Les vedettes du pont-neuf circuit touristique croisière sur la seine
Départ tous les jours :
de 10 h. à 12 h. et de 13 h 30 à 18 h 30.
Prix : 30 francs. Enfants — de 10 ans : 15 francs.
Groupes : tarifs spéciaux.
— Dépêchons-nous ! dit le professeur Micron. Le bateau va partir.
— Regardez ! dit tout à coup Cémafoto. Un groupe de policiers arrivent vers nous en courant !
— Nous recherchons Al Carbone, dit l'un d'eux au professeur Micron. Il s'est échappé* il y a dix minutes.
—Nous n'avons rien vu ici, répond Micron. Interrogez plutôt le caissier.
—Vous avez vu la tête d'Al Carbone ? demande Micron à son ami Cémafoto.
— Hein ? Où est-il ?
— Ici, sur ce journal.
— Ah, vous m'avez fait peur ! La police a dit qu'il s'est échappé. Vous croyez qu'il est sur ce bateau ?
— Je ne pense pas. Vous savez, la police est venue là par hasard. Et puis, comment pourrait-il acheter son ticket à la caisse ? Il doit avoir une paire de menottes aux poignets...
— Oui, c'est vrai, répond Cémafoto.
— N'y pensez plus, dit Micron , et regardez là-bas : nous sommes maintenant à la hauteur du Louvre. Avez-vous entendu parler de la nouvelle pyramide ?
— La pyramide de verre ? Oui, je l'ai vue en photo , elle est superbe.
— D'ici, nous ne pouvons pas la voir. Nous irons la visiter plus tard.
Mais Cémafoto ne fait pas attention à ce que raconte son collègue. Il pense à autre chose. Le professeur Micron s'en aperçoit.
— Qu'avez-vous donc ? Vous avez le mal de mer ? lui demande-t-il.
— Non, non, tout va très bien, répond Cémafoto ; mais... pouvez-vous me montrer de nouveau la photo d'Al Carbone ?
— Bien sûr. Tenez, la voilà, lui dit-il en lui montrant le journal.
Il l'observe attentivement.
— Bizarre, dit-il. J'ai l'impression d'avoir vu ce visage il n'y a pas longtemps.
—Que dites-vous ?
— Eh bien oui... Je crois, je n'en suis pas sûr, l'avoir vu tout à l'heure....
— A quel endroit ?
— Je ne m'en souviens plus, malheureusement.
— Vous vous êtes peut-être trompé* ?
Cémafoto regarde une nouvelle fois la page du journal.
— C'est bien ce visage que j'ai vu, dit-il : avec une moustache, de grands yeux sombres, des cheveux bruns...
— Il y a beaucoup d'hommes qui ont une moustache, des yeux noirs et des cheveux bruns, fait remarquer Micron.
— Vous avez raison. Mais, regardez son cou : il porte une cicatrice*.
— Et vous avez vu la même cicatrice tout à l'heure ?
— Je crois que oui.
— Mais alors, peut-être est-il en ce moment sur ce bateau ?
— Nous arrivons maintenant près du Pont-Royal, annonce la voix féminine à travers le haut-parleur du bateau. À droite, vous apercevez le jardin des Tuileries, tandis qu'à gauche vous pouvez voir successivement les Beaux-Arts et le musée d'Orsay. Ce dernier était autrefois une gare. Il a été transformé et aménagé récemment en musée de peinture et de sculpture du XIX-e siècle...
Mais Cémafoto et Micron ne regardent plus les monuments.Ils pensent au voleur qui s'est échappé.Ils se demandent s'il n'est pas monté avec eux sur le bateau-mouche.
— Le seul moyen de le savoir, c'est d'observer les gens, dit Micron.
— Il y a trop de monde. Attendons l'arrivée, dit Cémafoto.
— Si nous attendons l'arrivée du bateau, Al Carbone pourra s'échapper une nouvelle fois. Mais si nous le voyons pendant la traversée, on peut prévenir* la police.
— C'est vrai, vous avez raison. Dans ce cas, levons-nous pour vérifier qu'il est bien ici.
— Regardez à présent le monument sur votre gauche : c'est l'Assemblée nationale. Elle a été bâtie en face de la place de la Concorde. Le célèbre obélisque de Louxor* y a été installé voilà cent ans...
— Je suis vraiment désolé, dit Micron à son ami. La promenade est ratée*.
— Ce n'est pas grave, répond Cémafoto. J'aime beaucoup les enquêtes policières. Je serais heureux de retrouver ce voleur.
Tout à coup, le Japonais s'arrête.
— Regardez, professeur, derrière vous.Je crois que c'est lui.
Le professeur se retourne.Il voit un homme assis avec une moustache, des cheveux bruns et une cicatrice au cou.
— Il n'a pas de menottes aux poignets, murmure Micron à l'oreille de son ami.
— Il a sûrement réussi à les enlever, répond le Japonais. Mais c'est lui, cela ne fait aucun doute.
— Soyons discrets. Nous allons prévenir le conducteur du bateau-mouche. De sa cabine, il pourra appeler la police fluviale.
— De chaque côté de la Seine vous pouvez contempler le musée du Grand Palais et le monument des Invalides, dit le guide du bateau-mouche. Construit sous Louis XIV, ce dernier servait à loger les officiers et les soldats invalides. Son église contient aujourd'hui les cendres* de Napoléon 1er...
Le professeur Micron et son ami Cémafoto sont allés dans la cabine du conducteur, mais Al Carbone les a vus. Il comprend qu'il a été démasqué. Il se dirige vers eux, saisit une barre et menace les trois hommes, mais il est déjà trop tard: la police a été prévenue.
Soudain, le conducteur se met à crier: «Au secours! Au secours!»
Les passagers tournent la tête vers la cabine et voient quatre hommes en train de se battre. Al Carbone assomme le conducteur, puis il regarde par la fenêtre : trois hommes arrivent en courant.
— Vous avez gagné ! dit-il au professeur Micron et à Cémafoto. Mais vous ne m'avez pas encore attrapé!
Il saute sur le pont du bateau et, avant que les autres arrivent à le prendre, il plonge dans l'eau glacée de la Seine.
— Mon Dieu, il va se noyer ! crie une dame.
Mais la police a vu toute la scène. Quelques minutes plus tard, elle arrête Al Carbone.
Deux jours après l'arrestation du célèbre voleur, le juge invite le professeur Micron et Cémafoto.
— Messieurs, je vous félicite ! leur dit-il. Grâce à vous, nous avons pu arrêter Al Carbone.
— C'est grâce à mon ami japonais, dit Micron. Il a reconnu le visage d'Al Carbone dans un journal.
— Ah bon ! Dans ce cas, monsieur Cémafoto, je vous remercie mille fois. Permettez-moi de vous offrir quelque chose, un souvenir de Paris. Que désirez-vous ?
—Eh bien, une promenade en bateau-mouche ! répond Cémafoto.
FIN
