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Les tropes

La stylistique s’intéresse aux tropes, c’est-à-dire aux mots et expressions employées dans un sens figuré senti comme tel par les usagers.

La transposition du sens est une des sources d’enrichissement du vocabulaire de la langue. Souvent le sens figuré d’un mot devient traditionnel et finit par ne plus être senti comme tel par les usagers; c’est alors un des sens dérivés du mot, une nomination directe d’une réalité. Ainsi, «le bec d’une plume», «les bras d’un fauteuil», «au pied de la montagne», les mots «bec», «bras», «pied» sont pris dans leur sens dérivé. De même, lorsqu’on désigne par le mot «verre» non pas matière, mais le vase à boire qui en est fait, la transposition du sens n’est point sentie: nous avons affaire au sens figuré consacré par l’usage, au sens dérivé du mot. C’est à la lexicologie que revient l’étude de ces faits de langue.

Pour se faire une idée de la différence, par exemple, entre une métaphore consacrée par l’usage où l’image est affaiblie, on n’a qu’à comparer ces deux extraits:

«Te rappelles-tu cette nuit, sur un banc dans l’allée en lacets qui montait... »

(F. Mauriac).

«...par des tournants en épingles à cheveux, la voiture partait ... » (A. Maurois).

La force évocatrice de la métaphore neuve, individuelle «en épingles» surpasse de beaucoup celle de la métaphore usuelle «en lacets».

On distingue plusieurs espèces de tropes selon la nature des rapports qu’ils établissent entre les réalités.

La métaphore

La métaphore (du grec «meta» – changement, «phero» – je porte) est la nomination d’un objet ou d’un phénomène par un mot désignant un autre objet, un autre phénomène lié au premier par une association de similitude. Dans une métaphore deux sens se réunissent: le sens figuré (qui ressort du contexte), se superpose au sens propre du mot. Dans les deux premiers livres de Jean-Christophe de R. Rolland, il s’agit de l’enfance du héros. R. Rolland a choisi pour les titres des métaphores: au sens propre des mots «l’aube», «le matin» se superpose le sens figuré de «la première enfance», «l’adolescence».

La transposition du sens par le procédé de la métaphore est un fait très fréquent. Noms, adjectifs, verbes (et, plus rarement, adverbes) se prêtent à l’emploi métaphorique.

Les variétés de métaphores sont différenciées de deux façons: d’après les types de significations actualisés (variétés structurales) et d’après le degré d’actualisation des sens concrets (variétés fonctionnelles).

La métaphore peut être isolée: «l’egoїsme est le poison de l’amitié», filée ou suivie.

«Un roman est un miroir qui se promène sur une grande route» (Stendal)

La métaphore filée est une variété intermédiaire entre une métaphore simple à un seul terme et une métaphore développée.

«[...] et Ruth se demandait,[...] quel Dieu, quel moissonneur de l’éternel été avait, en s’en allant, négligemment jeté cette faucille d’or dans le champ des étoiles» (Victor Hugo)

Dans l’art littéraire, la métaphore est un moyen efficace qui aide à connaître et apprécier la réalité.

C’est précisément dans les œuvres littéraires que les fonctions stylistiques de la métaphore sont les plus variées. Elle aide:

  • à représenter les êtres et les choses de manière spectaculaire,

  • à faire le portrait moral,

  • à montrer l’état d’âme des personnages,

  • à expliquer des faits de la vie sociale,

  • à exposer d’une manière probante des idées touchant art, philosophie, vie sociale etc.

On distingue la métaphore annoncée (ex.1) où le comparé et le comparant sont présents et la métaphore directe (ex.2) dans laquelle le comparé est sous-entendu, d’où une grande force de suggestion mais aussi un risque d'incompréhension qui rend nécessaire le contexte.

Ex. 1, les métaphores annoncées:

«Son rire de pluie fraîche» (Julien Gracq)

«Vieil Océan, ô grand célibataire» (Comte de Lautréamont)

Ex. 2, la métaphore directe:

«Ce toit tranquille, où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes» (Paul Valéry)

Le contexte permet de comprendre que «toit» renvoie à «mer» et «colombes» à «voiles de bateaux».