La Pucelle d’Orléans
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LA PUCELLE D’ORLE’ANS
Jeanne d’en haut étend son bras vengeur, Poursuit, pourfend, perce, coupe, déchire; Dunois assomme; et le bon Charles tire À son plaisir tout ce qui fuit de peur.
Le beau Talbot, tout enivré des charmes De sa Louvet, et de plaisirs rendu,
Sur son beau sein mollement étendu, À sa poterne entend le bruit des armes; Il en triomphe. Il disait à part soi: «Voilà mes gens, Orléans est à moi.»
Il s’applaudit de ses ruses habiles.
«Amour, dit–il, c’est toi qui prends les villes.» Dans cet espoir Talbot encouragé
Donne à sa belle un baiser de congé. Il sort du lit, il s’habille, il s’avance,
Pour recevoir les vainqueurs de la France.
Auprès de lui le grand Talbot n’avait Qu’un écuyer, qui toujours le suivait; Grand confident et rempli de vaillance, Digne vassal d’un si galant héros, Gardant sa lance ainsi que les manteaux. «Entrez, amis, saisissez votre proie,» Criait Talbot; mais courte fut sa joie.
Au lieu d’amis, Jeanne, la lance en main, Fondait vers lui sur son âne divin.
Deux cents Francais entrent par la poterne; Talbot frémit, la terreur le consterne.
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VOLTAIRE
Ces bons Français criaient: «Vive le roi!
Àboire, à boire, avançons; marche à moi!
Àmoi, Gascons, Picards! qu’on s’évertue, Point de quartier! les voilà, tire, tue!»
Talbot, remis du long saisissement Que lui causa le premier mouvement, À sa poterne ose encor se défendre:
Tel, tout sanglant, dans sa patrie en cendre, Le fils d’Anchise attaquait son vainqueur. Talbot combat avec plus de fureur,
Il est Anglais; l’écuyer le seconde:
Talbot et lui combattraient tout un monde. Tantôt de front, et tantôt dos à dos,
De leurs vainqueurs ils repoussent les flots; Mais à la fin leur vigueur épuisée
Cède au Français une victoire aisée. Talbot se rend, mais sans être abattu. Jeanne et Dunois prisèrent sa vertu.
Ils vont tous deux, de manière engageante, Au président rendre la présidente.
Sans nul soupçon il la reçoit très–bien: Les bons maris ne savent jamais rien. Louvet toujours ignora que la France À sa Louvet devait sa délivrance.
Du haut des cieux Denys applaudissait; Sur son cheval saint George frémissait; L’âne entonnait son octave écorchante,
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Qui des Bretons redoublait l’épouvante. Le roi, qu’on mit au rang des conquérants, Avec Agnès soupa dans Orléans.
La même nuit, la fière et tendre Jeanne, Ayant au ciel renvoyé son bel âne,
De son serment accomplissant les lois, Tint sa parole à son ami Dunois. Lourdis, mêlé dans la troupe fidèle, Criait encore: «Anglais! elle est pucelle!»
Литературно-художественное издание
Voltaire
La Pucelle d’Orléans
Выпускающий редактор: И. Ефанова
Редактор: У. Синицына
Корректор: И. Серегина Компьютерная верстка: Т. Мосолова Художественное оформление: E. Алёнушкина
В оформлении обложки использованы материалы по лицензии агентства © shutterstock.com
Проект осуществлён с помощью технологии print on demand
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Знак информационной продукции согласно Федеральному закону от 29.12.2010 г. № 436-ФЗ.
Подписано в печать 10.10.2017 Формат 60х90/16
Усл. печ. л. 20,25
ISBN 978-5-521-06043-6
9 785521 060436
Отпечатано: АО «Т8 Издательские Технологии» 109548, г. Москва, Волгоградский проспект, дом 42, корпус 5
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