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Qui est Lola complet.doc
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Points à discuter

  1. Qui était le motard ?

  2. Comment Antoine s’est-t-il trouvé chez Lola ?

  3. Quelles sentiments a-t-il éprouvé dans la chambre de Lola ?

  4. Qu’est-ce qu’il a apprit sur la famille de Lola et ses relations avec sa mère ? A-t-il compris pourquoi Lola se sentait malheureuse ?

  5. Et vous, pouvez-vous comprendre et expliquer le malheur et la tristesse de Lola ?

6

Un piège minable

Le lendemain, Antoine passa voir la Mouffette. Il y avait un nouveau panneau sur la façade borgne. Ce que retint Antoine, c'est « Permis de démolir ».

  • Cette fois, mes jours sont comptés, soupira la Mouffette,

  • Je l'ai dit que tu pouvais venir chez nous. I1 y a de la place. Même les livres, tu peux les apporter. J'en ai parlé à mon père, il est d'accord... à condition... que tu te laves.., un peu.

La Mouffette renifla.

  • Pourquoi est-ce qu'on m'aime toujours « à condition » ?

  • T'as raté ta vocation de comédien! fit Antoine. Il resta un moment silencieux, puis :

  • Je voudrais te demander... Comment c'était avec tes parents?

  • Quelle drôle de question!

Antoine lui raconta... Lola, Judy Spring...

- Pourquoi est-ce que Lola et moi, .on n'a pas des parents comme les autres?

- Comme les autres? Ça veut rien dire « comme les autres »! De quoi vous vous plaignez? Vos parents vous aiment, e'est ça qui compte, l'amour. Il y a des tas d'enfants qui rêvent d'avoir une mère célèbre et riche.

- Oui, mais personne ne rêve d'avoir un père marginal et fauché.

- Qu'est-ce que tu en sais? Est-ce'que c'est plus amusant d'avoir un père prof, ou camionneur, ou pharmacien? Ton père est un artiste, comme la mère de Lola. C'est beau d'être artiste, c'est pas donné à tout le monde... Tu veux savoir, pour mes parents? Je vais te le dire : ma mère, c'était la bonne. Mon père avait épousé la bonne, tu comprends. Il avait honte d'elle, et moi aussi. Le jour où je n'ai plus eu honte d'elle, il était trop tard. Alors j'ai commencé à avoir honte de moi.

- C'est peut-être à cause de ta honte que tu vis comme ça maintenant !

- Aucun rapport ! Je vis comme ça parce que ça me plaît.

Il pleuvait depuis des jours, mais Antoine s'en fichait. Ni lui, ni Lola ne craignaient la pluie. Hier, sous les regards amusés ou réprobateurs des passants, ils avaient joué sur l'avenue de la République à Singing in thé rain, en rollers, façon Holiday on Ice. Aujourd'hui, en raison de la météo, ils avaient échappé au plein air. Antoine remontait avec Lola le boulevard de Ménilmontant, vers Belleville.

Ce matin, avant de quitter la maison, il avait reçu un coup de fil18 de Roland. Roland insistait pour faire la connaissance de Lola. Après avoir tergiversé, Antoine avait accepté un rendez-vous pour le jour même, en fin d'après-midi, à l'angle de la rue Jean-Pierre-Timbaud, devant le grand restaurant chinois, celui avec des dragons.

  • Tu sais, mon pote19, c'est un peu un voyou, prévint Antoine. La seule chose qu'il accepte de faire, c'est de taper sur sa batterie, et ça, il le fait très bien.

  • J'aime pas les types qui passent leur temps à taper sur une batterie, dit Lola, je trouve ça débile.

  • Il faut bien des batteurs ! Et je t'assure que lui, c'est un bon. Antoine se garda bien de lui avouer qu'il était ravi qu'elle déteste les batteurs.

  • Avant, je n'allais jamais par là, dit Lola. Tu comprends, pour mes grands-parents, on habitait le « beau XXe » ! « Un îlot protégé », mon cher! C'est plus amusant par ici. Sans toi, je n'aurais jamais connu ce quartier!

Lola colla son nez à une vitrine qui regorgeait de pâtisseries dégoulinantes de miel.

  • J'adore ça ! dit Antoine, mais ça colle plus que super-glue ! Il entra, et ressortit bientôt avec deux gâteaux luisants.

Plus loin, ils pénétrèrent dans une épicerie, juste pour le plaisir. Ils détaillèrent les bocaux, pistaches, pépites, les bacs d'épices, cannelle, piment, curry, les tonneaux pleins d'olives de toutes sortes, de petits citrons marines, de gros cornichons.

En sortant de la boutique, Antoine aperçut Roland qui faisait les cent pas de l'autre côté du boulevard.

  • Lola, je te présente Roland.

  • Enchanté, dit Roland cérémonieusement. Je vous emmène chez Tina... Tina, c'est une copine, ajouta-t-il.

Antoine bredouilla à l'intention de Lola.

  • C'est-à-dire, on ne peut pas rester longtemps, on a un contrôle d'histoire...

  • Juste cinq minutes, le temps de vous montrer un truc ! On a enregistré une cassette avec un copain qui joue de la guitare.

Roland avait un air bizarre. Comme Lola s'attardait devant une vitrine de chaussures, il murmura à Antoine :

  • J'ai trouvé... son secret... Qu'est-ce qu'il avait bien pu tramer?

  • Je t'avais dit de ne pas t'en mêler, chuchota Antoine, inquiet. Puis il se tut, parce que Lola les rejoignait.

Ils suivirent Roland jusqu'à un immeuble bancal de la rue des Envierges et grimpèrent au troisième.

Une fille, tout en noir, un fouillis de cheveux couleur corbeau, au-dessus d'un visage maquillé de blanc, leur ouvrit. C'était Tina. - Bonjour, dit-elle. Prenez les patins, ma mère est maniaque !

L'appartement minuscule était briqué comme dans une pub. Tina les fit entrer dans sa chambre. La toute petite pièce était bourrée de monde.

Tina fit les présentations : - Donald, Toto, Lucien, Kodjo, Omar.

Elle ferma la porte derrière eux.

  • Lola, on est vachement contents de te connaître. Regarde derrière toi !

Lola se retourna et se trouva face à une grande affiche de... Judy Spring.

- Ah, oui ! On est contents de te connaître, dit Donald.

- Moi, j'aurais préféré qu'elle soit la fille de Wow, marmonna Toto.

Tina lui fila un coup de pied.

  • Alors... On voudrait te demander si tu pouvais nous avoir des places ! C'est trop cher pour nous le Zénith, on n'a pas les moyens.

  • Et puis, ajouta Roland, si tu pouvais me présenter à ta mère, elle m'écouterait jouer. Les boîtes de disques, je leur ai envoyé des dizaines de cassettes, ils répondent jamais. Faut du piston20!

  • Pourquoi tu t'habilles pas comme ta mère? Elle a des supersapes21 ! dit Toto.

Il y avait le rire de Toto, et la bouche rouge de Tina, et les grosses dents de Donald... On aurait dit qu'ils allaient dévorer Lola.

Lola recula.

  • C'est pas ma mère ! cria-t-elle.

Elle traversa la salle à manger, poursuivie par la voix de Tina :

- Les patins, les patins !

- Je crois qu'on a fait une bêtise, pleurnicha Roland.

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