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1. Qui ? (qui fait quoi ?)

2. Quoi ?

3. Où ?

4. Quand ?

A partir de ces réponses, on essaye de construire un chapeau pour l'article :

Le chapeau résume toutes les idées essentielles de l’article.

Les réponses aux questions et ce chapeau serviront de guide pour la suite du travail.

  • 2e étape : repérer les idées essentielles et la structure logique du texte

Lecture attentive du texte :

  • On souligne les mots et les phrases clés pour conserver l'essentiel des idées.

  • On encadre les mots de liaison pour repérer sa structure logique.

  • On encercle les indicateurs spatio-temporels pour situer les faits dans l'espace et le temps.

  • 3e étape : dégager les idées essentielles du texte et construire un plan

1. On dégage les idées essentielles du texte paragraphe par paragraphe,

  • en utilisant les mots clés,

  • en assemblant les mêmes idées pour éviter leur répétition,

  • en tenant compte des indicateurs spatio-temporels et des mots de liaison,

  • en reformulant les idées d’une manière personnelle.

Pendant ce processus, on élimine :

  • le superflu (style particulier de l'auteur: répétitions de phrases, emphases, interjections, etc.)

  • les détails, les exemples, les citations,

Le compte rendu devra conserver :

  • la thèse de l'auteur, non son style (sa manière de s’exprimer).

  • la démonstration, non ses procédés d’explication.

On s’adresse au dictionnaire pour rechercher des synonymes ou des équivalences.

2.- On dégage la structure logique globale du texte à partir des « mots de liaison » qui lient logiquement les idées essentielles.

  • 4e étape : rédiger l'introduction du compte rendu

L'introduction devra :

  • présenter le texte,

  • donner son thème général,

  • et éventuellement les intentions de l'auteur.

  • 5e étape : élaborer le compte rendu à partir du plan

On élabore le compte rendu du texte :

  • en respectant le plan (c. f. plan) qui lie logiquement les idées,

  • en reformulant la pensée de l'auteur,

  • en l'abrégeant sans la trahir (sans additions, ni commentaires personnels).

Le texte du compte rendu devra être contracté au tiers  avec une marge de moins ou plus 10% (pour cent).

Pour rédiger le compte rendu on recourt aux mêmes savoir-faire que pour le ré­sumé :

  • condenser le texte initial en éliminant ce qui n’est pas essentiel,

  • reformuler le texte,

  • enchaîner les idées.

Cependant le rédacteur du compte rendu prend une certaine distance par rapport au texte initial. Cela explique le fait que le compte rendu se différencie du résumé par plusieurs points :

  • il met en relief l’idée principale du texte qui est en général formulée dans l’intro­duction du compte rendu ;

  • il comporte des formules présentant la démarche de l’auteur telles que l’auteur décrit..., analyse..., s’attache à critiquer sur un ton ironique..., selon l’auteur, etc. ;

  • il est donc toujours rédigé à la troisième personne ;

  • tout en faisant ressortir le raisonnement de l’auteur, il peut ne pas suivre l’ordre du texte initial.

Cela dit, le compte rendu, tout comme le résumé, doit traduire fidèlement les idées du texte sans comporter aucun commentaire personnel du rédacteur. (Si toutefois un commentaire pareil est spécialement demandé, il doit être bien distinct du corps du compte rendu.)

Pour mieux comprendre la spécificité de ces deux exercices, lisez le texte ci-des­sous et comparez-en un résumé et un compte rendu.

DE LA GRÈCE D’AUJOURD’HUI À LA GRÈCE D’HIER

Dans mon enfance, je n’ai pas fait d’étu­des en grec. J’ai appris le latin, l’italien et l’anglais. Après la guerre, étant jour­naliste, j’ai beaucoup voyagé : en Amérique du Sud, aux États-Unis, en Asie, en Afrique... Un peu partout sauf en Grèce. Enfin, ayant assez de me disperser, nous décidons avec ma femme de nous installer en Grèce. Quelle n’est pas ma surprise ! Je pensais connaître ce pays à travers les récits du XVIIIe ou du XIXe siècle. Grand admirateur de Chateaubriand, l'Itinéraire de Paris à Jérusalem était l’un de mes livres de chevet. Mais ce que je voyais ne ressemblait pas aux descriptions de Chateaubriand. [...] Si bien que je n’ai pas eu pour la Grèce un coup de cœur immédiat.

En lisant Chateaubriand, je m’aperçois qu’il était un auteur involontairement comi­que. Alors qu’il se promène dans les monta­gnes, il rencontre un berger à qui il demande le chemin où passait Pausanias. À un moment, il se trouve en Sparte où il ne trouve rien. À Mycène, il demande où est la tombe d’Agamemnon. Ainsi, tout le voyage de Chateaubriand est embarrassé de dieux, de déesses, de nym­phes. Lorsque je me suis retrouvé devant la Grèce, ce texte que j’avais tant aimé m’a paru, non pas mensonger, mais hors de propos.

Parmi les écrivains qui ont parlé de la Grè­ce, il y a Charles Maurras. Il y avait été envoyé par la Gazette de France en 1896 et avait écrit Les Anthinéa, un éloge lyrique de la Grèce.

Ma femme et moi cherchions une île pour nous installer. Lois Malle nous avait conseillé Spetsaï. « Il n’y a pas de monuments. Vous y serez tranquilles », m’avait-il dit. Et en effet Spetsaï, célèbre pour avoir financé la guerre d’indé­pendance, nous a tout de suite plu. J’étais loin de la Grèce mythique, celle de Chateaubriand ou de Maurras, mais dans une Grèce qui me racontait les luttes de XIXe siècle et qui avait pour héroïne la Bouboulina. Là, je me suis plongé dans mon travail et dans une inspec­tion de tout ce qui avait été écrit sur la Grèce. Le premier livre que j’ai, non pas lu mais relu, parce qu’il m’avait ébloui, était Le Colosse de Maroussi de Henry Miller que je considère comme un des plus grands écrivains améri­cains. C’est alors que toute la Grèce a com­mencé à rentrer dans les pores de ma peau. Je me souviens d’une phrase qui me plaisait beaucoup : « There are no tourist in Spetsaï during the winter ». Installés confortablement à Spetsaï, nous ne cherchions pas à bouger. Ce n’est qu’au printemps que nous avons cédé à quelques excursions. La première a été pour Paros. Je trouve l’endroit très joli, mais enfin je ne suis guère fasciné. Je décide d’aller voir la plage où Hippolyte est mort. Une visite extrê­mement décevante. En repartant, on me mon­tre une pierre sous laquelle Thésée a trouvé l’épée et les sandales laissés par son père. Tout d’un coup cette pierre m’a projeté dans un uni­vers totalement différent : Thésée est devenu un personnage de mon imagination. Je ne suis pas parti de la mythologie pour découvrir la Grèce moderne mais je suis parti de la Grèce contemporaine pour découvrir la mythologie.

Je voudrais citer un mot de Jean Cocteau re­levé dans Le Journal d’un inconnu que je trouve parfaitement juste et qui donne la clé de l’at­tirance qu’exerce la Grèce : « La mythologie grecque, si on s’y plonge, nous intéresse davan­tage que les déformations et les simplifications de l’Histoire. Parce que ses mensonges restent sans alliage de réel et de mensonges. Le réel de l’His­toire devient un mensonge et l’irréel de la fable devient la vérité ». La mythologie, on peut s’en nourrir mais aussi la nourrir.

Après Paros, nous sommes allés à Naxos. Sur la plage déserte d’Ayios Procopios, se­mée de pierres ponces mauves, j’ai commencé à penser à la malheureuse Ariane abandonnée par un amant bien vite las. Cela pouvait s’être passé sur cette rive belle et paisible, face à l’île de Paros. Un lieu extraordinaire où l’on a l’im­pression de marcher sur des diamants. Et c’est là que Dionysos l’avait recueillie et épousée. En Grèce, les légendes ne cessent de nous dis­traire de la réalité. Les paysages grecs impo­sent les personnages de la mythologie. Et dès lors on ne cesse de leur donner de la chair, un accent, une voix. Ce sont les visages de la my­thologie qu’on voit chaque fois qu’on regarde la Grèce contemporaine. Quelquefois on voit passer une paysanne et on se dit : «Mais c’est Athéna ! » La Grèce contemporaine n’a pas re­couvert la Grèce ancienne mais l’a rendu vi­vante.

À l’époque, je faisais beaucoup de voile avec un ami américain. Un jour, nous avons décidé de faire une partie du parcours d’Ulys­se. En abordant la mer Éolienne, nous sommes pris dans une tempête très semblable à celle que connut Ulysse. Nous arrivons alors à Fiscado. Nous nous arrêtons dans un café où nous sommes servis par une jeune fille d’une grâce infinie. Soudain, en regardant ses gestes rem­plis d’aisance et de beauté, je me dis : « C’est Nausicaa. » Je la voyais alors à l’âge où Ulysse l’a aperçue. Les sentiments d’Ulysse m’appa­raissent alors de manière évidente car je venais de rencontrer une image de Nausicaa.

En Grèce, le temps n’efface pas les siè­cles, il les rajeunit. Un jour, dans un cimetière à Spetsaï, les dalles ont glissé laissant quel­ques tombes ouvertes. On a alors pensé qu’en l’absence de visiteurs les défunts soulèvent la pierre qui les couvre pour regarder le paysage, la mer, les îles. (Michel Déon, écrivain Le Figaro littéraire)

RESUMÉ

Bien que je n’aie jamais étudié le grec et que j’aie voyagé partout excepté en Grè­ce, à un certain moment de ma vie, ma femme et moi nous avons décidé de nous installer dans ce pays. Je croyais le connaître pour avoir lu des œuvres sur la Grèce tels que L’itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand que j’aimais beaucoup ou Les Anthinéa de Charles Maurras. Pourtant la réalité grecque était différente de ces écrits au point de me décevoir au premier moment.

Installé dans l’île de Spetsaï qui, dépourvue de monuments antiques et vide de touristes, me rappelait plutôt l’histoire héroïque du XIXe siècle, je me suis mis à tra­vailler et à étudier les ouvrages consacrés à la Grèce. Le livre qui m’a beaucoup im­pressionné et m’a aidé à mieux comprendre ce pays était Le Colosse de Maroussi de Henry Miller. Mais ce n’est que quelque temps après, en faisant des excursions à Pa­ros et à Naxos, que j’ai commencé à repérer dans les beaux paysages grecs des per­sonnages de la mythologie : ici Thésée trouvant l’épée de son père sous cette pierre, là Ariane, abandonnée par son amant, souffrant sur cette plage. Ainsi, n’ayant pu découvrir la Grèce moderne à travers la mythologie, j’ai découvert la mythologie en partant de la Grèce contemporaine et j’ai partagé l’idée de Jean Cocteau qui disait que la légende y est plus réelle que la réalité historique. Même dans les gens que je rencontrais je voyais se matérialiser des héros mythiques. Car loin de cacher la Grèce ancienne, la Grèce moderne la fait apparaître comme réelle et vivante.

COMPTE RENDU

Dans cet article publié dans le Figaro littéraire en juin 2000 l’écrivain Michel Déon raconte ses impressions de la Grèce où il s’est installé à un certain moment de sa vie. Ses réflexions sur la Grèce d’hier et celle d’aujourd’hui l’amènent à l’idée que, dans ce pays, la modernité ne dissimule pas les siècles passés, mais au contraire, les rend plus vivants.

L’auteur, qui n’avait jamais visité ce pays ni étudié sa langue, croyait pourtant connaître la Grèce pour avoir lu des livres sur cette terre ancienne tels que L’itiné­raire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand qu’il aimait beaucoup ou Les Anthinéa de Charles Maurras. Cependant Michel Déon avoue avoir eu une certaine déception au premier moment, car la modernité grecque ressemblait peu au monde mythique de ces œuvres. Installé avec sa femme dans l’île de Spetsaï qui, dépourvu de monu­ments antiques et vide de touristes, lui rappelait plutôt l’histoire héroïque du XIXe siècle, l’écrivain se met au travail. Il étudie les ouvrages consacrés à la Grèce dont Le Colosse de Maroussi de Henry Miller qui l’impressionne au point de le relire et l’aide à mieux comprendre ce pays.

Mais ce n’est que quelques mois après, en faisant des excursions à Paros et à Naxos, que l’écrivain a réussi à déceler dans les beaux paysages grecs des person­nages de la mythologie. L’auteur décrit le moment où l’on lui a indiqué une pierre sous laquelle Thésée avait trouvé l’épée de son père : soudain, la vue de cette pierre lui a fait imaginer ce héros, et puis d’autres encore qui se sont matérialisés dans les gens qu’il rencontrait ou dans les sites qu’il admirait. Ainsi, n’ayant pu découvrir la Grèce moderne à travers la mythologie, il a découvert la mythologie en partant de la modernité. À ce propos. Michel Déon se réfère à Jean Cocteau qui disait que la my­thologie grecque est plus réelle que sa réalité historique. En effet, la Grèce contem­poraine n’a pas effacé ni caché la Grèce ancienne, au contraire. L’auteur conclue que pour se représenter comme vivants les dieux et les héros mythiques il suffit d’obser­ver la Grèce d’aujourd’hui.

Cette comparaison nous amène à constater les différences suivantes :

  • le système dénonciation : le résumé est rédigé à la première personne tandis que le compte rendu à la troisième ;

  • les formules présentant la démarche de l’auteur dans le compte rendu (souli­gnées dans le texte) et l’absence de ces formules dans le résumé ;

  • l’introduction obligatoire dans le compte rendu qui présente le texte et en for­mule la thèse ;

  • la réorganisation (possible mais pas obligatoire) du texte initial que l’on peut observer à la fin du compte rendu.

Les mots et les phrases pour décrire la démarche de l’auteur

Après avoir présenté dans l’introduction l’idée principale du texte et qualifié l’intention générale de l’auteur, vous devez caractériser ses divers modes de pen­sée à chaque étape de son raisonnement. Pour le faire, vous aurez besoin de verbes d’énonciation et de jugement. Voici les verbes les plus répandus, avec des complé­ments possibles, classés selon la démarche qu’ils expriment.

  • la présentation d’un thème ou d’une idée : aborder (un sujet, un problème), po­ser (une question), parler (de qch), décrire (une situation), exposer, raconter, rappor­ter (des événements, une anecdote), annoncer (une information).

  • l’analyse d’une situation : étudier, examiner, analyser (une situation, des cau­ses), constater (que ... ; un fait), commenter (un fait, un événement), expliquer (les causes d’un fait), s’interroger (sur les causes et les conséquences de qch), se deman­der ( + question indirecte.), évaluer (à + un chiffre), montrer (que ... ; qch), résumer.

  • la mise en valeur d’une idée, d’un argument : noter (que..., qch), faire remarquer (que...), faire ressortir (que..., un argument), souligner (que..., une idée), faire valoir (que.., un argument), appeler l’attention (sur qch), mettre l’accent (sur qch), mettre en valeur/ en relief/ en évidence (qch), appuyer (sur le caractère primordial de qch), insister (sur qch, sur le fait que...), souligner (que..., l’importance de qch).

  • la présentation d’une idée secondaire : évoquer (qch), prendre en considération (que..., qch), tenir compte (de qch), mentionner (qch), signaler (qch).

  • la prise de position ou la défense d’une thèse : penser/ croire/ estimer (que...), affirmer/soutenir/prétendre (Le verbe prétendre souvent et le verbe soutenir parfois ont le sens de « affirmer qch sans en­traîner l’adhésion ». Ils peuvent donc être employés pour introduire une assertion que l’auteur du texte ne partage pas) (que..., qch), considérer (que...), être convaincu (que..., de qch), démontrer /prouver (que..., qch), témoigner (que...), confirmer (que..., qch), juger /trouver (+ adjectif: naturel, normal, logique, etc).

  • l’approbation : accepter (qch, que + subjonctif), être d’accord (avec qch/qn, que + subjonctif), approuver (qch/qn), justifier (qch/qn), être/ se prononcer pour (qch), prôner (qch), préconiser (qch), plaider (pour qch/qn), se faire le champion/ le par­tisan (de qch), être favorable (à qch, à ce que + subjonctif), défendre (qn, une idée), prendre la cause (de qn), prendre fait et cause (pour qn), partager les vues/le point de vue (de qn), se rallier (à l’opinion de qn), adhérer (à une idée, à l’opinion de qn), louer (qn), faire l’éloge (de qn, de qch).

  • la concession : admettre/avouer/ concéder/reconnaître/convenir (que + indica­tif ou subjonctif) (Une concession est souvent suivie d’un argument contraire : l’auteur admet que toute guerre engendre des souffrances infinies ; il approuve pourtant la volonté de cette superpuissance de désarmer de force le régime odieux de ce pays)

  • la critique ou le rejet d’une thèse : critiquer (qn, une idée, une attitude), objec­ter/répliquer/ rétorquer (que + indicatif), s’opposer (à une idée, à un projet), protes­ter (contre des actions), opposer (de forts arguments contre une idée), objecter (de bonnes raisons à/contre un argument; que + indicatif), contredire (qn), repousser/ refuser/ rejeter/ réfuter (une idée), contester/ nier/ démentir (une af­firmation), condamner/ dénoncer/stigmatiser (qn, qch), s’en prendre (à qn, à qch), mettre en garde (contre qch), être/ se montrer hostile (à une idée, à un projet), être/ se prononcer contre (qn, qch), s’élever/ se dresser contre (qn, un projet, une action).

  • la proposition d’une solution : recommander/ proposer/suggérer (qch, de faire qch), souhaiter (que + subjonctif}, espérer (que + indicatif), préconiser (une cause, une solution, une attitude), appeler de ses vœux (une action), appeler (qn à faire qch, à qch).

  • l’expression des sentiments : se réjouir/ se féliciter (de qch, que + subjonctif}, s’inquiéter (que + subjonctif}, s’indigner (de qch, que + subjonctif), regretter (qch, que + subjonctif), s’étonner (de qch, que + subjonctif), exprimer (sa joie, son mécon­tentement, etc.).

Vous pouvez vous servir également des formules telles que : selon l’auteur, pour M. N., à l’avis de M. X., aux dires de M. Y.

Pour décrire les moyens que l’auteur utilise dans le texte, on peut employer un gérondif (en citant le point de vue opposé, en énumérant quelques exemples, en s’ap­puyant sur les statistiques, en recourant à une comparaison, partant du constat de...) ou un groupe nominal avec des prépositions telles que par, avec, à l’aide de, au moyen de, à travers, par le biais de. Par exemple : À travers une énumération des réalisations artistiques récentes, l’auteur s’interroge sur la valeur de l’art contemporain.

ACTIVITÉS

N°1. Observez les verbes d’énonciation et de jugement dans les contextes suivants.

  1. Maurice Druon s’insurge, une fois de plus, contre les pollueurs de la langue française. À la veille des élections législatives, le secrétaire perpétuel de l’Académie française cloue au pilori tous ceux qui sont responsables de cette dégradation. Son seul sujet de satisfaction : la francophonie qui est en train de gagner du terrain.

  2. Le passage à la télévision d’un spot contre la drogue a suscité de vives réac­tions. M. N., qui s’oppose à toute campagne anti-drogue, estime qu’il s’agit là de « bricolage » et de « poudre aux yeux ». Pour lui, la lutte contre la toxicomanie est une action de longue haleine qui doit être planifiée et qui doit débuter avant que l’enfant ne se trouve face au problème.

  3. Cette culture jeune, que le philosophe n’hésite pas à qualifier de régression, a peu à peu fait tache d’huile sur le reste de la société. Le style jeune est désormais hégémonique et « la chasse au vieillissement est ouverte ». L’auteur stigmatise avec véhémence ces adultes qui dans tous les secteurs (politique, culturel, médiatique), sous prétexte de se moderniser, adoptent des modes d’action sommaires et sacrifient leur intelligence aux modes langagières et aux clichés de pensée.

  4. Le journaliste s’appuie sur la récente déclaration chiffrée du ministère de la Santé pour approuver la lutte contre le tabac. Il expose le contenu de la loi anti-tabac et montre, d’après un sondage, les réactions plutôt favorables des Français. L’auteur cite des statistiques encourageantes sur le désir des fumeurs d’arrêter et la diversité des moyens proposés.

  5. Le journaliste considère que la révolte actuelle des jeunes se fonde sur le dé­sespoir profond de la jeunesse face à la crise économique, qui l’exclut, et à la drogue. Surtout, il redoute les excès d’une violence dont il donne les causes : à la fois des modèles culturels qui la véhiculent, mais avant tout le seul recours souvent pour les exclus de notre société.

  6. Dans un rapport remis à l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure, Eric Debardieux, universitaire et directeur de l’Observatoire européen de la violence scolaire, démontre les mécanismes de la violence des jeunes. Intitulé L’Oppression quotidienne, l’ouvrage explique que la répétition des actes, le harcèlement continu et les micro-violences permettent de construire un pouvoir fondé sur la loi du plus fort. L’auteur affirme également que l’exclusion des « noyaux durs » d’élèves difficiles dans les établissements scolaires, souvent demandé par les enseignants, ne résou­drait rien. Interrogé par Le Monde, le chercheur dénonce « l’hystérie collective sur le thème de l’insécurité qui marque la campagne électorale ».

  7. Le ministre de l’Intérieur, vivement attaqué par les associations et partis de gauche qui l’accusaient d’entrer « en guerre contre les pauvres », souligne qu’il a été le seul à recevoir l’association Droit au logement, et se veut le porte-parole d’une France laborieuse qui s’est détournée du PS (Parti Socialiste). Il raille l’arrogance d’une certaine in­telligentsia « qui a eu un effet dévastateur sur l’équilibre de notre République ». Le ministre dénonce l’immobilisme de ses prédécesseurs socialistes sur la sécurité et répond vertement aux associations « droits-de-l’hommistes ».

  8. À l’heure où les nouvelles technologies réduisent la distance et le temps, où le rythme de nos existences s’accélère et s’uniformise, nous poussant à un certain « activisme » et à une dépossession de nous-mêmes, l’écrivain Pierre Sansot s’arrête pour nous faire réfléchir sur notre rapport au temps, prône l’ouverture créative à l’ins­tant, à l’Autre, au monde en somme, pour accéder au bonheur.

  9. À la fois poète, romancier et philosophe, le Martiniquais Edouard Glissant s’in­terroge sur le devenir de notre monde complexe. Chantre de la « créolisation » et du métissage culturel, il voit dans la rencontre, souvent violente, des peuples et des cultures aujourd’hui la condition d’une nouvelle manière d’être dans le monde, d’une identité à la fois enracinée dans un terroir et riche de tous les terroirs désormais mis en relation.

  10. Alain Duhamel brosse un tableau politique des Français, analyse le com­portement de cinquante-cinq millions de frondeurs légitimistes attachés à la mo­narchie élective, montre que les conflits entre la gauche et la droite masquent des ac­cords profonds sur la société, que la lutte des castes a succédé à la lutte des classes, que le temps des maîtres à penser est révolu. Les citoyens, conclut-il, manifestent souvent plus de maturité qu’une grande partie de leurs dirigeants.

N°2. Observez les verbes d’énonciation et de jugement dans le texte ci-dessous.

Samuel Huntington : un très éminent professeur américain prédit qu’après les chocs des nations et les affrontements idéologiques...

Le vingt et unième siècle sera celui des guerres entre les civilisations

En 1989, il y eut Francis Fukuyama, augure naïf de la « fin de l’Histoire ». Désormais, il y a Samuel Huntington, prophète sombre de la guerre qui vient. Ce professeur à Harvard, spécialiste reconnu des relations internationales, n’y est pas allé de main morte : dans un article explosif, il an­nonce l’inévitable et effrayant « choc des civi­lisations ». Son texte a fait grand bruit, d’abord aux États-Unis, puis, très vite dans le monde arabo-musulman où les plus extrémistes y ont péché une justification de leur guerre sainte anti-occidentale : puisqu’un éminent profes­seur occidental prévoit la guerre entre les civi­lisations, ont conclu les islamistes, nous avons raison de déclencher le djihad !

Des conflits entre les tribus, rappelle Huntington, on est passé au fil des siècles à la « guerre des rois » puis à celle des nations et des peuples, pour aboutir à la mêlée féroce des conflits idéologiques. Mais tout cela n’aurait été qu’amuse-gueule puisque le XXIe siècle sera, selon l’expert américain, celui d’un affrontement plus titanesque entre les civili­sations, notamment entre un Occident légère­ment avachi et un monde « islamo-confucéen » de plus en plus agressif. Jusqu’à présent, nous n’avions connu que « des guerres civiles occi­dentales ». Désormais, les hostilités opposeront l’Occident au reste du monde et, explique le professeur, « la prochaine guerre mondiale, s’il y en a une, sera une guerre entre civilisations».

Quelles sont ces civilisations ? L’auteur en dénombre « sept ou huit majeures» : occiden­tale, confucéenne, japonaise, islamique, hindouiste, slavo-orthodoxe, latino-américaine et, « peut-être africaine ». Leurs chocs à venir, prédit-il, domineront la politique mondiale. « Les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front de l’avenir », elles remplace­ront « les frontières politiques et idéologiques de la guerre froide en tant que sources de crises et de conflits sanglants ». Huntington ne croit guère à l’universalité des valeurs occidentales. « Les concepts occidentaux diffèrent fondamen­talement de ceux qui prévalent dans les autres civilisations, soutient-il. Les idées occidenta­les que sont l’individualisme, le libéralisme, le « constitutionnalisme », les droits de l’homme, l’égalité, la liberté, le règne de la loi, la démo­cratie, le libre marché, la séparation de l’Egli­se et de l’État rencontrent souvent peu d’écho dans les cultures musulmanes, confucéennes » et autres, qui aspirent certes à se moderniser, mais «sans s’occidentaliser». L’affrontement Islam-Occident est le plus prévisible, le plus visible. D’ailleurs, il «dure depuis mille trois cents ans », argumente Huntington, et il est « improbable que ce conflit séculaire s’apaise : il pourrait même gagner en virulence » car, « dans le monde arabe, la démocratie occidentale ren­force les courants politiques anti-occidentaux. [...] De part et d’autre, le conflit entre l’Islam et l’Occident est vu comme un choc de civilisa­tions».

Huntington décèle aussi la constitution d’un redoutable axe islamo-confucéen, réu­nissant les plus agressifs des pays musulmans (Iran, Irak, Syrie, Pakistan, Libye, etc.) et les puissances émergentes de l’Asie, avec la Chine à leur tête. Ces pays, explique-t-il, ont créé une connexion militaire « dont l’objectif est de permettre à ses membres d’acquérir les armes et les technologies d’armement pour contrer la puissance militaire de l’Occident ». Ainsi la Chine a-t-elle fourni des technologies nucléai­res à l’Iran et à l’Algérie. Une nouvelle course aux armements est engagée entre ces pays et l’Occident. Donc, conclut l’auteur, « l’opposi­tion entre l’Occident et plusieurs États islamo-confucéens sera la principale source de conflits dans l’avenir immédiat ». La guerre Occident contre Orient est à l’affiche. Cette thèse a, bien sûr, immédiatement provoqué de vives polé­miques. On a discuté le concept de civilisation, réducteur et attrape-tout, qui sert ici de mo­teur unique de l’Histoire (comme le furent la lutte des classes ou la main invisible du mar­ché) et qui ne parvient plus à rendre compte d’un monde complexe et irréductible aux grandes simplifications. Mais cette prophétie, avec sa dimension paranoïaque, a déjà produit des effets. Et pas les meilleurs. Elle a conforté les fanatiques qui souhaitent ce « choc des ci­vilisations ». Ainsi, en prétendant dénoncer un mal, on risque encore une fois de le rendre inévitable. On voudrait susciter un conflit en­tre l’Occident et les autres civilisations qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! (B. Poulet L’Événement du jeudi.)

N°3. En vous aidant des verbes suggérés, décrivez la démarche de l’auteur à partir des extraits suivants.

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