- •I. Le système phonétique et son évolution
- •1. L’évolution de l’accent en af
- •2. Les traits caractéristiques du système vocalique de l’af et les tendances essentielles de l’évolution des voyelles
- •3. Les traits caractéristiques du système consonantique et les tendances essentielles de l’évolution des consonnes
- •1. L’évolution de l’accent en af
- •2. Les traits caractéristiques du système vocalique de l’af et les tendances essentielles de l’évolution des voyelles
- •- Le changement de la qualité des voyelles selon leur position.
- •3. Les traits caractéristiques du système consonantique et les tendances essentielles de l’évolution des consonnes
- •3. L’évolution des consonnes finales
- •II. Le système grammatical et son évolution en français
- •2.4. La catégorie de l’aspect
- •1.2. L’adjectif
- •1.3. L’article
- •1.4. Le pronom
- •II. Les traits caractéristiques des formes verbales en af et l’évolution de leurs catégories morphologiques
- •2.1. Les catégories de la personne et du nombre
- •2.2. La catégorie du mode
- •2.3. La catégorie du temps
- •2.4. La catégorie de l’aspect
- •2.5. La catégorie de la voix
- •2. Evolution du système grammatical
- Le changement de la qualité des voyelles selon leur position.
En AF la qualité des voyelles dépend de leur origine: si en latin la voyelle est longue, elle se prononce en français comme une voyelle fermée; si en latin elle est brève, en français elle se prononce comme ouverte.
A partir du XVI s., on observe la tendance du changement de la qualité des voyelles selon leur position qui est connue sous le nom de “loi de position”, dont les essentiels sont, par ex.:
la voyelle e indépendamment de sa qualité originelle commence à se prononcer comme [ɛ] dans les syllabes ouvertes et en position finale devant une consonne prononcée; mais dans les syllabes fermées et dans la position finale absolue elle se prononce comme [e], par ex.: [fevǝ] > [fεvǝ], [el] > [εl], [perǝ] > [pεrǝ], mais bonte(t) – [bɔ̃te].
la voyelle o de même modifia sa qualité selon sa position: dans la syllabe ouverte devant le son [z] elle devient fermée ([rozǝ], mais [rɔbǝ]).
3. Les traits caractéristiques du système consonantique et les tendances essentielles de l’évolution des consonnes
Les tendances essentielles de l’évolution des consonnes sont:
1. la simplification des groupes de consonnes et des affriquées.
- à partir du X s. la consonne l devant une autre consonne se transforme en l-dur et puis se vocalise en voyelle [u] ce qui résulte une diphtongue avec la voyelle précédente, par ex. : [albe] > [ałbe] > [aube]. Si la consonne l devant une consonne se trouve après e-ouvert, alors entre lui et l-vocalisé se forme un son intermédiaire [a] ce qui donne la triphtongue [eau], par ex. : [bęls > bęłs > beaus].
Dans la position après les voyelles i, u la consonne l devant une autre consonne ne se vocalise pas, mais subit une réduction complète, par ex.: fils > [fis].
- à partir du XI s. la consonne s subit une réduction complète devant les consonne r, l, m, n, et puis au XIII s. elle ne se prononce non plus devant les consonnes t, p, [k], par ex. : isle > [ile], teste > [tete].
- à la fin du XIII s. on note la simplification des affriquées, par ex.:
[ts] > [s] ciel [tsjel] > [sjel]
[t∫] > [∫] chien [t∫jen] > [∫jen]
[dʒ] > [ʒ] gent [dʒãnt] > [ʒãnt]
2. L’évolution des consonnes intervocales. Au XII s. la consonne d-interdentale [đ] qui ne se trouve que dans la position intervocale subit une réduction complète, par ex.: vide – [viđe] > [vie] > [viǝ] > [vi]
3. L’évolution des consonnes finales
- à partir du XII s. le t-final qui se prononce comme [θ] dans la position après une voyelle subit une réduction complète, par ex.: chantet – [t∫ãnteθ] > [t∫ãnte] > [t∫ãntǝ] >[∫ãntǝ] > [∫ãt]
- au XVI s. plusieurs consonnes finales ne se prononcèrent plus dans les positions :
t |
après m, n |
le suffixe -men(t) |
d |
dans les suffixes -ard |
buvar(d) |
p |
après m |
cham(p) |
s |
dans toutes les positions |
mur(s), porte(s) |
r |
dans les terminaisons des verbes à l’infinitif |
chante(r), dormi(r), devoi(r) |
- au XVII s. les consonnes finales p, t, [k], s disparaissent définitivement. La prononciation de la consonne r final est rétablie par les grammairiens dans les terminaisons de l’infinitif des verbes du II et III groupes.
Il y a encore quelques changements isolés:
- au XVI s. la chute de la consonne h qui se prononce aux siècles précédents dans les mots empruntés, par ex.: honte [hɔ̃tǝ] > [ɔ̃tǝ]; h ne reste que dans l’orthographe comme h aspiré.
- au XVIII s. double l-mouillé commence à se prononcer comme [j], par ex.: fille [fil’] > [fij].
