Ma future profession traducteur-inteprète (Моя будущая профессия переводчик). Учебное пособие для студентов филологического профиля
.pdfsouvent le Ministère de Affaires étrangères). C'est un travail intéressant, qui peut être prestigieux, mais c'est un tout petit secteur. Il y a très peu de postes permanents, car en dehors de la France, les Etats-Unis et l'Allemagne très peu de Gouvernements disposent d'un service d'interprétation professionnel, et rares sont ceux qui font appel à des free lance professionnels.
J'ai eu la grande chance, c’est vrai, de vivre en tant qu'interprète officiel des moments très intéressants. Mais j'en ai vécu tout au long de ma vie professionnelle, car l'intérêt d'une réunion, d'une rencontre, ne réside pas toujours dans le niveau hiérarchique des protagonistes, ni même dans le sujet traité. Elle est fonction, je pense, de la qualité humaine des personnes en présence, et peutêtre encore plus de la façon dont l'interprète l'aborde. On serait tenté de dire qu'une réunion est intéressante dans la mesure où l'on s'y intéresse... Bref, ce que l'on retire de l'exercice de ce métier est à l'aune de Ce que l'on y apporte.
J'espère que ces quelques lignes vous auront fait goûter la saveur dé cette profession. Et si elle est à votre goût... à vous de jouer !
Christopher THIERY
5. Lisez et traduisez ce texte. Dites ce qui est important dans le choix de cette profession ? De quoi faut-il tenir compte quand on fait son choix ?
Le Guide interprète
Le guide interprète est responsable de la conception et de la mise au point des circuits et séjours pour les catalogues de voyages. Il prépare des visites, recherche des thèmes, recueille les informations nécessaires, rédigé des textes de visites, demande des autorisations auprès de l'administration. Il conduit les visites, accueille les visiteurs sur les lieux, encadre et accompagne le groupe dans les transports et commente la visite.
Qualités requises: curiosité, mémoire, connaissances en histoire et histoire de l'art et bonne culture générale, sens pédagogique et du contact avec un groupe, résistance physique et psychologique, disponibilité, connaissance d'une ou plusieurs langues étrangères, esprit de recherche.
Le guide doit gérer de manière simultanée et efficace trois données: l'itinéraire, le timing et le commentaire. Le guide doit préparer chaque tour en étudiant le contexte de celui-ci, s'informer de manière rigoureuse. Il doit effectuer
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un repérage qui permettra de visualiser l'itinéraire, de savoir combien de temps il dispose pour les visites choisies et de déterminer la durée du commentaire. Il doit aussi faire des recherches afin d'alimenter les commentaires et définir le type d'informations à faire passer. Les connaissances linguistiques revêtent un aspect primordial dans l'accueil et la gestion du public, c'est pourquoi la connaissance de plusieurs langues semble idéale.
Le guide-interprète peut avoir à faire visiter un musée, un monument ou un quartier, voire une région. Il doit donc préparer sa visite-conférence puis la conduire de façon différente selon l'âge du public, son niveau culturel, sa nationalité. Si le public désire une visite plus décontractée, il convient de s'adapter à la demande. En plus des connaissances culturelles, le guide doit pouvoir dispenser des informations pratiques, telles que les heures d’ouverture des magasins, ou encore les spécialités gastronomiques des restaurants locaux. Pour préparer ses conférences, le guide rassemble les informations nécessaires. Il fait des recherches d'ouvrages et de photos, interroge les spécialistes du site à visiter, rédige un texte qui servira de base à la présentation orale. Il doit également se procurer les autorisations nécessaires auprès des gestionnaires de sites et de monuments. Le guide-interprète attend le groupe de touristes, généralement sur le site même, ou à un point de ralliement fixé avec l'accompagnateur de voyage ou l'agent d'accueil s'il s'agit d'un circuit Après avoir rempli les formalités (billets d'entrée), le guide-interprète dirige le groupe et commente la visite. Il doit faire cadrer le contenu de l'exposé avec les contraintes de temps. A l'issue de la visite ou au cours de celle-ci, il faut également savoir répondre aux questions des participants, animer un débat. Dans le cas, plus rare, d'une excursion ou d'un circuit culturel, le guide-interprète aura parfois à veiller à l'organisation matérielle: hôtellerie, restauration, problèmes individuels... Il est alors guideaccompagnateur.
6. Lisez ce texte. Dites sur quoi vous n’êtes pas d’accord avec le géomètre ?
Un moment après, il (le géomètre) sortit, et nous le suivîmes. Comme il alloit assez vite, et qu il négligeoit de regarder devant lui, il fut rencontré directement par un autre homme. Ils se choquèrent rudement et, de ce coup, ils rejaillirent, chacun de leur côté, en raison réciproque de leur vitesse et de leurs masses. Quand ils forent un peu revenus de leur étourdissement, cet homme, portant la main sur le front, dit au géomètre: « Je suis bien aise que vous m’ayez
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heurté, car j'ai une grande nouvelle à vous apprendre: je viens de donner mon Horace au public. - Comment! dit le géomètre, il y a deux mille ans qu'il y est - Vous ne m'entendez pas, reprit l’autre: c’est une traduction de cet ancien auteur que je viens de mettre au jour; il y a vingt ans que je m'occupe à foire des traductions. - Quoi ! Monsieur, dit le géomètre, il y a vingt ans que vous ne pensez pas ? Vous parlez pour les autres, et ils pensent pour vous? - Monsieur, dit le savant, croyez-vous que je n aie pas rendu un grand service au public, de lui rendre la lecture des bons auteurs familière? - Je ne dis pas tout à fait cela: j'estime autant qu'un autre les sublimes génies que vous travestissez. Mais vous ne leur ressemblerez point: car, si vous traduisez toujours, on ne vous traduira jamais. Les traductions sont comme ces monnoies de cuivre qui ont bien la même valeur quune pièce d or, et même sont d’un plus grand usage pour le peuple; mais elles sont toujours foibles et de mauvais aloi. Vous voulez, dites-vous, faire renaître parmi nous ces illustres morts, et j'avoue que vous leur donnez bien un corps; mais vous ne leur rendez pas la vie; il y manque toujours un esprit pour les animer. Que ne vous appliquez-vous plutôt à la recherche de tant de belles vérités qu'un calcul facile nous foit découvrir tous les jours? »
Après ce petit conseil, ils se séparèrent, je crois, très mécontents l’un de l’autre.
D’après Montesquieu. Lettres persanes.
7. Donnez votre propre définition sur le modèle : Le bon traducteur est...
Le bon traducteur - dit Maurice Edgar Goindreau - est un caméléon. II ne doit pas avoir un style personnel ni une langue à soi. Mes amis et mes parents ont pu savoir au style des lettres que je leur écrivais que je traduisais à cette époque un roman de Faulkner ou de William Styron; mes phrases étaient compliquées lorsque j'étais plongé dans Faulkner; mon langage s'émaillait de mots crus, voire grossiers, quand, récemment, je traduisais "La Proie des flammes" de Styron.
Tous estiment aussi qu il faut connaître bien mieux sa langue maternelle - avec son élégance et sa richesse - que la langue qu'on traduit.
Évidemment, on exige en premier lieu du traducteur qu'il ne fesse pas de contresens, ce qui est beaucpup plus fréquent qu’on ne le croit. Ainsi, les Parisiens, après la Libération, mangèrent pendant plusieurs mois un pain d'un jaune insolite. Ils le durent non aux boulangers, mais à un traducteur insuffisamment familiarisé avec les américanismes. Le spécialiste chargé
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d’adresser aux forces américaines une demande d'importantes livraisons de blé employa le terme «corn», qui est exact en anglais, mais qui signifie pour les habitants des États-Unis «mais».
D'après Langenscheidt. Le Journal Français.
8. Après avoir lu ce texte dites s’il y a concurrence entre la traduction assistée par ordinateur (TAO) et les traducteurs professionnels. Quelles sont les utilisations et les limites de la traduction assistée par ordinateur ?
L'idiomatique les rendait idiots
Pourquoi les ordinateurs ont-ils tant de mal à apprendre la langues des hommes? Selon le Dr Uri Zemik, chercheur au Centre de recherche et développement de la Général Electric, «c'est parce que les ordinateurs à la différence des individus, ne retirent aucune expérience de leurs erreurs.»
Une banalité à laquelle se heurtent, malheureusement, tous les informaticiens. On ne peut imaginer élève moins doué qu'un ordinateur. Ainsi, par exemple, lorsqu'il rencontre une expression curieuse du style « enterrer la hache de guerre », un étudiant étranger devine d'emblée la nature symbolique de cette hache, mais notre cerveaumachine s'embrouille dans des histoires d'armes blanches enfouies sous terre. Mais notre Dr Zemik a réfléchi longuement à cette incapacité, qui semblait jusqu'ici congénitale, pour mettre au point un astucieux programme baptisé RINA, le premier de ce type capable de simuler le processus d'acquisition d'une langue étrangère pour permettre à un ordinateur de corriger ses erreurs d'interprétation et d'améliorer peu à peu sa connaissance d'une langue.
Le secret de RINA; un « lexique dynamique » répertoriant non seulement les mots mais aussi les expressions idiomatiques, voire des phrases entières. En plus des inévitables règles de grammaire, ce lexique est assorti d'un mode d'emploi: une série d'algorithmes - des instructions mathématiques - permettant à l'ordinateur de poser des questions lorsqu' il rencontre un terme inconnu et d'ajouter au fur et à mesure de nouvelles connaissances à son lexique. C'est à l'utilisateur humain que revient, bien sur, la longue tâche de corriger ses erreurs.
Difficile encore de savoir si ce programme miracle, qui a fait l'objet d'un rapport aux 10 Conférences internationales sur l'Intelligence artificielle, en août 1987 à Milan, bouleversera les recherches actuelles dans le domaine des interfaces en langage naturel, en d'autres termes les systèmes dispensant l'utilisateur moyen
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d'apprendre les langues de bois informatiques pour utiliser un ordinateur. Ce qui est sûr, par contre c'est que la recherche devra emprunter cette voie pour espérer sinon rendre les ordinateurs « intelligents », du moins nous rendre intelligibles pour eux.
D’après Science et Vie
9. Faites en français le résumé de ce texte:
Системы машинного перевода: «ВЧЕРА, СЕГОДНЯ, ЗАВТРА»
Оразработкеновыхспособовпереводавпервыезадумалсяанглийский изобретатель Чарльз Бэббидж, предложивший в конце 1830-х гг. проект первого в истории компьютера. Суть работы прибора состояла в использовании потенциала машинной памяти для хранения словарей. Однако воплотить в жизнь свою идею Бэббиджу так и не удалось.
Спустя сто лет, в 1947 г., директор отделения естественных наук Рокфеллеровского фонда Уоррен Уивер разработал меморандум, в котором определил задачу текстового перевода с одних языков на другие как еще одну область применения техники дешифрования. Вслед за этим последовало бурное обсуждение идеи автоматизированного перевода и теоретическая разработка первых технологий. Высказывались предположения о полной замене человекапереводчика электронными системами, многие профессиональные переводчики опасались в ближайшем будущем остаться без работы.
В1954 г. состоялся так называемый Джорджтаунский эксперимент: публике был представлен первый электронный переводчик - русскоанглийская система IBM Mark II, содержавшая словарь из 250 единиц и 6 грамматических правил.
Втечение последующих 10 лет технологии машинного перевода (далее - МП) продолжали стремительно развиваться, но вскоре стало ясно, что машина не сможет переводить тексты также безукоризненно, как человек. В 1967 г. члены комиссии Национальной академии наук США выступили с докладом, в котором говорилось о нерентабельности новой технологии, исходя из реальной ситуации с переводами в США и показателей стоимости различных способов перевода. По итогам выступления было принято решение прекратить дальнейшее
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финансирование исследований в области автоматизированного перевода, что затормозило развитие МП на долгие годы. Тем не менее, несмотря на официальный отказ от разработки переводческих технологий, первые системы перевода продолжали пользоваться популярностью в военных и научных учреждениях СССР и США.
Новый этап развития технологий машинного перевода связан с появлением вычислительной техники в конце 70-х - начале 80-х гг. XX в. Программисты отказались от идеи создания “идеальной” машиныпереводчика: новые системы разрабатывались с целью многократного увеличения скорости перевода информации, но с обязательным участием человека для достижения наилучшего качества работы.
Очередной виток исследований в 90-х гг. прошлого века связан с колоссальным прогрессом современных персональных компьютеров и появлением сети Интернет. Возможности перевода в режиме онлайн позволяют преодолеть языковой барьер и осуществлять навигацию по иностранным сайгам.
На сегодняшнем рынке IT существует две технологии автоматизированного перевода информации: машинный перевод (Machine Translation, МТ) и Translation Memory (далее - ТМ).
Программы, разработанныенаосноветехнологии Machine Translation, осуществляют связный перевод текста, используя определенные лингвистические алгоритмы. Сначала система анализирует структурные элементы исходного предложения, затем преобразует его в соответствии со структурой другого языка и синтезирует окончательный вариант. Кроме того, для повышения качества перевода программа должна уметь распознавать устойчивые выражения, а также иметь большой словарный запас. Для перевода тематических текстов обычно требуется подключение специализированных словарей. Системы с технологией Machine Translation применяются в двух случаях: когда необходимо получить черновой вариант, перевода, чтобы быстро уловить общий смысл текста; чтобы получить качественный перевод текста (для этого подключаются дополнительные настройки и требуется редактирование переведенного текста человеком).
Термин Translation Memory можно перевести как “память переводов” или “накопитель переводов”, но устоявшегося русскоязычного определения этой технологии нет. Суть системы ТМ сводится к накоплению шаблонов. Текст, который необходимо перевести, делится на сегменты (например, на
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предложения), после чего программа ищет частично или полностью совпадающие варианты перевода в базе. Чтобы начать работу с такой программой, нужно создать свой архив, самостоятельно перевести текст и занести сегменты перевода в базу. При каждом последующем переводе необходимо пополнять базу для достижения лучшего результата. Для удобства пользователей некоторые программы ТМ могут импортировать базы переводов других программ. Системы ТМ - универсальный механизм для перевода однотипных или схожих по содержанию текстов (например, юридических документов или технического описания продукта).
«Современный офис», 2016
10. Lisez cette entretien et parlez des avantages et des inconvénients du métier de traducteur littéraire :
Entretien avec Jean-Daniel Brèque, traducteur d’«Uium»
A l ’occasion de la publication de la traduction française du dernier roman de Dan Simmons, Ilium, Artelio s ’est entretenu avec son traducteur Jean-Daniel Brèque. Agréable moment pour s ’entretenir d'ilium, bien sûr, mais également du métier de traducteur, ou de littérature en général.
•Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je vais avoir cinquante ans cette année et je suis traducteur professionnel à plein temps depuis dix-huit ans. j ’ai surtout traduit des ouvrages ressortissant à la sciencefiction et au fantastique. Outre cette activité, j ’ai assisté le regretté Alain Dorémieux lors de la publication de ses anthologies Territoires de l ’inquiétude aux éditions Denoël (neuf volumes parus entre 1991 et 1996), j ’ai été rédacteur en chef adjoint de la revue Galaxies, de sa création jusqu’à l’année dernière, et directeur de la collection «Visions futures» aux éditions Imaginaires Sans Frontières, également de sa création jusqu’à l’année dernière. (L’année dernière, j ’ai décidé de recentrer mes activités...) Je suis depuis quelques années membre du jury du Grand Prix de l’Imaginaire.
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• Qu’est-ce qui vous a poussé vers la traduction ? Quel genre de métier est-ce ?
C’est par passion que je suis devenu traducteur. Passion de la SF, qui m’a amené durant les années 70 à me former à l’anglais pour lire les ouvrages inédits dans notre langue, et qui m’a conduit ensuite à collaborer bénévolement à des revues amateurs où j ’ai fait mes premières armes, notamment Crépuscule, dirigée par Richard D. Nolane.
C’est après avoir lu mes travaux de débutant que Joëlle Wintrebert, responsable à l’époque de l’anthologie annuelle Univers, m’a fait traduire des nouvelles de SF, en même temps que Nolane, qui s’était vu confier la direction d’une collection d’heroic fantasy, me faisait traduire mes premiers romans. J’ai commencé par traduire durant mes heures de loisir - j ’étais alors contrôleur des impôts! -, puis j ’ai sauté le pas en 1986, devenant traducteur à plein temps. Le métier de traducteur littéraire est un métier solitaire: on reste seul devant son clavier, à se colleter avec un texte parfois difficile. Pour gagner sa vie, il faut s’astreindre à un rythme régulier, tout en maintenant une concentration de tous les instants, nécessaire à la restitution du style de Fauteur. Outre la tenue littéraire proprement dite, le traducteur doit aussi se soucier d’exactitude, ce qui le conduit à faire de nombreuses recherches et à accumuler une abondante documentation. Ces dernières années, l’avènement de la Toile et des moteurs de recherche ont représenté pour la majorité d’entre nous une véritable révolution.
• Comment se pratique le métier de traducteur dans le quotidien, quels sont ses avantages et ses inconvénients?
Comme je l’ai dit plus haut, je dois m’astreindre à un rythme régulier, que je mesure plutôt en quantité de texte traduite qu’en heures de travail. Je me mets devant mon clavier et je traduis; de temps à autre, je lance une recherche sur la Toile, oü je consulte ma bibliothèque, ou encore je téléphone à un confrère ou à une consœur que je pense à même de me donner un coup de main. Principal avantage: on est son propre patron. Principal inconvénient: on ne voit pas grand monde...
• Vous êtes le principal traducteur de Dan Simmons, pouvez-vous nous parler de son œuvre, comment la percevez-vous personnellement ?
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Je vous corrige: Guy Abadia, qui a traduit trois des quatre romans formant les Cantos d ’Hypérion, plus les romans policiers de Simmons en cours de publication aux éditions du Rocher, a sans doute plus d’expérience que moi; mais nous avons la même ancienneté, puisque je traduisais L ’Échiquier du mal pendant qu’il achevait Hypérion.
L’œuvre de Simmons - et n’oublions pas qu’elle est loin d’être achevée » me paraît une des plus intéressantes du moment dans le domaine, pris au sens large, de l’imaginaire. D’abord parce qu’elle ne se limite pas à un seul registre - science-fiction, fantastique, suspense... - mais les explore tous. Ensuite parce que Simmons fait montre d’une grande cohérence, à la fois sur le plan des thèmes de prédilection et sur celui de la démarche littéraire.
Je pense que Gérard Klein, dans sa préface à l’édition en deux volumes des Cantos qui vient de sortir chez Robert Laffont, a bien exposé ce qui fait la particularité de Simmons: c’est quelqu’un qui joue constamment sur deux tableaux - voire davantage. Au premier degré, un récit captivant, riche en imagerie et en résonances, qui emporte l’adhésion du lecteur avant tout friand de divertissement; au second degré, des niveaux de signification souterrains qui tournent autour des grandes questions qui agitent le genre humain.
•Quelle est l ’œuvre qui vous a le plus marqué en la traduisant ?
Plutôt que «en la traduisant», je dirais «après coup»: Les Forbans de Cuba. C’est un livre qui m’a hanté durant les six mois ayant suivi sa traduction, et qui me hante encore aujourd’hui - quoique avec moins d’intensité. Je pense que c’est en le traduisant que j ’ai vraiment pris conscience des thèmes simmonsiens dont je n’avais jusque-là que l’intuition. Au quotidien, le traducteur observe les arbres de tellement près qu’il n’a parfois plus conscience de la forêt; c’est par la suite qu’il la voit. En ce qui me concerne, je suis souvent tellement près des arbres que j ’ai des bouts d’écorce qui me restent entre les dents...
• Si l ’on s ’éloigne de Simmons, quels sont vos goûts littéraires, et que lisez-vous en ce moment ?
Je lis surtout des ouvrages de SF et de fantastique, mais c’est en partie par obligation, en tant que jury du Grand Prix de l’Imaginaire - vous comprendrez que l’obligation de réserve m’interdise de citer mes enthousiasmes les plus récents. Je
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me bornerai à mentionner Lucius Shepard, dont j ’ai traduit l’année dernière un recueil à paraître prochainement chez Flammarion, un écrivain qui publie abondamment outreAtlantique après un silence de plusieurs années. Hors genre, je viens de lire dès sa parution L'avenir peut attendre, l’ultime - hélas - recueil des chroniques matutinales de Philippe Meyer, pour lequel j ’ai une grande admiration.
• Dan Simmons vous a «incarné» dans L ’Éveil d ’Endymion sous les traits de l ’archevêque Jean-Daniel Brèque, çafait quel effet?
Sur le moment, cela m’a fait très plaisir. Ce plaisir s’est teinté de sentiments plus profonds lorsque j ’ai pris conscience que les œuvres de Simmons contenaient quantité de références à des personnes réelles, souvent très proches de lui, et parfois associées à des événements dramatiques de sa vie. On sait que les protagonistes de ses romans Nuit d ’été et Les Chiens de l ’hiver sont des transpositions plus ou moins directes de ses amis d’enfance. Dale Stewart, c’est plus ou moins Dan Simmons; l’un des personnages secondaires à'Ilium, Keith Nightenhelser, est un de ses amis de la période universitaire, aujourd’hui professeur de lettres classiques et d’humanités. Je parlais plus haut de «couches souterraines» dans l’œuvre de Simmons, et en voilà une, qui n’a été que peu explorée par les critiques. Il convient certes d’être prudent et de ne pas mélanger fiction et réalité. D ’un autre côté, Dan Simmons est l’auteur d’une nouvelle intitulée Madame Bovary, c’est moi...
11. Parfois la traduction peut causer de graves ennuis. L’histoire connaît assez d’exemples de lapsus des traducteurs. Cherchez des informations sur ce sujet et repérez dans le texte suivant des informations qui puissent vous guider dans vos recherches:
Au cinéma, en passant d'une version originale à une version traduite, on a parfois de drôles de surprises.
Dans la version originale de Un Jour sans Fin, de Harold Ramis, le héros récite quelques vers en français pour impressionner la belle sur laquelle il a jeté son dévolu. Bill Murray dit: "La fille que j'aimerai, sera comme bon vin qui se bonifiera, un peu, chaque matin". L'héroïne, n’en croyant pas ses oreilles, lui dit d'un ton émerveillé: "You speak french?" Et lui de répondre: "Oui". Comment
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