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1. Les traces de la France en Russie

1.1. Les premiers contacts des Fraçais avec des Russes

L es relations entre la France et la Russie sont d’origines très lointaines, et elles ont commencé par un mariage au plus haut niveau.

Un descendant de Igor, Iaroslav, prince de Kiev eut une fille, Anne, qui épousa en 1051 Henri I , roi de France. Henri I mourut en 1060. Anne lui avait donné un fils Philippe, qui succéda à son père avec le rang de Philippe I, la dynastie des Capétiens était assurée grâce à une princesse de Kiev.

Il ne faut pas oublier non plus, que les premiers contacts des Russes avec les Français ont eu lieu plus tard que leurs contacts avec les Allemands, Anglais et Hollandais. Les renseignements réels des voyageurs ont été précédés d'une longue période de renseignements indirects plutôt littéraires que documentaires. A l'époque médiévale le nom de la Russie a été mentionné plus de 60 fois dans les chansons de gestes, tandis que le nom de la Pologne catholique — 4 fois. En 1298 a paru le Livre du vénicien Marco Polo, écrit en français. L’une des versions a été commandée spécialement par le frère de Philippe le Bel, Charles de Valois. Dans le Livre de Marco Polo il y un chapitre consacré à la Russie, mais certains géographes, dont Ivan Minaïev, prétendent que Marco Polo n'a pas été en Russie, qu'il est passé plus au sud et dans son livre a reproduit non pas ses propres impressions, mais les récits des gens qu'il avait rencontrés.

On prétend que les premiers français qui mirent pied sur le sol russe étaient arrivés à la forteresse d'Archanguelsk avec le navire de Jean Sauvage de Dieppe en 1586. Le but de voyage était de découvrir la route navigable, de visiter les marchés russes et d’établir des liens commerciaux. A son retour, Jean Sauvage fit un compte rendu de son voyage pour les marins et les commerçants. La découverte que les français firent de la Russie se matérialisa en dictionnaire, ou un guide français — russe, connu sous le nom du « Dictionnaire Moscovite » de Jean Sauvage. Ce dictionnaire était un pas vers l'intercompréhension grâce aux équivalents linguistiques des réalités russes et à la recherche des écarts différentiels culturels. Dans le dictionnaire, il y avait beaucoup de lexique sur les mœurs, mais la première partie concernait le commerce et la guerre.

Après l'expédition de Sauvage d'autres Français vécurent en Russie, initialement pas très nombreux. L'un d'eux, le capitaine Margeret, qui était d’abord au service de Boris Godounov, mais au Temps des Troubles changea de camps et passa sous les drapeaux de l'Imposteur qui prit le nom du tsarévitch Dmitry, assassiné à Ouglitch. Le personnage du capitaine Margeret fut introduit par Pouchkine dans sa célèbre tragédie « Boris Godounov ». La découverte de la Russie par le réel Margeret se matérialisa dans son livre « Estât de l'Empire de Russie et duché de Moscovie » paru à Paris en 1607. L'auteur, prenant le relais de Jean Sauvage, y refléta la réalité russe telle qu'il la voyait et essaya de trouver des équivalents français des noms géografiques, noms de plats, de mesures, de la monnaie etc.

On peut dire que la France s’intéresse peu à la Russie jusqu’à la fin du XVIIe siècle. L’éloignement géographique joue naturellement son rôle, mais aussi la lourdeur du slavon, l ‘absence d’idées communes entre la noblesse libertine du Roi-Soleil et les boyards moscovites, ainsi que les stéréotipes déjà bien ancrés des deux côtés.