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УМП_Скоробогатова,_Назарова_Тропы и фигуры.doc
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Раздел №1: Les figures de répétition

  1. l’épizeuxe;

  2. l’antanaclase;

  3. l’anaphore

  4. l’allitération

  5. l’assonance;

  6. la rime;

  7. la paronomase;

  8. l’épanalepse

Dans l’épizeuxe, ou la réduplication / la conduplication (повтор), il s’agit de la répétition d’un mot:

Ex. Elle déclara que le chevreau serait tué, tué, mais tué par sa main à elle (P.-J. Jouve).

Une antanaclase (антанаклаза) répète deux fois un même terme pris en deux sens différents. La figure est souvent exploitée par le théâtre.

Ex. Le coeur a ses raisons que la raison ignore (Pascal)

Un Esquimau qui mange un esquimo.

L’anaphore (анафора) est la reprise du même terme ou de la même expression au début de chaque phrase ou paragraphe: il s’agit alors d’une anaphore verticale. Si la même expression revient à intervalle régulier dans une même phrase, on parlera d’une anaphore horizontale. L’emploi de l’anaphore crée un effet d’insistance en martelant un même mot à la place la plus visible.

Ex. Marcher à jeun, marcher vaincu, marcher malade (Hugo).

Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir (Corneille)

L’inverse de l’anaphore est possible. C’est l’épiphore (эпифора). Les vers ou les phrases peuvent se terminer par le même mot.

Ex. Sur le perron une dame apparut, parée pour la visite, coiffée pour la visite, avec des phrases prêtes pour la visite (Maupassant)

Et toujours ce parfum de foin coupé qui venait de Bérénice, qui résumait Bérénice, qui le pénétrait de Bérénice (Aragon)

Dans l’allitération (аллитерация) il s’agit de la répétition à intervalles réguliers de la même consonne. C’est une figure utilisée souvent dans les poèmes, dans les chansons, ou bien dans les slogans.

Ex. Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? (Racine)

Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères (Apollinaire)

L’assonance (ассонанс) consiste en la répétition à intervalles réguliers de phonèmes vocaliques :

Ex. Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire (Racine)

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant (Verlaine)

La rime consiste en la répétition régulière d’un syllabe.

Ex. Des crédits pour l’école, non pour les monopoles

La paronomase (парономазия) aussi est la répétition de syllabe, mais il ne s’agit pas d’une seule syllabe, mais de plusieurs syllabes dans des mots différents. On rapproche deux mots qui se ressemblent par le son. On peut trouver la paronomase souvent dans les proverbes.

Ex. Qui vole un oeuf vole un boeuf. Qui terre a guerre a.

L’épanalepse (эпаналепсис) place un même mot en tête et en fin de phrase.

Ex. Et rose elle a vécu ce que vivent les roses (Malherbe)

* Проектные задания см. в конце Учебно-методического пособия.

Раздел №2: Les figures d’insistance

  1. l’hyperbole;

  2. l’adynaton

  3. le pleonasme;

  4. la gradation;

  5. l’apostrophe;

  6. l’anacoluthe;

  7. le chiasme.

L'hyperbole (гипербола) en elle-même est une figure de style consistant à amplifier un énoncé, pour produire une impression forte. C'est la principale figure de l'exagération.

Elle vise à frapper l'imagination et la sensibilité. Elle caractérise souvent la tonalité épique et elle est l'une des figures favorites de la préciosité qui recherche l'originalité et ne recule pas devant l'exagération, ce que Molière ridiculise dans Les Précieuses Ridicules: c'est là savoir le fin des choses, le grand fin, le fin du fin.

On la trouve aussi dans les discours, où elle a pour objectif d'impressionner l'auditeur et de le faire adhérer aux idées de l'orateur. Ainsi, chez Camille Desmoulins: la liberté, c'est le bonheur, c'est la raison, c'est l'égalité, c'est la justice, (…), c'est votre sublime Constitution.

Verser un torrent de larmes, un talent fou, je vous l’ai dit cent fois, je meurs de faim, briller de mille feux, un bruit à réveiller un mort, je suis congelé, j’ai mangé comme dix, je vais me faire tuer, sont des hyperboles employées dans la langue courante.

De nos jours la publicité en fait un usage immodéré. L’objectif est de convaincre le consommateur que le produit présenté est extraordinaire, d’où l’emploi fréquent d’expressions comme: extra-blanc, prix imbattables, superéconomique. Dans l’image, la caricature est d’ordre hyperbolique.

L’invective, l’injure prennent souvent une tonalité hyperbolique: Va-t-en, chétif insecte, excrément de la terre! (La Fontaine).

Parmi les procédés qui produisent l’hyperbole, on peut noter:

  • Préfixes, tels que hyper-, super-, extra-, méga- …

  • Suffixes en -issime, qui vient du superlatif latin « fortunatissimam pulcherrimamque urbem » dont la signification est la plus riche et la plus belle ville.

  • Différents superlatifs.

  • La comparaison.

  • L’emploi d’un lexique constitué de mots comme: champion, géant, roi, génial, incroyable, fantastique, grandiose, cent, mille.

L’adynaton (адинатон): dans ce cas particulier d’hyperbole, l’exagération est telle que l’énoncé ne peut avoir valeur de vérité. Adynaton signifie en grec « impossible » :

Ex. Alors s’allument un à un les phares des profondeurs

Qui sont violemment plus noirs que la noirceur (Supervielle)

Le pléonasme (плеоназм) consiste en l’emploi de termes répétant la même idée sans que ce soit nécessaire à son expression: descendre en bas, prévoir d’avance sont des pléonasmes. Le pléonasme n’est admissible que lorsqu’il apporte plus de vigueur, plus d’énergie à la pensée. Hugo affectionnait l’expression “l’ombre obscure”, qu’il savait pléonastique mais jugeait saisissante. Des mots superflus pour l’intégrité grammaticale, c'est peut-être la faute de langage la plus pratiquée (monter en haut, un monopole exclusif, extorquer de force, une panacée universelle, à deux reprises différentes, collaborer ensemble...). Le terme de “périssologie” (периссология) s’applique à tout pléonasme fautif: hémorragie de sang, impasse sans issue, la petite fillette, la lire italienne… Le pléonasme est admissible lorsqu'il sert à donner à l'expression une force particulière : je l'ai vu de mes propres yeux ; applaudir des deux mains … .

Une gradation (градация) est constituée d’une succession de mots ou d’idees de sens proche, rangés en ordre croissant ou décroissant d’intensité. La gradation peut être ascendante (восходящая градация, климакс) ou descendante (нисходящая градация, антиклимакс). Lorsqu’elle est ascendante, l’idée est exprimée avec des mots de plus en plus forts. Lorsqu’elle est descendante, l’idee est exprimée avec des mots de moins en moins vigoureux.

  • Gradation ascendante:

Ex. Et voilà que tout à coup mon compagnon, mon ami, presque mon frère, tomba de cheval, la tête en avant, foudroyé par une insolation. (Maupassant)

  • Gradation descendante:

Ex. Vous voulez qu’un roi meure, et pour son châtiment

Vous ne donnez qu’un jour, qu’une heure, qu’un moment! (Corneille)

L’emploi de la gradation crée un effet d’intensité. Il peut être parfois dramatique, parfois comique, comme dans ces propos d’Harpagon qui se lamente sur la disparition de son argent: Je suis perdu, je suis assassiné! On m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent! (…) Hélas! Mon pauvre argent, (…) mon cher ami! (…) j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie… (Molière, L’Avare)

L’apostrophe (oratoire) consiste à interpeller une personne vivante ou morte, présente ou absente, un être virtuel (le lecteur) ou encore une notion abstraite. Dans l'apostrophe, on s'adresse directement à quelqu'un ou à quelque chose. Elle peut être associée à la personnification si l'apostrophe s'adresse à une chose.

Ex. N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde (Malherbe)

Nature, berce-le chaudement : il a froid (Rimbaud)

L’anacoluthe (анаколуф) est une rupture de construction syntaxique, c’est-à-dire une transformation, au milieu d’une phrase, de la construction grammaticale que le début de cette phrase laissait attendre. La phrase débute d'une manière et continue d'une façon imprévue.

Elle permet de renforcer l’énoncé, de mettre en valeur des mots, en créant un effet de surprise, elle donne à un texte littéraire une certaine concision et un air de spontanéité.

Ex. Le nez de Сléopâtre, s’il eût été plus court, toute face de la terre aurait changé (Pascal)

Après boire, l’homme qui regarde la table et qui soupire, c’est qu’il va parler (Giono)

L'anacoluthe est parfois la marque d'une émotion, elle est justifiée par l'idée à exprimer, mais la plupart du temps elle n'est qu'incorrection résultant soit d'une mauvaise culture, soit d'une négligence blâmable dans l'expression.

L’anantapodoton est une variété d'anacoluthe dans laquelle un des termes d'une expression alternative manque. La phrase semble abandonnée avant la fin de sa construction.

Ex. Les uns, dirait-on, ne songent jamais à la réponse silencieuse de leur lecteur (Valéry)

Le chiasme (хиазм), dérivé du grec khiasmos, « disposition en croix », de khi, lettre grecque en forme de X, est un procédé stylistique qui consiste à présenter de manière croisée des mots ou groupes de mots, en réunissant au centre et aux extrémités les éléments de même nature, de même fonction grammaticale ou de même sens. Le schéma est le suivant: A B / B А (symétrie en miroir).

S'il se vante,

je l'abaisse;

s'il s'abaisse,

je le vante

(... )

-A-

-B-

-B-

-A-

Pascal, Pensées

Vous êtes

aujourd'hui

ce qu'

autrefois

 je fus.

 

 

 -A-

 -B-

 

 -B-

 -A-

 

Corneille, Le Cid, I, 3.

Le chiasme peut porter sur le sens des mots. Comme dans le vers de Vigny: Le roulis aérien des nuages de mer

(mer air / air mer).

Le chiasme peut porter sur les parties du discours:

Ces yeux mystérieux ont d’invincibles charmes (Beaudelaire)

(substantif – adjectif / adjectif – substantif)

Le chiasme donne à l'expression force et netteté, crée souvent un effet de rythme, attire l’attention. Globalement, il est l’une des figures les plus efficaces de la rhétorique. L’esthétique classique a souvent recours à lui.

* Проектные задания см. в конце Учебно-методического пособия.