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La Femme au Collier de Velours

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La Femme au Collier de Velours
La Femme au Collier de Velours
pas de seins nus s’enflant et se désenflant sous cett voluptueuse des théâtres aristocratiques; des bonne bonnets rouges, le tout orné d’énormes cocardes nati couleurs sombres dans les vêtements, un nuage triste puis, des deux côtés de la salle, deux bustes hideux, grimaçant, l’une le rire, l’autre la douleur, les b Marat enfin.
Enfin, à l’avant-scène, un trou à peine éclairé, un et vide. La caverne toujours, mais plus de lion.
Il y avait à l’orchestre deux places vacantes à côt Hoffmann gagna l’une de ces deux places, c’était ce occupée. L’autre était celle qu’avait occupée le do nous l’avons dit, cette place était vacante.
Le premier acte fut joué sans qu’Hoffmann fit atten ou s’occupât des acteurs.
Cet orchestre, il le connaissait et l’avait appréci audition.
Ces acteurs lui importaient peu, il n’était pas ven était venu pour voir Arsène.
La toile se leva sur le second acte, et le ballet c
Toute l’intelligence, toute l’âme, tout le cœur du étaient suspendus.
Il attendait l’entrée d’Arsène.
Tout à coup Hoffmann jeta un cri.
Ce n’était plus Arsène qui remplissait le rôle de F
La femme qui apparaissait était une femme étrangère, comme toutes les femmes.
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Toutes les fibres de ce corps haletant se détendire s’affaissa sur lui-même en poussant un long soupir, autour de lui.
Le petit homme noir était à sa place; seulement il boucles en diamants, ses bagues en diamants, sa tab mort en diamants.
Ses boucles étaient en cuivre, ses bagues en argent en argent mat. Il ne chantonnait plus, il ne battai Comment était-il venu là? Hoffmann n’en savait rien vu venir, ni senti passer.
—Oh! monsieur! s’écria Hoffmann.
—Dites citoyen, mon jeune ami, et même tutoyez-moi... s possible, répondit le petit homme noir, ou vous me tête et à vous aussi.
—Mais où est-elle donc? demanda Hoffmann.
—Ah! voilà.... Où est-elle? Il paraît que son tigre
des yeux, s’est aperçu qu’avant-hier elle a corresp avec un jeune homme de l’orchestre. Il paraît que c couru après la voiture; de sorte que depuis hier il l’engagement d’Arsène, et qu’Arsène n’est plus au th
—Et comment le directeur a-t-il souffert?...
—Mon jeune ami, le directeur tient à conserver sa tête sur épaules, quoique ce soit une assez vilaine tête; mais i l’habitude de cette tête-là et qu’une autre plus be peut-être pas bouture.
—Ah! mon Dieu! voilà donc pourquoi cette salle est Hoffmann. Voilà pourquoi il n’y a plus de fleurs, p plus de bijoux! voilà pourquoi vous n’avez plus vos diamants! Voilà pourquoi il y a, enfin, aux deux cô lieu des bustes d’Apollon et de Terpsichore, ces deux Pouah!
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La Femme au Collier de Velours
Ah çà! mais, que me dites-vous donc là, demanda le docteur, et avez-vous vu une salle telle que vous dites? m’avez-vous vu des bagues en diamants, des tabatières en diamants? où avez-vous vu enfin les bustes d’Apollon et de Terpsichore? Mais il y a deux ans que les fleurs ne fleurissent plus, que les diamants sont tournés en assignats, et que les bijoux sont fondus sur l’autel de la patrie. Quant à moi, Dieu merci! je n’ai jamais eu d’autres boucles que ces boucles de cuivre, d’autres bagues que cette méchante bague de vermeil, et d’autre tabatière que cette pauvre tabatière dargent; pour les bustes d’Apollon et de Terpsichore, ils y ont été autrefois, mais les amis de l’humanité sont venus casser le buste d’Apollon et l’ont remplacé par celui de l’apôtre Voltaire; mais les amis du peuple sont venus briser le buste de Terpsichore et l’ont remplacé par celui du dieu Marat.
—Oh! s’écria Hoffmann, cest impossible. Je vous dis qu’avant-hier j’ai vu une salle parfumée de fleurs, resplendissante de riches costumes, ruisselante de diamants, et des hommes élégants à la place de ces harengères en casaquin et de ces goujats en carmagnole. Je vous dis que vous aviez des boucles de diamants à vos souliers, des bagues en diamants à vos doigts, une tête de mort en diamants sur
votre tabatière; je vous dis....
Et moi, jeune homme, à mon tour, je vous dis, reprit le petit homme noir, je vous dis qu’avant-hier elle était là, je vous dis que sa présence illuminait tout, je vous dis que son souffle faisait naître les roses, faisait reluire les bijoux, faisait étinceler les diamants de votre imagination; je vous dis que vous l’aimez, jeune homme, et que vous avez vu la salle à travers le prisme de votre amour. Arsène n’est plus , votre cœur est mort, vos yeux sont désenchantés, et vous voyez du molleton, de l’indienne, du gros drap, des bonnets rouges, des mains sales et des cheveux crasseux. Vous voyez enfin le monde tel qu’il est, les choses telles qu’elles sont.
—Oh! mon Dieu! s’écria Hoffmann, en laissant tomber sa tête dans ses mains, tout cela est-il vrai, et suis-je donc si près de devenir fou?
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La Femme au Collier de Velours
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La Femme au Collier de Velours
La Femme au Collier de Velours
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—Oh! s’écria Hoffmann, c’est impossible. Je vous di j’ai vu une salle parfumée de fleurs, resplendissan costumes, ruisselante de diamants, et des hommes élé de ces harengères en casaquin et de ces goujats en vous dis que vous aviez des boucles de diamants à vo bagues en diamants à vos doigts, une tête de mort e
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—Et moi, jeune homme, à mon tour, je vous dis, repr homme noir, je vous dis qu’avant-hier elle était là présence illuminait tout, je vous dis que son souff roses, faisait reluire les bijoux, faisait étincele imagination; je vous dis que vous l’aimez, jeune ho avez vu la salle à travers le prisme de votre amour là, votre cœur est mort, vos yeux sont désenchantés, et v du molleton, de l’indienne, du gros drap, des bonne mains sales et des cheveux crasseux. Vous voyez enfin qu’il est, les choses telles qu’elles sont.
—Oh! mon Dieu! s’écria Hoffmann, en laissant tomber ses mains, tout cela est-il vrai, et suis-je donc s
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Hoffmann ne sortit de cette léthargie qu’en sentant poser sur son épaule.
Il leva la tête. Tout était noir et éteint autour d lumière, lui apparaissait comme le cadavre du théât vivant. Le soldat de garde s’y promenait seul et silencieux co gardien de la mort; plus de lustres, plus d’orchest plus de bruit.
Une voix seulement qui marmottait à son oreille:
—Mais, citoyen, mais, citoyen, que faites-vous donc? vous êt l’Opéra, citoyen; on dort ici, c’est vrai, mais on n’y couche pas.
Hoffmann regarda enfin du côté d’où venait la voix, petite vieille qui le tirait par le collet de sa re
C’était l’ouvreuse de l’orchestre, qui, ne connaiss intentions de ce spectateur obstiné, ne voulait pas se ret l’avoir vu sortir devant elle.
Au reste, une fois tiré de son sommeil, Hoffmann ne résistance; il poussa un soupir et se leva en murmur
—Arsène!
—Ah oui! Arsène, dit la petite vieille. Arsène! vou homme, vous en êtes amoureux comme tout le monde. C grande perte pour l’Opéra, surtout pour nous autres ouvreuses
—Pour vous autres ouvreuses, demanda Hoffmann, heure rattacher à quelqu’un qui lui parlât de la danseuse est-ce une perte pour vous qu’Arsène soit ou ne soi
—Ah dame! c’est bien facile à comprendre cela: d’ab fois qu’elle dansait, elle faisait salle comble; al
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La Femme au Collier de Velours
commerce de tabourets, de chaises et de petits bancs; à l’Opéra, tout se paye. On payait les petits bancs, les chaises et les tabourets de supplément, c’étaient nos petits profits. Je dis petits profits, ajouta la vieille d’un air malin, parce qu’à té de ceux-là, citoyen, vous comprenez, il y avait les grands.
—Les grands profits?
—Oui.
Et la vieille cligna de l’œil.
—Et quels étaient les grands profits? voyons, ma bonne femme.
Les grands profits venaient de ceux qui demandaient des renseignements sur elle, qui voulaient savoir son adresse, qui lui faisaient passer des billets. Il y avait prix pour tout, vous comprenez; tant pour les renseignements, tant pour ladresse, tant pour le poulet; on faisait son petit commerce, enfin, et l’on vivait honnêtement.
Et la vieille poussa un soupir qui, sans désavantage, pouvait être comparé au soupir poussé par Hoffmann au commencement du dialogue que nous venons de rapporter.
—Ah! ah! fit Hoffmann, vous vous chargiez de donner des renseignements, d’indiquer l’adresse, de remettre les billets; vous en chargez-vous toujours?
—Hélas, monsieur, les renseignements que je vous donnerais vous seraient inutiles maintenant; personne ne sait plus l’adresse d’Arne, et le billet que vous me donneriez pour elle serait perdu. Si
vous voulez pour une autre? Mme Vestris, mlle Bigottini, mlle....
—Merci, ma bonne femme, merci; je ne désirais rien savoir que sur mademoiselle Arsène.
Puis, tirant un petit écu de sa poche:
—Tenez, dit Hoffmann, voilà pour la peine que vous avez prise de méveiller.
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La Femme au Collier de Velours
CHAPITRE XII
L’estaminet
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La Femme au Collier de Velours
La Femme au Collier de Velours
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Et la vieille poussa un soupir qui, sans désavantag comparé au soupir poussé par Hoffmann au commenceme dialogue que nous venons de rapporter.
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—Hélas, monsieur, les renseignements que je vous do seraient inutiles maintenant; personne ne sait plus d’Arsène, et le billet que vous me donneriez pour el vous voulez pour une autre? Mme Vestris, mlle Bigottini,
—Merci, ma bonne femme, merci; je ne désirais rien mademoiselle Arsène.
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Et, prenant congé de la vieille, il reprit d’un pas avec l’intention de suivre le même chemin qu’il avait s surveille, l’instinct qui l’avait guidé pour venir
Seulement, ses impressions étaient bien différentes ressentait de la différence de ces impressions.
L’autre soir, sa marche était celle d’un homme qui l’Espérance et qui court après elle, sans réfléchir donné ses longues ailes d’azur pour que les hommes jamais. Il avait la bouche ouverte et haletante, le étendus; cette fois, au contraire, il marchait lent l’homme qui, après l’avoir poursuivie inutilement, de vue; sa bouche était serrée, son front abattu, s L’autre fois il avait mis cinq minutes à peine pour Saint-Martin à la rue Montmartre; cette fois il mit et plus d’une heure encore pour aller de la rue Montmar hôtel; car, dans l’espèce d’abattement où il était t importait de rentrer tôt ou tard, peu lui importait rentrer du tout.
On dit qu’il y a un Dieu pour les ivrognes et les amo là, sans doute, veillait sur Hoffmann. Il lui fit é lui fit trouver les quais, puis les ponts, puis son grand scandale de son hôtesse, à une heure et demie
Cependant, au milieu de tout cela, une petite lueur fond de l’imagination d’Hoffmann, comme un feu foll Le médecin lui avait dit, si toutefois ce médecin e pas son imagination, une hallucination de son espri avait dit qu’Arsène avait été enlevée au théâtre pa attendu que cet amant avait été jaloux d’un jeune ho l’orchestre, avec lequel Arsène avait échangé de trop te regards.
Ce médecin avait ajouté, en outre, que ce qui avait du tyran à son comble, c’est que ce même jeune homme embusqué en face de la porte de sortie des artistes; jeune homme avait couru en désespéré derrière la voiture jeune homme qui avait échangé de l’orchestre des regards passionnés avec Arsène, c’était lui, Hoffmann; or, c qui s’était embusqué à la porte de sortie des artis
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lui, Hoffmann. Donc Arsène l’avait remarq, puisqu’elle payait la peine de sa distraction; donc Arne souffrait pour lui; il était entré dans la vie de la belle danseuse par la porte de la douleur, mais il y était entré, cétait le principal; à lui de sy maintenir. Mais comment? par quel moyen? par quelle voie correspondre avec Arsène, lui donner de ses nouvelles, lui dire qu’il l’aimait? C’eût été une grande tâche pour un Parisien pur sang, que de retrouver cette belle Arsène perdue dans cette immense ville. C’était une tâche impossible pour Hoffmann, arrivé depuis trois jours et ayant grand-peine à se retrouver lui-même.
Hoffmann ne se donna donc même pas la peine de chercher; il comprenait que le hasard seul pouvait venir à son aide. Tous les deux jours, il regardait l’affiche de l’Opéra, et tous les deux jours il avait la douleur de voir que Paris rendait son jugement en l’absence de celle qui méritait la pomme bien autrement que Vénus.
Dès lors il ne songea pas à aller à l’Opéra.
Un instant il eut bien lidée d’aller soit à la Convention, soit aux Cordeliers, de s’attacher aux pas de Danton et, en l’épiant jour et nuit, de deviner il avait caché la belle danseuse. Il alla même à la Convention, il alla même aux Cordeliers; mais Danton n’y était plus; las de la lutte qu’il soutenait depuis deux ans, vaincu par l’ennui bien plus que par la supériorité, Danton paraissait s’être retiré de l’arène politique.
Danton, disait-on, était à sa maison de campagne. était cette maison de campagne? on n’en savait rien; les uns disaient à Rueil, les autres à Auteuil.
Danton était aussi introuvable qu’Arsène.
On eût cru peut-être que cette absence d’Arne eût ramener Hoffmann à Antonia; mais, chose étrange! il n’en était rien. Hoffmann avait beau faire tous ses efforts pour ramener son esprit à la pauvre fille du chef d’orchestre de Mannheim: un instant, par la puissance de sa volonté, tous ses souvenirs se concentraient sur le cabinet de maître Gottlieb Murr; mais, au bout d’un moment, partitions entassées sur les tables et sur les pianos, maître Gottlieb trépignant devant son pupitre, Antonia couchée sur son canapé, tout cela disparaissait pour faire place à un grand cadre éclairé, dans
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La Femme au Collier de Velours
lent le boulevard,
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La Femme au Collier de Velours
La Femme au Collier de Velours
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Hoffmann ne se donna donc même pas la peine de cher comprenait que le hasard seul pouvait venir à son a deux jours, il regardait l’affiche de l’Opéra, et t avait la douleur de voir que Paris rendait son juge de celle qui méritait la pomme bien autrement que V
Dès lors il ne songea pas à aller à l’Opéra.
Un instant il eut bien l’idée d’aller soit à la Con Cordeliers, de s’attacher aux pas de Danton et, en l’é nuit, de deviner où il avait caché la belle danseus Convention, il alla même aux Cordeliers; mais Danto las de la lutte qu’il soutenait depuis deux ans, va bien plus que par la supériorité, Danton paraissait l’arène politique.
Danton, disait-on, était à sa maison de campagne. O maison de campagne? on n’en savait rien; les uns di autres à Auteuil.
Danton était aussi introuvable qu’Arsène.
On eût cru peut-être que cette absence d’Arsène eût Hoffmann à Antonia; mais, chose étrange! il n’en ét Hoffmann avait beau faire tous ses efforts pour ram la pauvre fille du chef d’orchestre de Mannheim: un puissance de sa volonté, tous ses souvenirs se conc cabinet de maître Gottlieb Murr; mais, au bout d’un partitions entassées sur les tables et sur les pian trépignant devant son pupitre, Antonia couchée sur s cela disparaissait pour faire place à un grand cadr
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lequel se mouvaient d’abord des ombres; puis ces ombres prenaie du corps, puis ces corps affectaient des formes myth enfin toutes ces formes mythologiques, tous ces héros, tout nymphes, tous ces dieux, tous ces demi-dieux disparaissaient pour faire place à une seule déesse, à la déesse des jardins, à l c’est-à-dire à la divine Arsène, à la femme au coll l’agrafe de diamants; alors Hoffmann tombait non pl rêverie, mais dans une extase dont il ne venait à s rejetant dans la vie réelle, qu’en coudoyant les pa qu’en se roulant enfin dans la foule et dans le bru
Lorsque cette hallucination, à laquelle Hoffmann ét devenait trop forte, il sortait donc, se laissait a prenait le Pont-Neuf, et ne s’arrêtait presque jamais rue de la Monnaie. Là, Hoffmann avait trouvé un est vous des plus rudes fumeurs de la capitale. Là, Hoffmann po croire dans quelque taverne anglaise, dans quelque hollandais ou dans quelque table d’hôte allemande, la pipe y faisait une atmosphère impossible à respi que pour un fumeur de première classe.
Une fois entré dans l’estaminet de la Fraternité, H une petite table sise à l’angle le plus enfoncé, dema bouteille de bière de la brasserie de M. Santerre, qui démettre, en faveur de M. Henriot, de son grade de général garde nationale de Paris, chargeait jusqu’à la gueule cette immens pipe que nous connaissons déjà, et s’enveloppait en instants d’un nuage de fumée aussi épais que celui Vénus enveloppait son fils Énée, chaque fois que la jugeait urgent d’arracher son fils bien-aimé à la c ennemis.
Huit ou dix jours étaient écoulés depuis l’aventure l’Opéra, et, par conséquent, depuis la disparition danseuse; il était une heure de l’après-midi; Hoffmann, depuis une demi-heure, à peu près, se trouvait dans son estamine de toute la force de ses poumons, à établir autour enceinte de fumée qui le séparait de ses voisins, qua dans la vapeur, distinguer comme une forme humaine, dominant tous les bruits, entendre le double bruit et du tambourinement habituel au petit homme noir; d milieu de cette vapeur, il lui semblait qu’un point dégageait des étincelles; il rouvrit ses yeux à demi fe
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La Femme au Collier de Velours
douce somnolence, écarta ses paupières avec peine, et, en face de lui, assis sur un tabouret, il reconnut son voisin de l’Opéra, et cela d’autant mieux que le fantastique docteur avait, ou plutôt semblait avoir, ses boucles en diamants à ses souliers, ses bagues en diamants à ses doigts et sa tête de mort sur sa tabatière.
—Bon, dit Hoffmann, voilà que je redeviens fou.
Et il ferma rapidement les yeux.
Mais, les yeux une fois fermés, plus ils le furent hermétiquement, plus Hoffmann entendit, et le petit accompagnement de chant, et le petit tambourinement des doigts; le tout de la façon la plus distincte, si distincte qu’Hoffmann comprit quil y avait un fond de réalité dans tout cela, et que la différence était du plus au moins. Voilà tout.
Il rouvrit donc un œil, puis l’autre; le petit homme noir était toujours à sa place.
—Bonjour, jeune homme, dit-il à Hoffmann; vous dormez, je crois; prenez une prise, cela vous réveillera.
Et, ouvrant sa tabatière, il offrit du tabac au jeune homme.
Celui-ci, machinalement, étendit la main, prit une prise et l’aspira.
À l’instant me, il lui sembla que les parois de son esprit s’éclairaient.
Ah! s’écria Hoffmann! c’est vous, cher docteur? que je suis aise de vous revoir!
—Si vous êtes aise de me revoir, demanda le docteur, pourquoi ne m’avez-vous pas cherché?
—Est-ce que je savais votre adresse?
Oh! la belle affaire! au premier cimetière venu on vous l’eût donnée.
Est-ce que je savais votre nom?

La Femme au Collier de Velours
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La Femme au Collier de Velours
La Femme au Collier de Velours
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—Bon, dit Hoffmann, voilà que je redeviens fou.
Et il ferma rapidement les yeux.
Mais, les yeux une fois fermés, plus ils le furent plus Hoffmann entendit, et le petit accompagnement petit tambourinement des doigts; le tout de la faço si distincte qu’Hoffmann comprit qu’il y avait un f dans tout cela, et que la différence était du plus au
Il rouvrit donc un œil, puis l’autre; le petit homm à sa place.
—Bonjour, jeune homme, dit-il à Hoffmann; vous dorme prenez une prise, cela vous réveillera.
Et, ouvrant sa tabatière, il offrit du tabac au jeu
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À l’instant même, il lui sembla que les parois de s s’éclairaient.
—Ah! s’écria Hoffmann! c’est vous, cher docteur? que vous revoir!
—Si vous êtes aise de me revoir, demanda le docteur, pourquoi ne m’avez-vous pas cherché?
—Est-ce que je savais votre adresse?
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—Est-ce que je savais votre nom?
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—Le docteur à la tête de mort, tout le monde me con nom-là. Puis il y avait un endroit où vous étiez to trouver.
—Où cela? À l’Opéra, dit Hoffmann en secouant la tê poussant un soupir.
—Oui, vous n’y retournez plus?
—Je n’y retourne plus, non.
—Depuis que ce n’est plus Arsène qui remplit le rôl
—Vous l’avez dit, et tant que ce ne sera pas elle, je pas.
—Vous l’aimez, jeune homme, vous l’aimez.
—Je ne sais pas si la maladie que j’éprouve s’appelle de l’amour, mais je sais que si je ne la revois pas, ou je mour ou je deviendrai fou.
—Peste! il ne faut pas devenir fou! peste! il ne fa folie il y a peu de remède, à la mort il n’y en a p
—Que faut-il faire alors?
—Dame! il faut la revoir.
—Comment cela, la revoir?
—Sans doute!
—Avez-vous un moyen?
—Peut-être.
—Lequel?
—Attendez.
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La Femme au Collier de Velours
Et le docteur se mit à rêver en clignotant des yeux et en tambourinant sur sa tabatière.
Puis, après un instant, rouvrant les yeux et laissant ses doigts suspendus sur l’ébène:
—Vous êtes peintre, m’avez-vous dit?
—Oui, peintre, musicien, poète.
—Nous n’avons besoin que de la peinture pour le moment.
—Eh bien!
—Eh bien! Arsène m’a charde lui chercher un peintre.
—Pour quoi faire?
Pourquoi cherche-t-on un peintre, pardieu! pour lui faire son portrait.
—Le portrait d’Arsène! s’écria Hoffmann en se levant, oh! me voilà! me voilà!
Chut! pensez donc que je suis un homme grave.
—Vous êtes mon sauveur! s’écria Hoffmann en jetant ses bras autour du cou du petit homme noir.
—Jeunesse, jeunesse! murmura celui-ci en accompagnant ces deux mots du même rire dont t ricané sa tête de mort si elle t été de grandeur naturelle.
—Allons! allons! répétait Hoffmann.
—Mais il vous faut une boîte à couleurs, des pinceaux, une toile.
—J’ai tout cela chez moi, allons!
—Allons! dit le docteur. Et tous deux sortirent de l’estaminet.
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La Femme au Collier de Velours
ujours sûr de me
e de Flore?
n’y retournerai
rai de son absence,
ut pas mourir! À la
as du tout.
naît sous ce
te et en