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Section 3 : Internalisation des échanges et comportement stratégique.

Le choix des entreprises entre les différentes modalités d’approvisionnement d’un marché étranger peut être expliqué dans un contexte où les approches sont diverses. Tout d’abord, la multinationalisation est analysée dans le cadre de la théorie des coûts de transaction, où le choix est réalisé à partir d’un minimum des coûts d’organisation. Les concepts originaux, notamment celui de l’analyse éclectique et synthétique, permettent de prendre en compte l’ensemble des facteurs qui influencent les flux internationaux. Le choix des firmes est justifié par certains types d’avantages qu’elles procèdent. Enfin, la multinationalisation peut être étudiée comme un type de comportement stratégique. Le modèle de base détermine le choix stratégique des firmes en comparant leurs gains dans tous les points d’équilibre. Cette approche générale a fait, d’ailleurs, l’objet des nombreuses extensions.

  1. Multinationalisation dans un contexte de la théorie de l’internalisation.

Le développement de la théorie de la multinationalisation commence avec l’article de Buckley et Casson paru en 1976. Cette théorie représente, en effet, une application de la théorie des coûts de transaction aux firmes multinationales.

Les firmes multinationales sont des entreprises qui internalisent leurs transactions à travers les frontières. Une firme qui n’internalise pas les transactions recourt à toute autre forme d’approvisionnement du marché étranger qui ne nécessite pas de contrôle d’une unité de production (exportations, ventes de brevets ou de licences, etc...). La théorie de la multinationalisation fait donc partie de l’analyse des coûts de transactions.

Les développements spécifiques de cette analyse sont consacrés à l’identification des coûts de transaction particuliers aux firmes multinationales ou aux secteurs de leurs activités. Ainsi, une place importante est accordée par Buckley et Casson aux imperfections des marchés relatives au « savoir » (R&D, technologie, know-how). Ces imperfections nécessitent l’organisation interne des transactions et non pas le recours au marché. En effet, les firmes multinationales apparaissent souvent dans les secteurs où les dépenses en R&D sont importantes par rapport au chiffre d’affaire.

Certains auteurs expliquent que la multinationalisation est devenue à un moment donné un phénomène massif. Au 19ème siècle, les coûts internes de l’organisation étaient trop élevés, ce qui rendait impossible le contrôle des filiales étrangères, alors qu’après la seconde Guerre Mondiale, les coûts de l’organisation interne ont diminué en favorisant les investissements à l’étranger. Cette explication est cependant difficile à vérifier empiriquement.

Une autre approche, présentée par A. Rugman, consiste à considérer l’internalisation comme une théorie englobant les diverses explications de la multinationalisation. Selon lui, la théorie des coûts de transaction est un raffinement de l’approche des imperfections de la concurrence. Elle traite différents types d’avantages et d’imperfections, et explique le choix entre l’implantation à l’étranger et une autre forme d’approvisionnement des marchés extérieurs.

L’approche basée sur les coûts de transaction montre son originalité à travers les critiques faites à Hymer par Dunning et Rugman (1985). Selon eux, la firme multinationale n’est qu’une réponse à l’existence des coûts de transaction par la création d’un marché interne. Une fois l’internalisation réalisée, la firme possède un avantage de propriété. Hymer ne raisonne quant à lui que sur des imperfections de marché structurelles, ce qui ne permet pas d’expliquer l’internationalisation. La supériorité de l’économie des coûts de transaction sur les théories de pouvoir de monopole s’appuie sur la priorité de l’efficience de la firme dans une explication des raisons conduisant les firmes à devenir des multinationales plutôt qu’à recourir aux transactions de marché classiques (les exportations de biens) ou plus particulières (ventes de brevets et de licences).