Accord avec le sujet le plus rapproché.
Le verbe qui a plusieurs sujets s’accorde avec le plus rapproché :
► Lorsque ces sujets sont à peu près synonymes ou lorsqu’ils forment une gradation :
La douceur, la bonté de cette femme plait à tous ceux qui la connaissent.
Une parole, un geste, un regard en dit plus parfois qu’un long discours.
Un aboiement, un souffle, une ombre fait trembler le lièvre.
► Lorsque les sujets sont rappels par un mot comme tout, rien, chacun, nul, etc. :
La maison, le jardin, le verger, tout a été vendu.
Tout, rien, etc. déterminent aussi l’accord quand ils annoncent les autres sujets :
Tout, la maison, le jardin, le verger, a été vendu.
Infinitifs sujets.
Le verbe reste le plus souvent au singulier, mais le pluriel est quand les infinitifs expriment des idées nettement distinctes :
Se chercher et se fuire est également insensé. (Malraux)
Voir et peindre sont deux. (G. Sand)
Sujets joints par avec ou par une conjonction de comparaison.
► Il arrive que la préposition avec prenne la valeur d’une conjonction de coordination unissant deux sujets considérés comme de même importance ; dans ce cas le verbe s’accorde avec ces deux sujets :
Le murmure des sources avec le hennissement des licornes se mêlent à leurs voix. (Flaubert)
Mais : Cependant Rodolphe, avec Madame Bovary, était monté au premier étage de la mairie. (Flaubert) [Remarquez les virgules.]
► De même, les conjonctions de subordination marquant la similitude : comme, ainsi que, de même, non moins que, etc. peuvent devenir de simples équivalents de et, et le verbe est considéré comme ayant plusieurs sujets coordonnés :
Le français ainsi que l’italien dérivent du latin. (Littré)
Votre caractère ainsi que vos habitudes me paraissent un danger pour la paroisse. (Bernanos)
Si la conjonction garde sa valeur ordinaire et indique seulement une comparaison, le verbe n’a qu’un seul sujet :
Mon visage, ainsi que mon âme, est sévère. (Larbaud)
Sujets joints par ou ou par ni.
► Lorsque plusieurs sujets de la troisième personne sont joints par ou ou bien par ni, le verbe se met au pluriel si l’on peut rapporter à chacun des sujets l’action ou l’état :
La peur ou la misère ont fait commettre bien des fautes. (Acad.)
Ni l’un ni l’autre n’ont su ce qu’ils faisaient. (Vigny)
Mais si l’on ne peut rapporter qu’à un seul des sujets l’action ou l’état, le verbe s’accorde avec le dernier sujet seulement :
La douceur ou la violence en viendra à bout. (Acad.)
Ni Pierre ni Paul ne sera colonel de ce régiment.
► Si les sujets joints par ou ou bien par ni ne sont pas de la même personne, le verbe se met au pluriel et à la personne qui a la priorité :
Pierre ou moi ferons ce travail. – Ni vous ni moi ne le pouvons. (Acad.)
Remarque : Lorsque l’un(e) ou l’autre est sujet ou se rapporte au sujet, le verbe est d’ordinaire au singulier :
L’une ou l’autre avait-elle un sentiment pour moi ? (Proust)
L’un ou l’autre cas s’est produit.
