Добавил:
Upload Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз: Предмет: Файл:
Le village de Coule.doc
Скачиваний:
16
Добавлен:
17.09.2019
Размер:
173.57 Кб
Скачать

Marianette arrive à Coule-Vent

Marianette et père Henri sont dans le wagon du train qui va à Coule-Vent. Le train va vite, mais Coule-Vent est loin de Paris. Marianette est très fatiguée. Elle s'endort. Sa tête est sur les genoux du grand-père. Il regarde la petite, il caresse ses cheveux.

Tout à coup la petite se réveille. Elle ouvre les yeux, regarde père Henri, lui sourit et dit:

— J'aime bien quand tu me caresses les cheveux.

— Lève-toi! Nous arrivons ...

— Nous arrivons à Coule-Vent?

— Non, nous arrivons en Avignon. Nous prendrons le car et nous serons à Coule-Vent dans une heure.

Dans le car, Marianette regarde à gauche et à droite, elle crie de joie:

— Des vaches, grand-père! Des chèvres! Des chevaux! Que de fleurs! Quels beaux arbres! Oh! la jolie maison avec son jardin! Et là-haut, grand-père, qu'est-ce que c'est que ce grand château triste?

— C'est le château de Triple-Bec.

— Qui y habite?

— Un homme qui le garde.

— Ah! Qui est le maître de ce château?

— Des messieurs de Paris, je pense ... Mais ils n'y viennent jamais.

— Dis, grand-père, est-ce que nous irons au château de Triple-Bec?

— Nous, nous n'y irons pas. On ne peut pas! Ce n'est pas pos­sible. Les fenêtres et les portes sont toujours fermées, les murs sont très hauts. C'est pourquoi on ne voit rien ni dans les jardins ni dans la cour.

— Et si on colle son њil à un trou?

— Quelle curieuse! dit grand-père Henri. Non, on ne peut rien voir, et il ne faut pas le faire, parce que deux grands chiens très méchants gardent le château.

— Pauvre gardien! Il est tout seul? Sa vie doit être triste.

— On dit qu'il a sa femme.

— On dit? On ne la voit jamais?

— Quelqu'un l'a vue.

— Lui, on le voit?

— Oui. Mais il ne parle à personne. Bonjour — bonsoir et c'est tout! Il vient au village pour prendre le car chaque semaine et il revient le soir avec des sacs de provisions. Il achète tout en Avignon.

— Personne ne va au château, alors?

— Je te l'ai dit. Personne du village n'y va. Marianétte réfléchit:

— Ce n'est pas possible! Et le facteur?

— La boîte aux lettres est à l'entrée du château.

— L'électricien?

— Il n'y a pas d'électricité.

— Le téléphone?

— Pas de téléphone.

— Mais, grand-père, c'est le château du mystère! ... Tu penses qu'il y a un mystère? C'est très intéressant! J'aime les mystères, moi!

Grand-père Henri sourit.

— Tu sais, Coule-Vent ne s'intéresse pas au château. Le gardien et sa femme y habitent depuis cinq ans. Un jour les maîtres peuvent venir pour y passer les vacances.

— Avec tous leurs enfants?

Grand-père Henri est inquiet à nouveau: on n'est pas encore à Coule-Vent et Marianétte parle déjà des enfants. Il n'y a pas d'en­fants au village! Que faire? Ah! Il est un pauvre vieil homme ... Et la chambre de la petite? Où va-t-elle jouer, faire ses devoirs, dormir? Elle qui a l'habitude des appartements parisiens avec tout le confort moderne! ... Mais tout à coup Marianétte crie:

— Grand-père, un village! Oh! un très joli village!

— Tu l'aimes?

— Oui.

— C'est Coule-Vent, Marianétte.

— Quel joli village! Un moment! Je vais trouver ta maison. Maman me l'a si souvent décrite ... Ah! La voilà! La voilà avec son toit rouge. C'est bien ta maison, dis? ... Tu vois, j'ai trouvé! ... Et cette dame qui court vers le car, je la reconnais avec son chignon et son tablier à fleurs. Maman me disait qu'elle avait toujours un tablier à fleurs.

— Cousin Henri! crie cousine Madeleine, vous avez fait bon voyage? Et la petite? ... Oh! elle est là! C'est elle! C'est bien elle avec ses jolis yeux bleus et ses cheveux blonds! ... Je suis la cousine Madeleine, ma petite! ... Oh! elle m'embrasse comme si elle me connaissait depuis toujours1. Et puis, un cadeau? Elle m'a apporté un cadeau! Merci, ma petite. Je suis très contente de ton cadeau, j'en pleure même. Cousin Henri, que vous êtes bon! Je vous embrasse aussi. Je dis toujours que vous êtes bon.

Tout le monde est content, tout le monde rit. Puis, cousine Madeleine prend la main de la petite.

— Viens voir la maison.

Marianétte est dans le jardin. Elle court d'un arbre à l'autre, elle admire les fleurs.

— Ce n'est pas tout, cousine ... Il faut la coucher, il faut lui donner à manger, il faut la soigner, parce que ... je la garde ... Ce soir, où sera sa chambre? Ce soir, restez avec nous, cousine Madelei­ne, ce sera mieux pour elle1.

— Bien sûr que je reste, cousin. Et avec joie. Ne vous inquiétez de rien. La chambre est prête pour la petite.

— La chambre de la petite? ... Mais je ne vous ai pas annoncé mon retour ...

— Alors, c'est que je vous connais bien, cousin Henri! Je savais que vous ramèneriez2 la petite à Coule-Vent.

— Merci, cousine ... J'ai ramené Marianétte, parce que je savais que je pouvais compter sur vous.

— Je vais coucher dans la chambre de maman quand elle était petite? demande Marianétte.

— Oui! Tu verras que c'est une jolie chambre! C'est la porte à gauche. Cours vite voir!

— Que c'est grand! Que c'est beau! crie Marianétte.

Grand-père Henri est devant la porte ouverte de la chambre. Il est très content. Cousine Madeleine a fait de l'ordre dans la chambre: elle a lavé le plancher et les fenêtres; le lit, l'armoire et les fauteuils brillent, aux fenêtres il y a de nouveaux rideaux.

— Ces grands fauteuils, c'est pour moi?

— Tout est pour toi, petite-fille.

— Et le bureau! ... J'y mettrai mes livres de classes. Là, mes livres de bibliothèque ... Et cette grande armoire?

— Ouvre-la!

Marianétte ouvre et voit beaucoup de boîtes.

— Qu'est-ce que c'est, cousine Madeleine?

— Tous les jeux de ta maman quand elle était petite.

— Les poupées de maman ... Cette blonde, c'est, Betty ... Je la reconnais. Maman me parlait souvent de cette chambre et de ses jeux.

Cousine Madeleine regarde père Henri qui baisse les yeux. Sa fille Claire avait gardé les souvenirs de son enfance et elle les ra­contait à Marianétte. Pourquoi s'est-il disputé avec sa fille? 14 se sent bien coupable.3 Il a pris la petite main.

— Tu es contente, dis?

— Oh! oui, grand-père.

— Tu ne veux pas revenir à Paris? Si tu veux y revenir, dis-moi!

— Mais non! Je ne veux pas revenir à Paris.

Соседние файлы в предмете [НЕСОРТИРОВАННОЕ]