Добавил:
Upload Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз: Предмет: Файл:
L'Ultime Secret.doc
Скачиваний:
2
Добавлен:
19.08.2019
Размер:
1.46 Mб
Скачать

Isidore augmente le son des actualités.

Mondanités: Billy Underwood, le célèbre rocker français, se remarie pour la seizième fois avec une heureuse élue plus jeune que lui de quarante années.

Lucrèce note que la simple énonciation de cette nouvelle non dramatique (sauf pour l'ex-compagne du chanteur) a le pouvoir de redonner le moral à Isidore.

Sciences: découverte d'un nouveau médicament à base d'une hormone de porc permettant de prolonger la vie humaine. Si les espoirs mis dans le produit se révèlent exacts, les savants espèrent repousser les limites de la vie humaine jusqu'à une moyenne de cent vingt ans contre quatre-vingts actuellement.

Lucrèce se détourne du téléviseur et se rapproche à nou­veau du cerveau dans le bocal. Elle sent que la solution réside dans ce morceau de chair pâle.

Enfin on annonce que le célèbre top model Natacha Andersen qui s'était accusé du meurtre du champion d'échecs Samuel Fincher vient d'être libérée, l'«amour» ne figurant pas dans le code pénal en tant qu'arme de première, deuxième ou troisième catégorie.

36.

Dessins animés japonais violents pour enfants, publicité, émission de télé-achat vantant des accessoires ménagers, publicité, recettes de cuisine impossibles à réaliser, publi­cité, émission de gymnastique impossible à suivre, publicité, jeu «Quitte ou double», publicité, journal de treize heures consacré aux actualités régionales, publicité, émission de sport, publicité, émission de téléréalité avec des gens spé­cialement sélectionnés pour être représentatifs de la popula­tion moyenne, publicité, téléfilm soporifique allemand, publicité, journal de vingt heures axé sur les actualités nationales et internationales, publicité, météo, publicité, grand film d'action américain, publicité, émission d'analyse de la publicité, publicité, émission zapping florilège des meilleurs moments de la télévision, publicité, émission sur la chasse et la pêche.

Voilà ce qui entrait chaque jour avec très peu de varian­tes dans la tête de Jean-Louis Martin. Sept jours sur sept.

Au début, le malade du LIS appréciait la télévision, cette vieille compagne d'enfance. En restant plus longtemps à la contempler, il se mit à l'étudier avec un peu de recul. Il percevait les intentions cachées des animateurs, des pro­grammateurs des chaînes. Il comprenait comment la télévi­sion devenait un outil fédérateur. Elle influençait les spectateurs pour les persuader de trois injonctions sublimi­nales: restez calmes, ne faites pas la révolution, essayez d’amasser le plus d'argent possible pour pouvoir consom­mer les derniers produits à la mode qui vous permettront d’épater vos voisins.

Il percevait également une autre action subliminale de la télévision: elle incitait à isoler les individus. C'était subtil.

La télévision incitait les enfants à juger leurs parents rétro­grades et les parents à juger leurs enfants débiles. Elle permet­tait de tolérer qu'on ne se parle plus à table. Elle faisait croire qu'on pouvait devenir riche simplement en se rappelant la date d'une bataille historique dans un jeu quizz.

Au bout de quinze jours, Jean-Louis Martin ne supportait plus cet objet qui lui enfonçait en permanence dans la tête des messages auxquels il n'adhérait pas.

Il avait connu la monotonie de l'obscurité, la monotonie de la lumière, et maintenant il affrontait la monotonie des idées.

Il le fit comprendre à Fincher.

Le neuropsychiatre lui proposa alors de choisir sa chaîne en exprimant un oui du un non à l'énumération de chacune.

Nouveau ballet ce paupière. Il opta pour la chaîne des documentaires scientifiques.

Dès lors, Jean-Louis Martin ingurgita jusqu'à seize heures de sciences par jour. Enfin il avait trouvé un stimulus dont il était insatiable. Il y avait tellement de sciences différentes, tellement de découvertes étranges, tellement de connaissances à assimiler.

Cette chaîne était un pur festin pour l'esprit. Parce qu'il en avait le temps, parce qu'il en avait l'envie, Jean-Louis Martin, ancien cadre moyen de banque régionale section contentieux, était en train d'apprendre simultanément toutes les sciences seize heures par jour. Parce qu'il n'était dérangé par rien ni personne, son attention était totale du début à la fin de cha­que émission. Il mémorisait chaque image. Il mémorisait cha­que parole et il constatait que les capacités de son propre cerveau étaient extensibles à l'infini.

Durant cette période d'auto-éducation scientifique, pour la première fois, Jean-Louis Martin se dit: «Finalement tout ne va pas si mal que ça pour moi.» II avait moins peur du lendemain. Plus il apprenait, plus il voulait apprendre. Dès qu'il avait abordé la médecine, il avait voulu connaître la biologie et la physique.

Соседние файлы в предмете [НЕСОРТИРОВАННОЕ]