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Cyrano de Bergerac

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DE GUICHE, se relevant d’un bond.
Çà, voyons, je suis ivre !…
Cette voix ?
(La porte de la maison s’ouvre, des laquais paraissent portant des candélabres allumés. Lumière. Cyrano ôte son chapeau au bord abaissé.)
Et ce nez !… Cyrano ?
CYRANO, saluant.
Cyrano.
– Ils viennent à l’instant d’échanger leur anneau.
DE GUICHE.
Qui cela ?
(Il se retourne. – Tableau. Derrière les laquais, Roxane et Chris­tian se tiennent par la main. Le capucin les suit en souriant. Rague­neau élève aussi un flambeau. La duègne ferme la marche, ahurie, en petit saut de lit.)
Ciel !
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– 241 –
Scène XIV
Les mêmes, Roxane, Christian, le capucin, Ragueneau, laquais, la
duègne.
DE GUICHE, à Roxane.
Vous !
(Reconnaissant Christian avec stupeur.)
Lui ?
(Saluant Roxane avec admiration.)
Vous êtes des plus fines !
(À Cyrano.)
Mes compliments, Monsieur l’inventeur des machines. Votre récit eût fait s’arrêter au portail Du paradis, un saint ! Notez-en le détail, Car vraiment cela peut resservir dans un livre !
CYRANO, s’inclinant.
Monsieur, c’est un conseil que je m’engage à suivre.
LE CAPUCIN, montrant les amants à De Guiche et hochant avec sa-
tisfaction sa grande barbe blanche.
Un beau couple, mon fils, réuni là par vous !
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DE GUICHE, le regardant d’un œil glacé.
Oui.
(À Roxane.)
Veuillez dire adieu, Madame, à votre époux.
ROXANE.
Comment ?
DE GUICHE, à Christian.
Le régiment déjà se met en route.
Joignez-le !
ROXANE.
Pour aller à la guerre ?
DE GUICHE.
ROXANE.
Mais, Monsieur, les cadets n’y vont pas !
DE GUICHE.
(Tirant le papier qu’il avait mis dans sa poche.)
Voici l’ordre.
Sans doute !
Ils iront.
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(À Christian.)
Courez le porter, vous, baron.
ROXANE, se jetant dans les bras de Christian.
Christian !
DE GUICHE, ricanant, à Cyrano.
La nuit de noce est encore lointaine !
CYRANO, à part.
Dire qu’il croit me faire énormément de peine !
CHRISTIAN, à Roxane.
Oh ! tes lèvres encor !
CYRANO.
Allons, voyons, assez !
CHRISTIAN, continuant à embrasser Roxane.
C’est dur de la quitter… Tu ne sais pas…
CYRANO, cherchant à l’entraîner.
(On entend au loin des tambours qui battent une marche.)
Je sais.
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DE GUICHE, qui est remonté au fond.
Le régiment qui part !
ROXANE, à Cyrano, en retenant Christian qu’il essaye toujours
d’entraîner.
Oh !… je vous le confie ! Promettez-moi que rien ne va mettre sa vie En danger !
CYRANO.
J’essaierai… mais ne peux cependant
Promettre…
ROXANE, même jeu.
Promettez qu’il sera très prudent !
CYRANO.
Oui, je tâcherai, mais…
ROXANE, même jeu.
Qu’à ce siège terrible
Il n’aura jamais froid !
CYRANO.
Je ferai mon possible.
Mais…
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ROXANE, même jeu.
Qu’il sera fidèle !
ROXANE, même jeu.
Qu’il m’écrira souvent !
CYRANO, s’arrêtant.
CYRANO.
Eh oui ! sans doute, mais…
Ça, – je vous le promets !
RIDEAU.
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QUATRIÈME ACTE
LES CADETS DE GASCOGNE.
Le poste qu’occupe la compagnie de Carbon de Castel-Jaloux au
siège d’Arras.
Au fond, talus traversant toute la scène. Au delà s’aperçoit un horizon de plaine : le pays couvert de travaux de siège. Les murs d’Arras et la silhouette de ses toits sur le ciel, très loin.
Tentes ; armes éparses ; tambours, etc. – Le jour va se lever. Jaune Orient. – Sentinelles espacées. Feux.
Roulés dans leurs manteaux, les Cadets de Gascogne dorment. Carbon de Castel-Jaloux et Le Bret veillent. Ils sont très pâles et très maigris. Christian dort, parmi les autres, dans sa cape, au premier plan, le visage éclairé par un feu. Silence.
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Scène I
Christian, Carbon de Castel-Jaloux, Le Bret, les cadets, puis Cyrano.
LE BRET.
C’est affreux !
CARBON.
Oui. Plus rien.
LE BRET.
Mordious !
CARBON, lui faisant signe de parler plus bas.
Jure en sourdine !
Tu vas les réveiller.
(Aux cadets.)
Chut ! Dormez !
(À Le Bret.)
Qui dort dîne !
LE BRET.
Quand on a l’insomnie on trouve que c’est peu !
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Quelle famine !
(On entend au loin quelques coups de feu.)
CARBON.
Ah ! maugrébis des coups de feu !…
Ils vont me réveiller mes enfants !
(Aux cadets qui lèvent la tête.)
Dormez !
(On se recouche. Nouveaux coups de feu plus rapprochés.)
UN CADET, s’agitant.
Diantre !
Encore ?
CARBON.
Ce n’est rien ! C’est Cyrano qui rentre !
(Les têtes qui s’étaient relevées se recouchent.)
UNE SENTINELLE, au dehors.
Ventrebieu ! qui va là ?
LA VOIX DE CYRANO.
Bergerac !
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