- •Formation syntaxique des mots nouveaux
- •La suffixation
- •Conversion dans la langue française
- •Classification des phraséologismes
- •Champs sémantiques : synonymes, antonymes, homonymes.
- •Abréviation (sigles, aphérèse, apocope)
- •Apocope
- •Néologismes et archaïsmes en français
- •Voies d’enrichissement du vocabulaire du français
- •Emprunts. Anglicismes.
Conversion dans la langue française
La dérivation impropre. Kr. Nyrop définit la dérivation impropre comme «le procédé par lequel on tire d'un mot existant un autre mot en lui attribuant simplement une fonction nouvelle». En effet, par ce procédé on crée un nouveau mot à partir d'une des formes d'un mot ancien en la faisant passer dans une autre catégorie grammaticale ou lexico-grammaticale. Tels sont le bien, le souper, un radio, tirés de bien, souper, radio. Ces mots nouvellement créés qui se rangent généralement dans une autre partie du discours représentent des homonymes par rapport aux mots générateurs. La dérivation impropre est fort productive en français moderne. Certains linguistes dont Ch. Bally considèrent ce procédé de formation comme un des plus féconds. On forme facilement des mots nouveaux qui reçoivent les caractéristiques d'une autre partie du discours.
Classification des phraséologismes
Les principes de classification. Tout comme le mot la locution phraséologique est un phénomène excessivement complexe qui se prête à une étude multilatérale. De là les difficultés qui se présentent lorsqu'on aborde la classification des locutions phraséologiques qui pourraient être groupées à partir de principes divers reflétant leurs nombreuses caractéristiques. Ainsi d'après le degré de la motivation on distinguerait les locutions immotivées (n 'avoir pas froid aux yeux - «avoir de l'énergie, du courage »), sémantiquement motivés (rire du bout des lèvres - « sans
en avoir envie ») et les locutions à sens littéral (livrer une bataille, se rompre le cou). Conformément à leurs fonctions communicatives on pourrait dégager les locutions à valeur intellectuelle (salle à manger, le bon sens, au bout du compte), à valeur logico-émotionnelle (droit comme une faucille - «tordu », ses cheveux frisent comme des chandelles - « elle (il) a des cheveux plats »), à valeur affective (Flûte alors! - qui marque le dépit). Le fonctionnement syntaxique distinct des locutions phraséologiques permet de les qualifier d'équivalents de mots (pomme de terre, tout de suite, sans cesse), de groupements de mots (courir un danger,
embarras de richesse), d'équivalents de phrases (c'est une autre paire de manches; qui dort dîne; qui trop embrasse mal étreint [prov.]). Les locutions phraséologiques pourraient être tout aussi bien classées à partir d'autres principes dont la structure grammaticale ou l'appartenance à un style fonctionnel. Toutefois le principe sémantique, qui est mis en vedette par V.V.Vinogradov, paraît être un des plus
fructueux. Il permet de répartir les locutions phraséologiques en plusieurs groupes qui se retrouvent dans des langues différentes. En effet, les locutions phraséologiques se laissent assez nettement répartir en quelques types selon le degré de cohésion sémantique de leurs composants.
Champs sémantiques : synonymes, antonymes, homonymes.
LES SYNONYMES Généralités. Les opinions des linguistes contemporains sur la synonymie sont fort différentes. Pour certains linguistes les vocables sont synonymes à condition d'avoir une valeur sémantique identique. Ceux-ci étant réduits au minimum, ces linguistes en arrivent à nier l'existence même de la synonymie. M. Bréal affirme que la synonymie est un phénomène précaire et provisoire, de courte durée qui se détruit infailliblement du fait que les mots-synonymes sont sujets à l'évolution sémantique et acquièrent, par conséquent, des
acceptions distinctes.
LES ANTONYMES Généralités. Les antonymes sont des vocables à sens opposé qui expriment des notions contraires. Les contraires forment toujours une sorte d'unité; les choses qui n'ont rien de commun entre elles ne peuvent pas être contraires; par exemple: pierre et livre, lampe et pain, etc. qui expriment des notions incompatibles, ne sont pas des antonymes, mais des mots à différents contenus sémantiques. Par contre, bon et mauvais, toujours et jamais, force et
faiblesse sont des antonymes car ils expriment des notions contraires, le contraire étant l'opposition entre deux choses homogènes. L'antonymie est un phénomène psycholinguistique; les oppositions antonymiques ne reflètent pas nécessairement les oppositions réelles entre les choses, mais les oppositions qui constituent des images que nous formons du monde réel. Par exemple, le blanc et le noir sont perçus par notre esprit comme des contraires, tandis que le rouge et le violet ne les sont pas, quoique du point de vue scientifique ils représentent bien les points opposés du spectre (pinfra-rouge et ultra-violet). Grâce à cette particularité des oppositions psycholinguistiques apparaît le phénomène de l'antonymie occasionnelle.
LES HOMONYMES L'origine de l'homonymie. L'apparition des homonymes dans une langue est avant tout le résultat de différents phénomènes linguistiques qui s'opèrent dans la langue au cours de son développement. On pourrait indiquer quatre sources principales des homonymes en français.
1. L'homonymie peut être une conséquence du développement phonétique des mots qui primitivement avaient une forme différente. Dans un grand nombre de cas c'est précisément ce processus qui a donné naissance à des homonymes: pain (m) < lat. panis - pin (m) < lat. pinus - peint < lat. pi(n)ctum ; foi (f) < lat. fides - fois (f) < lat. vices - voie (m) < lat. fwatum; pore (m) < lat. parus - porc (m) < lat. porcus - port (m) < lat. portas.
2. L'emprunt occupe aussi une certaine place dans la formation des homonymes. Il arrive qu'un mot emprunté à une langue étrangère ait la même forme phonique qu'un mot déjà existant dans la langue. Il est à noter que les mots étrangers, surtout empruntés à une langue de la même famille, s'adaptent assez facilement à la prononciation de la langue qui les emprunte.
