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Cours 2 Caractéristique de la grammaire théorique
Plan
1.La caractéristique du signe linguistique
2. Les niveaux (aspects) de la langue
3. Les rapports syntagmatiques et les rapports paradigmatiques
4. La valeur et les significations de la forme
La grammaire théorique diffère par la façon dont elle explique les faits grammaticaux. Expliquer un phénomène veut dire en faire connaître les causes en ayant recours à un autre phénomènequi lui soit extérieur. En matière de linguistique la possibilité d’explications théoriques différentes découle du caractère du signe linguistique. Les éléments grammaticaux (morphèmes, constructions) peuvent être considérés comme des signes linguistiques composés d’une forme (signifiant) et d’un contenu (signifié), et utilisés pour désigner un phénomène de la réalité extralinguistique(référent). Pour bien situer une forme grammaticale, il faut tenir compte de ses correlations avec d’autres formes grammaticales ainsi que ses rapports entre cette forme et le sujet parlant. Ces derniers rapports sont importants car du sujet parlant, de l’homme, que dépend la production et l’interprétation des signes linguistiques. Tous les rapports ayant trait au signe peuvent être représentés de la façon suivante:
autres signes
I
l’homme (usage signe – forme reflet de la réalité
de signe) (signifiant) dans la pensée
du parlant (signifié)
objet extralinguistique
(référent)
Pour comprendre et expliquer la structure et le fonctionnement des formes grammaticales, il faut tenir compte de toutes ces quatre relations.Cependant on peut prendre pour base l’un des rapports indiqués, ce qui donne un type particulier de grammaire théorique.
Les niveaux (aspects) de la langue
L’organisation de la langue se présente comme une structure, c’est-à-dire un ensemble d’éléments (unités) qui sont liés entre eux et forment des niveaux qui se superposent. La combinaison des unités de niveau inférieur constitue une unité de niveau supérieur. On parle en poduisant des énoncés (phrases) qui se subdivisent en mots : Il parlait lentement contient trois unités de ce type. Les mots sont faits de morphèmes, unités significatives minimales ; il y en a deux dans le mot parlait (parl-, -ait) et dans le mot lentement (lente-, ment). Les morphèmes ont tous un sens : on peut dire ce qui signifie la racine parle -, la désinence –ait, etc., mais ils sont de trois types différents : lexicaux – qui peuvent exprimer un sens de façon autonome (parle-, lent-), dérivationnels – qui servent à former d’autres unités lexicales (-ment) et grammaticaux - qui s’ajoutent au mot quand il entre dans la phrase, mais sans en modifier le sens (-ait). Les morphèmes sont constitués de phonèmes, unités non- significatives, mais distinctives. Privés de sens propre ils permettent de distinguer les morphèmes. Par exemple « il » comprend deux unités de ce type (elle, houle, hall, halle).
Aux qautre niveaux de la structure linguistique (niveaux des phonèmes, des morphèmes, des mots et des énoncés) correspondent les aspects que la tradition grammaticale distingue dans la langue (phonétique, lexique et la grammaire) et dont chacun fait l’objet d’une discipline linguistique. Cependant il n’y apas de parallélisme complet ente les niveaux et les aspects, ce qui est dû surtout aux différentes fonctions des morphèmes.
Voici la corrélation entre niveaux et aspects:
|
Niveau |Aspect de la langue et science qui l’étudie |
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Phrase | Syntaxe | Grammaire |
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M| Morphème | Morphologie | | grammatical | | Grammaire |
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O| Morphème | Formation des | | dérivationnel | mots |Lexicologie |
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T| Morphème lexical | Sémantique | Lexicologie | lexicale | ______________________|_______________ ____________________ Phonème | Phonétique |
La phonétique étudie les phonèmes, mais aussi la structure phonique du mot et de la phrase (action, intonation, etc). Le mot, en tant qu’ unité lexicale, sous l’aspect de ses morphèmes lexicaux et dérivationnels, fait l’objet de la lexicologie. La grammaire s’ occupe de la constitution des unités du niveau supérieur (énoncés). Pour former ceux-ci, il faut doter les mots de morphèmes grammaticaux (leur pemettant de faire partie d’une phrase) et les
réunir au sein de cete dernière. La grammaire se subdivise en deux grandes parties : morphologie (étude des morphjèmes grammaticaux au sein des mots) et syntaxe (étude de la constitution de la phrase: constructions, ordre de mots, mots-outils, etc.).
Les rapports syntagmatiques et les rapports paradigmatiques
Les éléments linguistiques sont réunis entre eux par deux types de relations : syntagmatiques et paradigmatiques.
Les rapports syntagmatiques sont ceux de contiguité, ils lient les éléments voisins ou ceux qui constituent une unité de niveau supérieur. Ces éléments peuvent se combiner, mais ils ne peuvent pas se remplacer l’un l’autre. Par exemple : le lien de deux phonèmes à l’intérieur du mot: [i] + [l] = [il], de deux morphèmes au sein du mot :parl + ez = parlez ; de deux mots dans un groupe syntaxique : Pierre + parle = Pierre parle.
Le choix d’un élément sur un plan syntagmatique dépend de ses possibilités combinatoires ; il n’est pas donc pas toujours libre,
mais sujet à toutes sortes de restrictions étudiées par la grammaire.
Les rapports paradigmatiques sont ceux de ressemblance, de substitution. Ils rattachent les éléments qui ne se combinent pas, mais qui peuvent se remplacer l’un l’autre parce qu’ils ont quelque point commun (structure phonique, forme grammaticale, sens, fonction). Par exemple : « porter, porteur, apporter » constituent un rapport paradigmatique, étant réunis par l’idée de «porter»; « porter, ouvrir, parler », tous ces verbes, sont réunis par l’idée de l’action ; -ons, -ez, -ent forment un paradigme parce qu’ils relèvent de la même catégorie grammaticale (la personne); «il porte, la porte, la sorte, morte » sont associés par leur composition phonique.
Le choix d’un élément sur le plan pardigmatique dépend surtout de sa fonction ou de son sens précis dans le groupe des éléments qui appartiennent à la même classe paradigmatique.
L’emploi d’ un élément de la langue est déterminé par l’intersection de l’axe syntagmatique et de l’axe paradigmatique.
Par exemple:
| I II
| parl(er) -e,-is, -s
| fin (ir) -e, -it, -t
| di(re) -ons, -issons, -sons, -vons
| écri (re) -ez, -issez, -tes, -ves
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axe paradigmatique axe syntagmatique
Nous voyons deux groupes paradigmatiques: I. Verbe; II. Désinences verbales. Pour obtenir une forme verbale, on opére une sélection sur le plan paradigmatique, en choisissant l’élément nécessaire d’après le sens, par exemple, « parler » + 1 personne du singulier; « finir » + 2 personne du pl., etc.Mais il faut aussi procéder à la sélection sur le plan syntagmatique, parce que chaque signification est représentée par une série de formes qui ne diffèrent que par leurs possibilités combinatoires. C’est ainsi que la forme –e sera réunie au radical parl (je parle), alors que la forme –issez au radical fini- (finissez), etc.
