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Лексикология Опорные конспекты лекций.docx
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5. План изучения темы Les différents types de sens.

1.    Un sens propre et des sens dérivés la diachronie.

2.    Le sens principal et les sens secondaires la synchronie.

3.    La structure morphologique du mot,

- le mot construit, (l’analyse diachronique.)

- le mot formé(l'analyse synchronique).

4.        Les différentes acceptions du mot polysémique et leur interprétation (l'analyse synchronique)

Les différents types de sens. Les sens des mots se laissent classer d'après quelques types essentiels.

Tout mot polysémique possède u n sens propre et des sens dérivés. Le premier sens qui n'aboutit à aucun autre ; ce premier sens sera le sens propre du mot bouche. Pourtant le sens propre d'un mot dans la langue moderne n'est point son sens primitif. Le sens propre est une caté­gorie historique. Il peut se déplacer au cours de l'évolution du mot. Tel est précisément le cas du mot bouche qui désignait originairement, dans le latin populaire, « la joue » ; c'était alors le sens propre du mot. La disparition du sens originaire de « bouche » a été suivi du déplacement de son sens propre. Donc, le sens propre d'un mot est celui qui ne se laisse historiquement ramener à aucun de ses sens actuels, alors que 1 e s sens dérivés remontent directement ou indirectement au sens propre. Le sens propre et les sens dérivés d'un mot ne peuvent être dégagés qu'à la suite d'une analyse diachronique.

Dans la synchronie on distingue le sens principal et les sens secondaires d'un mot polysémique. Le sens principal, étant le plus usité à une époque donnée, constitue la base essentielle du développe­ment sémantique ultérieur du mot. Il peut coïncider tantôt avec son sens propre, tantôt avec le dérivé. Le sens principal du mot, tout comme son sens propre, est une catégorie historique. Jus­qu'au XVIe siècle le sens propre du substantif travail - « tourment, cha­grin, peine » était également son sens principal. Plus tard il s'est déplacé et a coïncidé avec le sens dérivé - « besogne, ouvrage ». Puisque le plus employé, le sens principal dépend moins du contexte que les sens secon­daires. On distingue aussi les sens phraséologiquement liés qui s'opposent aux sens dits libres. Les sens propres des mots table, chaise.

L'emploi de ces mots avec les autres dé­pend exclusivement des notions qu'ils expriment et de la faculté de ces notions de s'associer à d'autres notions (d'après les lois de la logique et les lois régissant les liens possibles entre les phénomènes de la réalité). On peut dire une table de bois, de marbre, de métal, etc., car ces agence­ments correspondent aux liens possibles entre les objets. Le fonctionnement de ces mots n'est guère entravé par l'usage, la tradition linguistique, il ne dépend nullement de la norme. Par contre, le mot remporter qui s'emploie dans remporter un grand succès serait dé­placé dans *remporter une grande réussite quoique réussite soit un syno­nyme de succès; on dit une question délicate, un sujet délicat sans qu'il soit possible de dire* un récit délicat,* un contenu délicat. Ch. Bally remar­que qu'on dit désirer ardemment et aimer éperdument et non *aimer ar­demment, désirer éperdument. On peut choisir entre la peur le prit, la peur le saisit, la peur s'empara de lui, tandis, que *la peur le happa ou l 'empoigna serait ridicule.

Certains dictionnaires d'usage présentent une liste de solécismes. Ils recommandent de dire un accident grave, avoir grand soif et non *un ac­cident sérieux, *avoir très soif il est préférable de dire prendre conscience de la gravité de la situation que *réaliser la gravité de la situation, être indifférent à l'égard de la religion qu' *envers la religion. Donc, les mots ont souvent un emploi restreint, déterminé par l'usage, la tradition lin­guistique. On dira de ces mots qu'ils possèdent un sens phraséologique­ment lié.

Cette tradition d'emploi des mots revêt un caractère national. Il arrive que les sens dépendent de la construction syntaxique où le mot est employé. Ces sens pourraient être qualifiés de syntaxiquement d é t e r m i n é s. Il suffit parfois d'une préposition pour changer le sens d'un mot. C'est ainsi que le verbe témoigner suivi d'un complément direct a le sens de « manifester, exprimer » (témoigner sa sympathie, son amour, etc.) ; le même verbe exigeant le complément indirect et employé avec la préposition de veut dire « attester » (Cette action témoigne de son courage).

Applaudir signifie « battre des maiiîs », applaudir à a le sens de « approuver, louer », s'applaudir de correspond à « se réjouir, se félici­ter ». Participer à c'est « prendre part à quelque chose » (participer à un travail à un mouvement quelconque) ; participer de signifie « se rappro­cher de quelque chose ou lui ressembler en partie » (le mulet participe du cheval et de l'âne). On emploie succomber sous devant un mot qui renfer­me une idée d'oppression (succomber sous le faix des douleurs), succom­ber à veut dire « ne plus pouvoir résister, céder à une force supérieure » (succomber à la tentation, à la fatigue, au sommeil). Il ne faut pas confon­dre aspirer et aspirer à, manquer à et manquer de. rire et se rire de. etc.

Parfois la présence ou l'absence d'un article est le signe d'un sens particulier : tenir tête a un autre sens que tenir la tête, donner raison que donner une (la) raison, etc. Le verbe faire dans le sens d'« imiter, faire semblant de » exige devant le substantif qui le suit l'article défini \ faire le brave, faire le méchant, faire le mort. Le mot peut prendre une acception spéciale selon la place qu'il occupe par rapport au mot qu'il détermine. Ainsi grand a des sens différents dans un grand homme et un homme grand ; un homme honnête et un honnête homme ne sont pas des équiva­lents sémantiques ; il en est de même pour un méchant livre (= mauvais) et un livre méchant, un maigre repas (= peu abondant) et un repas maigre (= avec peu de gras), unefière allure (= noble) et une allure fière (= hau­taine), un triste dîner (= médiocre) et un dîner triste (= qui n'est pas gai).

Il serait utile de distinguer entre les sens directs et les sens (ou « em­plois ») figurés des mots, Pris dans leur sens direct les mots servent avant tout à dénommer. Tels sont bras et tête dans « prendre dans ses bras » et « les bras d'un fauteuil », dans « une jolie tête » et « la tête d'un clou ». Les sens figurés tendent à caractériser les phénomènes de la réa­lité, ils sont employés à des fins expressives ; ce sont des images qui semblent se superposer sur les nominations directes. Dans éclipser ses rivaux le verbe éclipser, qui est une image, recèle une connotation ex­pressive dont son synonyme surpasser (surpasser ses rivaux) est dé­pourvu. À la longue l'image peut s'user, et les mots, dépouillés de leur an­cienne expressivité, deviennent des dénominations directes et immédia­tes des objets et des phénomènes de la réalité. La sécheresse du cœur et la dureté de l'âme ne sont guère plus expressifs que la bonté du cœur ou la générosité de l'âme.

L'analyse formative.

L'analy­se d’ un mot permet d'en établir la composition morphémique. L'analyse formative met en évidence l'or­ganisation des morphèmes d'un mot conformément à un modèle de for­mation. À une époque donnée l'analyse formative des mots s'effectue géné­ralement sans encombre ; leurs éléments constitutifs se laissent aisément dégager. La présence des éléments constitutifs d'un mot dans d'autres mots avec la même valeur sémantique est la condition nécessaire qui en permet l'analyse morpholo­gique et formative. A des époques différentes le même mot se prête à un degré différent à l'analyse formative : un mot dérivé ou composé peut devenir au cours de son développement un mot-racine, ou un mot simple. Un mot simple envisagé dans son sens propre est un mot immotivé dont les éléments composants ne se laissent plus dégager. Le mot est partiellement motivé lorsqu'un des éléments ne se dégage plus.

Les causes de la transformation d'un mot composé ou dérivé en un mot simple sont bien diverses :

- le changement du sens d'un mot,

- l'effacement de l'image que le mot évoquait,

- la déviation de l'aspect phonique du mot dérivé ou composé de celui du mot générateur,

- la disparition du mot générateur.

À ce processus morphologique de « simplification » du mot s'oppose le de «décomposition». D'après E. Pichon: un fragment de vocable peut se trouver «...porteur d'une charge sémantique qu'il ne tenait point du tout de sa constitution phonétique primitive, mais du sens total du vocable dont il venait de se détacher.».

le pronom latin omnis le datif pluriel omnibus a pris le sens de «voiture pour tous», la désinence -bus s'est ajoutée à un autre élément latin auto- et a formé. Dès ce mo­ment l'ancienne désinence -bus a acquis la valeur d'un élément forma­teur.

Le processus morphologique appelé «recomposi­tion» - la répartition des éléments fonnateurs autre qu'elle ne l’était originairement.

Dans la perspective diachronique les mots sont créés et non-créés et dans la perspective synchronique - les mots construits et non-construits.

Les mots créés - d'après les modèles de formation propres à une langue à des époques différentes. Les mots non-créés - ceux du fonds primitif (les mots du latin populaire, les mots d'origine celtique et germanique qui ont servi de base au développement ultérieur de son vocabulaire) et les em­prunts faits aux autres langues.

Les mots construits ne sont pas nécessairement créés, il suffit qu'ils aient une structure conforme à un modèle de formation vivant à une épo­que donnée. Le français contemporain compte un grand nombre de mots construits parmi les emprunts, ce qui est dû à la similitude de leur structure formative avec celle des mots de souche française : ainsi éducation, énumération, égalité, do­cilité, légionnaire pris au latin, cavalerie, chevaleresque venus de l’italien ou embarcation de l'espagnol se laissent interpréter comme des suffixés et sont, par conséquent, construits.