idée; il l’éclaire par un détail particulièrement expressif, (par làils’apparenteàl’imparfaitdescriptif).Maisaulieuqu’avecunsecond passé simple le mouvement de la narration se poursuivrait — et à la même allure –, l’imparfait l’arrête un instant, ou du moins le ralentit… Telle est, à nos yeux, la double caractéristique de l’imparfait d’explication: il fait mieux saisir l’idée, mais ralentit le mouvement…
VII. L’i m p a r f a i t c a u s a l. — Cet emploi de l’imparfait découle toutnaturellementdeceluiqu’onvientd’étudier.Unephrasetellequecel- le-ci:“Elleallumaunebougie,carlejourbaissait”peuts’énoncereneffet souscetteautreforme:“Lejourbaissait,elleallumaunebougie”.Dansle premier cas, la chute du jour est présenté comme l’explication de l’action d’allumer une bougie; dans le second, on la présente comme la cause. Ce sont aussi des causes que marquent les imparfaits des phrases suivantes: “Elle s’évanouissait; on la porta devant la fenêtre”; “La nuit tombait. On retira le velarium”. L’imparfait causal n’est donc , en somme, qu’une variantedel’imparfaitd’explication.Maistandisquecederniervienttoujoursaprèsunverbeàunautretemps,qu’ilsertàexpliquer,l’imparfaitde cause, au contraire, se place d’ordinaire avant la proposition qui marque l’effet ou la conséquence du verbe à l’imparfait. — La cause, étant ce qui fait naître l’action, ce qui détermine l’événement, est rarement soudaine, mais implique presque nécessairement une certaine durée, ou du moins quelque continuité. On conçoit que l’imparfait, par son double caractère d’inachevé et de continu, soit propre à suggérer de soi la causalité.
VIII. L’i m p a r f a i t d’a t t é n u a t i o n. — Il y a un imparfait très souvent employé, et dont pourtant les grammairiens ne parlent guère,
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c’est celui dont la langue quotidienne use si volontiers, en vue d’éviter ce qu’il pourrait y avoir parfois d’un peu trop catégorique, de trop hardi sinon d’impoli, dans l’emploi du temps exact, (le présent de l’indicatif). C’est l’imparfait d’atténuation. Rien n’est plus fréquent que d’entendre dire: “Je venais (=je viens) pour vous parler de, etc.”; “Ecoute, je voulais te demander, est-ce que tu te sers en ce moment de tes jolies nappes brodées?’(Maurois) Dans ces phrases, on met le verbe au passé comme pour garder les distances, et si d’instinct on use de l’imparfait, c’est à cause de son aptitude à présenter l’action comme non entièrement accomplie. […]
R.L. WAGNER, J. PINCHON Grammaire du français classique et moderne
Paris, Hachette, 1962, p. 288–294
QUESTIONNAIRE:
1.Сomment s’exprime l’aspect en français?
2.Quelle distinction des aspects au niveau morphologique est-elle proposée par les auteurs.
3.Décrivez l’expression lexicale des aspects.
4.Que disent les auteurs sur les périphrases relatives aux phases différentes d’accomplissement du procès?
5.Quelle valeur temporelle ou chronologique attribue-t-on aux formes composées?
B.L’ASPECT ET LA VALEUR CHRONOLOGIQUE DES FORMES COMPOSEES.
L’aspect. Définition.
On désigne sous le nom d’aspect les valeurs qui concernent l’accomplissement du procès et les formes du verbe qui les traduisent.
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L’aspect , en français, s’exprime:
1.morphologiquement, par l’opposition d’une forme simple et d’une forme composée à tous les modes, à tous les temps et à toutes les personnes, accessoirement au moyen du pronominal.
2.lexicalement, au moyen de périphrases verbales.
L’aspect. L’accomplissement du procès.
Quelle que soit l’époque où l’on situe un procès, celui-ci peut-être décrit dans les phases successives de son accomplissement.
Tout procès demande en effet pour s’accomplir une certaine durée qui implique:
un terme initial;
un laps de réalisation; un terme final.
A B x………………...|--------------------------|…………………y
x…y = axe de la durée d’accomplissement du procès.
A– B = procès en cours d’accomplissement. Laps de réalisation. A= terme initial.
B = terme final.
La grammaire permet d’opposer le procès en cours (A – B) au procès accompli (B …y).
Le lexique permet d’évoquer des points particuliers et remarquables de l’axe x …y.
Expression grammaticale des aspects. L’aspect simple.
L’aspect simple décrit le procès et le représente à l’intérieur des limites constituées par le début et la fin de son accomplissement (A– B).
Cette durée d’accomplissement se développe, suivant la signification des verbes, dans des limites très étroites (piquer, sursauter, tressaillir) ou larges (voir, savoir). Cette nuance est d’ailleurs souvent précisée au moyen d’adverbes ou de compléments circonstanciels:
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Je me levai promptement pour aller m’informer de la santé de Manon.
(Abbé Prévost)
Expression grammaticale des aspects. L’aspect composé.
L’aspect composé représente le procès comme accompli. Sur l’axe x…y, il le situe dans un moment ultérieur à celui qui correspond aux limitesA– B.
A |
|
B |
x………………...|-------------------------- |
|
|…………………y |
(Il va sauter) |
(Il saute) |
(Il a sauté) |
Expression grammaticale des aspects. Opposition du procès en cours et du procès achevé.
1. La valeur propre de ces aspects ressort de tous les cas où l’on oppose un verbe à lui-même sous sa forme simple et sous sa forme composée. Le contraste est alors frappant:
On ne peut pas être et avoir été. (Proverbe)
Les souris ne disparaissent pas plus vite; on les a vus plutôt qu’on ne les voit.
(Goncourt) [Les représente les Prussiens, établis à Saint-Cloud, en 1870, et qui essaient d’éviter les coups de feu des Français en position sur
l’autre rive de la Seine.]
2. Mais cette valeur n’est pas moins sensible lorsqu’on met l’aspect composé d’un verbe en rapport avec la forme simple d’un autre verbe dans une phrase complexe.
Comparez:
Lorsqu’il se leva, la cloche sonna six heures.
Une fois qu’il se fut levé, la cloche sonna six heures.
Je regretterais de vous induire en erreur.
Je regretterais de vous avoir induit en erreur.
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