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Ma future profession traducteur-inteprète (Моя будущая профессия переводчик). Учебное пособие для студентов филологического профиля

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Interprète en langue des signes : son rôle

L'interprète en langue des signes crée un lien entre deux communautés. Il se prépare, respecte les règles de l'interprétation et traduit avec précision et clarté. Il comprend aussi les nuances et réagit rapidement et de manière appropriée.

Les tâches quotidiennes de l'interprète en langue des signes Les missions principales :

ξInterpréter des communications orales et traduire des documents écrits.

ξRéaliser une étude documentaire sur le sujet traité.

ξDiriger une équipe.

Les missions secondaires :

ξRédiger des rapports et des comptes-rendus.

ξParticiper à des réunions et des conférences.

ξAssurer le suivi des projets.

ξRépondre aux demandes des clients.

ξFournir des conseils et des recommandations.

ξÉlaborer des stratégies et des plans d'action.

Quelles qualités font un bon interprète en langue des signes ?

ξBon niveau en français

ξConcentration et clarté

ξAdaptation et déontologie

Les lieux d'exercice de ce métier

L'interprète en langue des signes peut exercer sa profession dans des lieux variés, tels que des écoles, des entreprises, des cabinets médicaux, des structures spécialisées ou encore à la télévision. Il peut se déplacer pour répondre à des missions qui peuvent varier d'un jour à l'autre. Il doit respecter un code déontologique et s'adapter aux horaires des interlocuteurs. Son travail est physique et nécessite une grande concentration. Dans un contexte de conférence, il travaille en binôme et, dans des situations moins formelles, seul, mais jamais plus de 3 heures consécutives avec des pauses toutes les 50 minutes.

Devenir interprète en langue des signes : quelles sont les études nécessaires?

L'interprète en langue des signes est un métier accessible avec un Master en langues étrangères ou traduction spécialisée. Une formation spécifique est nécessaire : un diplôme d'interprète en Langue des Signes Française (LSF). Une

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licence professionnelle de Langue française Parlée Complétée (LPC) est requise pour le codeur LPC. Les traducteurs experts judiciaires sont nommés par les autorités judiciaires.

D’après « 20 minutes » https://www.20minutes.fr/vie-pro/metiers/edition-lettre-langue/557725- interprete-en-langue-de-signe

20. Lisez, traduisez et commentez cet article :

Traducteur technique ou Traductrice technique

Le traducteur technique est chargé de traduire les notices des appareils quotidiens depuis une langue étrangère vers le français. Il doit être attentif, empathique, rigoureux et précis, et s'adapter aux changements.

Traducteur technique : quel est son rôle ?

Le traducteur technique traduit les notices et maîtrise un vocabulaire technique. Il se documente également pour s'assurer de la précision des traductions.

Quelles sont les missions du traducteur technique ?

Les missions principales :

ξInterpréter des communications orales et traduire des documents écrits.

ξRéaliser une étude documentaire sur le sujet traité.

ξDiriger une équipe.

Les missions secondaires :

ξRédiger des rapports et des comptes-rendus.

ξParticiper à des réunions et des conférences.

ξAssurer le suivi des projets.

ξRépondre aux demandes des clients.

ξFournir des conseils et des recommandations.

ξÉlaborer des stratégies et des plans d'action.

Quelles sont les principales qualités d'un traducteur technique fiable ?

ξAvoir une double compétence

ξSavoir manier l'informatique

ξSavoir rédiger

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Où travaille le traducteur technique ?

Les traducteurs techniques peuvent exercer leur profession en tant que travailleurs indépendants ou salariés. Les indépendants facturent leurs services à des entreprises clientes, tandis que les salariés peuvent trouver des postes dans des grands groupes industriels, des multinationales, des organismes internationaux, des administrations publiques ou des agences spécialisées en traduction. Dans tous les cas, le travail se fait généralement à partir d'un bureau, et le traducteur est considéré comme un sédentaire.

Quelles études sont nécessaires pour devenir traducteur technique ?

Le traducteur technique est accessible avec un Master en langues étrangères ou traduction spécialisée. Un diplôme d'interprète en Langue des Signes Française est requis pour l'interprétation. Une licence professionnelle de Langue française Parlée Complétée est nécessaire pour le codeur LPC. Les traducteurs experts judiciaires sont nommés par les autorités judiciaires.

D’après « 20 minutes » https://www.20minutes.fr/vie-pro/metiers/edition-lettre-langue/657905- traducteur-technique-traductrice-technique

21. Ce métier est apparu récemment. Cherchez des renseignements pour en savoir plus :

Le traducteur terminologue

Le traducteur terminologue définit la politique linguistique de l’unité et met en œuvre tout moyen, action, réseau visant à apporter une assistance appropriée aux besoins de publication et de communication multilingues.

Activités essentielles:

9Concevoir et mettre en œuvre les méthodes de travail en traduction et terminologie.

9Organiser, coordonner et suivre le travail d’une équipe de traducteurs terminologues.

9Définir et proposer des projets de terminologie.

9Choisir et adapter les outils de gestion de données terminologiques.

9Définir les modalités de collaboration avec la sous-traitance.

9Contrôler la qualité des traductions et des travaux terminologiques réalisés en interne ou par des sous-traitants.

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9Intégrer et adapter les outils d’aide à la traduction.

9Développer et animer des partenariats avec des réseaux nationaux et internationaux.

9Valoriser les travaux terminologiques par l’enseignement, des publications, des bases de données.

9Gérer éventuellement le budget de l’équipe.

Compétences :

9Maîtriser les techniques de traduction et de terminologie.

9Maîtriser parfaitement une ou deux langues étrangères.

9Savoir analyser les besoins en matière multilingue et concevoir les moyens à mettre en œuvre pour y répondre.

9Savoir analyser la faisabilité d’un projet de dans le domaine de la terminologie.

9Connaître l’outil bureautique et avoir une pratique experte de différents logiciels.

9Avoir des connaissances générales sur les technologies de l’information.

22.Sujets à développer :

1.Précisez les différences entre la traduction et l’interprétation.

2.On date le grand essor de l’interprétation et de la traduction du procès de Nuremberg.

3.Quelles sont aujourd’hui les tendences lourdes de la traduction ?

4.Le 30 septembre est la Journée internationale de la traduction.

5.Le rôle de la traduction dans la préservation des cultures et des langues du

monde.

23.Elaborez les sujets :

Compétences et Qualités :

1. Les qualités essentielles pour devenir un bon traducteur ou interprète. Développez en expliquant pourquoi des qualités comme la rigueur, la curiosité et une excellente expression dans sa langue maternelle sont indispensables.

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2.Traducteur vs Interprète : quelles sont les principales différences ? Comparez ces deux métiers en termes de conditions de travail, de compétences requises et de processus de travail.

3.La traduction, un art ou une science ? Discutez de cet aspect : d'un côté, la maîtrise technique et les outils, de l'autre, la créativité et la sensibilité linguistique.

4.L'importance de la culture générale dans le métier de traducteur. Expliquez pourquoi un traducteur doit avoir de vastes connaissances au-delà de la maîtrise des langues.

Défis et Spécialisations :

1.Les principaux défis de la traduction littéraire. Parlez des difficultés comme traduire le style, les jeux de mots, les références culturelles et faire passer l'âme d'une œuvre.

2.L'interprétation en direct : un métier sous pression. Développez sur le stress, la nécessité d'une concentration extrême et la responsabilité de ne pas pouvoir se corriger.

3.Pourquoi se spécialiser est-il crucial pour un traducteur ? Argumentez sur l'importance de choisir un domaine (médical, juridique, technique) pour offrir un travail de qualité.

4.Traduire les expressions idiomatiques : mission impossible ? Explorez les difficultés posées par ces expressions et les stratégies pour les résoudre (équivalence, adaptation, explication).

5.L'éthique du traducteur et de l'interprète : secret professionnel et neutralité. Discutez de la déontologie du métier : respect du message original, confidentialité et impartialité.

Outils et Évolution du Métier :

1.Les outils d'aide à la traduction (TAO) sont-ils des amis ou des ennemis du traducteur ? Analysez les avantages (gain de temps, cohérence) et les limites (risque de déshumanisation) de ces logiciels.

2.L'impact de l'intelligence artificielle sur le métier de traducteur. Réfléchissez à la manière dont l'IA change la profession et comment les traducteurs peuvent s'adapter.

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3.Le travail du traducteur à l'ère d'Internet. Parlez des nouvelles opportunités (travail à distance, plateformes en ligne) et des nouveaux défis (concurrence mondiale, tarifs).

4.La traduction audiovisuelle : sous-titrage et doublage. Présentez les spécificités de ce domaine qui allie traduction, technique et contraintes de temps et d'espace.

Parcours et Marché :

1.Quel parcours faut-il suivre pour devenir interprète ou traducteur ? Décrivez les formations possibles (universités, écoles spécialisées) et l'importance de l'expérience pratique.

2.Travailler comme interprète dans les organisations internationales. Décrivez ce milieu exigeant, les conditions de travail et le profil nécessaire pour y réussir.

3.Le marché du travail pour les traducteurs indépendants : comment se faire une place ? Donnez des conseils pour démarrer : se constituer un réseau, se spécialiser, et savoir se vendre.

4.Les avantages et les inconvénients du statut de traducteur freelance. Parlez de la liberté et de la flexibilité, mais aussi de l'instabilité financière et de la nécessité de gérer son entreprise.

Aspects Linguistiques et Sociaux :

1.La traduction, un pont entre les cultures. Développez l'idée que le traducteur n'est pas un simple technicien des mots, mais un médiateur culturel essentiel.

2.L'interprétation en milieu social ou médical : un enjeu de société. Montrez l'importance cruciale de ce travail pour l'intégration et l'accès aux soins des personnes étrangères.

3.Peut-on tout traduire ? Les limites de la traduction. Réfléchissez aux concepts intraduisibles, aux œuvres poétiques et aux barrières que même le meilleur traducteur peut rencontrer.

24. Donnez votre compréhension de ces phrases d’auteur :

1.Elié Fréron : Les traducteurs sont comme les peintres de portraits; ils peuvent embellir la copie, mais elle doit toujours ressembler à l'original.

2.George Borrow : La traduction est, au mieux, un écho.

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3.Edmond Jaloux : Les traductions sont comme les femmes: quand elles sont belles, elles ne sont pas fidèles; et quand elles sont fidèles, elles ne sont pas belles.

4.Jorge Luis Borges : L'original est infidèle à la traduction.

5.Umberto Eco : Traduire, c'est dire presque la même chose.

6.Friedrich Schleiermacher : Soit l'on laisse l'auteur en paix le plus possible et l'on fait venir le lecteur à lui, soit l'on laisse le lecteur en paix le plus possible et l'on fait venir l'auteur à lui.

7.Antoine Berman : La traduction est l'épreuve de l'étranger.

8.George Steiner : Sans la traduction, nous habiterions des provinces bordant le silence.

9.Milan Kundera : Le traducteur est le seul lecteur intime d'un livre, car il le lit avec une lenteur prodigieuse, en s'arrêtant sur chaque mot.

10.Samuel Beckett : Traduire, c'est s'installer dans une autre personne.

11.Gregory Rabassa : On ne traduit pas des mots, on traduit une culture.

12.Robert Frost : La poésie est ce qui se perd dans la traduction.

13.Italo Calvino : Traduire est la façon la plus intense de lire.

14.Yevgeny Yevtushenko : La traduction est comme le café. Même de la meilleure qualité, si elle est étirée trop loin, elle devient faible.

15.Lydia Davis : Une bonne traduction est comme un verre transparent. Vous devriez à peine remarquer qu'il est là.

16.José Saramago : Les écrivains font la littérature nationale, et les traducteurs font la littérature universelle.

17.Tahar Ben Jelloun : Traduire, c'est trahir un peu, mais c'est surtout aimer beaucoup.

18.Victor Hugo : Lorsque vous offrez un livre à un peuple, ce livre, vous le lui donnez dans sa propre langue, ou vous ne le lui donnez pas. S'il ne le comprend pas, à quoi bon le lui offrir ? La traduction est la seule voie.

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Unité III

25. Faites la traduction du texte et comparez avec la traduction officielle. Quelles transformations se produisent lors de la traduction ?

Traduisez ce texte en russe: Pierre Lemaitre, AU REVOIR LA-HAUT

Il s'arrête un instant sur ce triste constat : les Boches, depuis plus de quatre ans qu'ils essayent, n'ont pas réussi à le tuer et c'est un officier français qui va le faire.

Merde.

Albert s'agenouille et ouvre son sac. Il sort tout, pose son quart entre ses jambes; il va étendre sa capote contre la paroi glissante, planter dans la terre tout ce qu'il a sous la main pour servir de crampon, il se tourne et c'est exactement à ce moment-là que l'obus se fait entendre quelques dizaines de mètres au-dessus de lui. Soudain inquiet, Albert lève la tête. Depuis quatre ans, il a appris à distinguer les obus de soixante-quinze des quatre-vingt-quinze, les cent cinq des cent vingt... Sur celui-là, il hésite. Ce doit être à cause de la profondeur du trou, ou de la distance, il s'annonce par un bruit étrange, comme nouveau, à la fois plus sourd et plus feutré que les autres, un ronflement amorti, qui se termine en une vrille surpuissante. Le cerveau d'Albert a juste le temps de s'interroger. La détonation est incommensurable. Prise d'une convulsion foudroyante, la terre s'ébranle et pousse un grondement massif et lugubre avant de se soulever. Un volcan. Déséquilibré par la secousse, surpris aussi, Albert regarde en l'air parce que tout s'est obscurci d'un coup. Et là, à la place du ciel, une dizaine de mètres au-dessus de lui, il voit se dérouler, presque au ralenti, une immense vague de terre brune dont la crête mouvante et sinueuse ploie lentement dans sa direction et s'apprête à descendre vers lui pour l'enlacer. Une pluie claire, presque paresseuse, de cailloux, de mottes de terre, de débris de toutes sortes annonce son arrivée imminente. Albert se recroqueville et bloque sa respiration. Ce n'est pas du tout ce qu'il faudrait faire, au contraire, il faut se mettre en extension, tous les morts ensevelis vous le diront. Il y a ensuite deux ou trois secondes suspendues pendant lesquelles Albert fixe le rideau de terre qui flotte dans le ciel et semble hésiter sur le moment et le lieu de sa chute.

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Dans un instant, cette nappe va s'écraser sur lui et le recouvrir.

En temps normal, Albert ressemble assez, pour faire image, à un portrait du Tintoret. Il a toujours eu des traits douloureux, avec une bouche très dessinée, un menton en galoche et de larges cernes que soulignent des sourcils arqués et d'un noir profond. Mais à cet instant, comme il a le regard tourné vers le del et qu'il voit la mort approcher, il ressemble plutôt à un saint Sébastien. Ses traits se sont brusquement tirés, tout son visage est plissé par la douleur, par la peur, dans une sorte de supplique d'autant plus inutile que de son vivant Albert n'a jamais cru à rien et ça n'est pas avec la poisse qui lui arrive qu'il va se mettre à croire en quelque chose. Même s'il en avait le temps.

Dans un formidable craquement, la nappe s'abat sur lui. On aurait pu s'attendre à un choc qui l'aurait tué tout net, Albert serait mort et voilà tout. Ce qui se passe est pire. Les cailloux et les pierres continuent de lui tomber dessus en grêle puis la terre arrive, d'abord couvrante et de plus en plus lourde. Le corps d'Albert est collé au sol.

Progressivement, à mesure que la terre s'entasse au-dessus de lui, il est immobilisé, compressé, comprimé.

La lumière s'éteint. Tout s'arrête.

Un nouvel ordre du monde s'installe, un monde où il n'y aura plus de Cécile. La première chose qui le frappe, juste avant la panique, c'est la cessation du bruit de la guerre. Comme si tout s'était tu brusquement, que Dieu avait sifflé la

fin de la partie. Bien sûr, s'il y prêtait un peu attention, il comprendrait que rien ne s'est arrêté, que le son lui arrive seulement filtré, amorti par le volume de terre qui l'enserre et le recouvre, quasiment inaudible. Mais pour le moment, Albert a bien d'autres soucis que de guetter les bruits pour savoir si la guerre continue parce que pour lui, ce qui compte, c'est qu'elle est en train de se terminer.

Dès que le fracas s'est estompé, Albert est saisi. Je suis sous la terre, se ditil; ce n'est toutefois qu'une idée assez abstraite. C'est quand il se dit, je suis enterré vivant, que la chose prend un aspect terriblement concret.

Et lorsqu'il mesure l'étendue de la catastrophe, le genre de mort qui l'attend, quand il comprend qu'il va mourir étouffé, asphyxié, Albert devient fou, instantanément, totalement fou. Dans sa tête, tout se brouille, il hurle, et, dans ce cri inutile, il gaspille le peu d'oxygène qui lui reste. Je suis enterré, se répète-t-il en boude, et son esprit s'engouffre dans cette effroyable évidence au point qu'il n'a même pas encore pensé à rouvrir les yeux. Tout ce qu'il fait, c'est tenter de

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remuer en tous sens. Tout ce qui lui reste de force, tout ce qui monte en lui de panique, se transforme en effort musculaire. Il dépense, à se débattre, une énergie incroyable. Tout ça en vain.

Et soudain, il s'arrête.

Parce qu'il vient de comprendre qu'il bouge les mains. Très peu, mais il les bouge. Il retient sa respiration. En tombant, la terre argileuse et gorgée d'eau a ménagé comme une sorte de coquille au niveau des bras, des épaules, de la nuque. Le monde dans lequel il est comme pétrifié lui a concédé quelques centimètres ici et là. En fait, il n'y a pas beaucoup de terre au-dessus de lui. Albert le sait. Quoi, quarante centimètres peut-être. Mais il est allongé dessous et cette couche est suffisante pour le paralyser, empêcher tout mouvement et le condamner.

Tout autour de lui, la terre tremble. Au-dessus, au loin, la guerre se poursuit, les obus continuent d'ébranler la terre, de la secouer.

Albert ouvre les yeux, timidement d'abord. C'est la nuit, ce n'est pas le noir complet. Des rais infinitésimaux de jour, blanchâtres, filtrent légèrement. Une lueur extrêmement pâle, à peine de la vie.

Il se contraint à respirer par petites saccades. Il écarte les coudes de quelques centimètres, parvient à étendre un peu les pieds, ça tasse la terre à l'autre bout. Avec mille précautions, luttant sans cesse contre la panique qui le gagne, il tente de dégager son visage pour respirer. Un bloc de terre cède aussitôt, comme une bulle qui éclate. Son réflexe est instantané, tous ses muscles se tendent, son corps se recroqueville. Mais rien d'autre ne se passe. Combien de temps reste-t-il ainsi, dans cet équilibre instable où l'air se raréfie lentement, à imaginer quelle mort s'approche, ce que ça va faire que d'être privé d'oxygène et de le comprendre, d'avoir les vaisseaux qui explosent un à un comme des baudruches, d'écarquiller les yeux à n'en plus pouvoir comme s'ils cherchaient à. voir l'air qui manque? Millimètre par millimètre, tandis qu'il s'efforce de respirer le moins possible, et ne pas penser, de ne pas se voir tel qu'il est, il avance la main, palpe devant lui. Il sent alors quelque chose sous ses doigts, la lueur blanchâtre bien qu'un peu plus dense, ne permet pas de distinguer ce qui l'entoure. Ses doigts touchent quelque chose de souple, pas de la terre, pas de l'argile, c'est presque soyeux, avec du grain.

Il met du temps à comprendre de quoi il s'agit.

À mesure qu'il accommode, il discerne ce qu'il a en face de lui: deux gigantesques babines d'où s'écoule un liquide visqueux, d'immenses dents jaunes, de grands yeux bleuâtres qui se dissolvent...

Une tête de cheval, énorme, repoussante, une monstruosité.

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