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Qui est Lola complet.doc
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01.04.2025
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Points à discuter

  1. Qu’est-ce que Antoine faisait chaque premier novembre ?

  2. Décrivez Roland et ses relations avec Antoine.

  3. Qui était la Mouffette ? Où habitait-il ?

  4. Décrivez son caractère et ses relations avec Antoine.

3

Papa la mouise10

Amoureux! Et puis quoi encore? S'il avait réussi à passer toutes ces années sans l'être, ce n'était tout de même pas pour que ça lui arrive maintenant! Amoureux! Et de qui? De cette fille? Une vraie ahurie, bon chic bon genre... Non. S'il était tout le temps avec elle, c'était à cause du mystère. Cette fille avait un secret. Elle n'était pas orpheline mais elle n'avait pas de parents. Il ne l'avait jamais entendue prononcer le mot "père" ou "mère". Qu'est-ce que ça cachait? Peut-être que ses grands-parents n'étaient pas de vrais grands-parents mais des gens qui l'avaient adoptée? Ou peut-être que ses parents étaient en prison. Ou peut-être que c'étaient des bandits. Ou peut-être qu'ils étaient partis un jour, pour acheter des cigarettes et qu'ils n'étaient jamais revenus...

En tout cas, elle était sympa. Elle n'avait fait aucune difficulté à échanger son beau cartable contre la loque d'Antoine. Antoine, en prime, lui avait donné un stylo attaché à une cordelette rosé, avec des cœurs blancs. « Pour que tu ne L'oublies pas », avait dit Antoine, mais cette idiote avait dû entendre : « pour que tu ne M'oublies pas », parce qu'elle lui avait fait les yeux mouillés et jeté un baiser sur la joue.

Malheureusement, il avait été obligé de rendre le cartable. Les grands-parents en avaient fait toute une histoire. Il avait récupéré sa loque mais laissé le stylo à Lola.

Antoine entra dans l'impasse. Au fond, devant la porte de l'atelier, il vit Lola. Comment est-ce qu'elle avait trouvé son adresse? Il n'amenait jamais personne chez lui. Ce n'était pas qu'il avait honte mais c'était trop différent. Les autres habitaient dans des appartements plus ou moins grands, plus ou moins beaux, plus ou moins propres. Mais des appartements, voilà.

  • Salut! jeta-t-il sans amabilité.

Il ouvrit la porte vitrée. Lola restait sur le seuil, comme si elle hésitait à entrer.

  • Quel drôle d'endroit! s'exclama-t-elle.

Oui, c'était un drôle d'endroit. Dans de grands casiers, des dizaines de toiles étaient stockées, d'autres étaient posées contre le mur, à même le sol, un sol entièrement recouvert de traces de peinture, comme une palette géante. Au fond, il y avait la cuisine : l'évier reposait sur un établi, de la vaisselle dépareillée s'empilait sur des étagères métalliques. Derrière une cloison de toile, sur quelques mètres carrés, s'élevait une tour d'échafaudage qui atteignait le plafond : le domaine d'Antoine. Premier niveau, un lit; deuxième niveau, une bibliothèque ; dernier niveau, un bureau.

  • C'est formidable chez toi ! dit timidement Lola.

  • Monte ! aboya Antoine en la regardant par en dessous.

  • J'ai jamais vu une maison comme ça!

  • Evidemment, puisque c'est pas une maison.

Antoine bascula le châssis d'un vasistas.

  • Là-haut c'est le ciel, tu veux y aller?

  • Oh oui!

Antoine se hissa sur le toit.

  • Attrape ma main... Voilà, pose ton pied sur le rebord... Ça y est! Attention, c'est glissant, assieds-toi là, à côté de moi, c'est plus sûr.

Ils restèrent un moment silencieux, à contempler les toits.

  • Alors c'est vrai, tu trouves ça bien ici? demanda Antoine.

  • Pas toi?

  • Non. Je suis pas vraiment chez moi. C'est la peinture qui est chez elle. Elle prend toute la place.

  • J'ai le vertige, dit Lola, se serrant contre Antoine. C'est calme ici, murmura-t-elle.

Antoine ricana :

  • C'est parce qu'il est six heures !

Il expliqua à Lola, le bruit, les odeurs.

  • Tu sens ?

  • Rien.

  • Mais si, cette odeur de métal...

Il commençait à pleuvoir. Une petite goutte s'était posée sur la joue de Lola, comme une larme. Antoine s'attendrit.

  • Viens, on va faire une tarte aux pommes.

  • Tu sais faire ?

  • Ça et des tas d'autres choses. Etre fauché ça rend débrouillard.

  • Vous êtes fauchés ?

L'innocente, elle n'avait pas compris.

Lola épluchait une pomme :

  • Pourquoi est-ce que vous êtes pauvres ? demanda-t-elle.

  • Oh, la-là! Si mon père t'entendait! Nous, on est fauchés, pas pauvres ! Les pauvres, c'est différent. Ça leur tombe sur le coin de la figure sans qu'ils aient rien demandé, tandis que nous, on a choisi. Enfin, mon père, parce que moi, non ! Lui, il a choisi la peinture et la mouise. Remarque, il y a des peintres qui ont du fric11. Tiens! Celui qui vient de s'installer, à côté, à la place du menuisier, il en a. Mais mon père, la mouise, ça ne le gêne pas, il n'a pas de besoins, à part la toile et les couleurs, des pâtes, du riz, sa vieille bicyclette, ça lui suffit. Moi pas. J'ai des goûts de luxe. J'aime le superflu... Remarque, je me débrouille, je connais toutes les combines gratuites, et puis je travaille.

  • Tu travailles? Tu as de la chance! Une fois, ma voisine m'a proposé de faire du baby-sitting mais mon grand-père n'a pas voulu.

  • Ce serait mieux de laisser reposer la pâte une demi-heure, mais ça fera trop tard...

  • Quelle heure est-il? Est-ce que je peux téléphoner?

  • Non ! La ligne est coupée, on n'a pas payé. Tu vois, fauché ou pauvre, c'est la même chose... sauf que pauvre ça fait plus pitié! Remarque, ça va peut-être s'arranger. Mon père a une proposition d'une galerie pour une expo. Ça te plaît sa peinture?

  • C'est un peu effrayant...

  • C'est bien ce que je pense. Moi, je ne suis pas comme mon père. D'ailleurs, je suis nul en dessin. Plus tard, j'aurai deux voitures, une vraie maison, une vraie femme, plein d'enfants, et je serai président de l'association des parents d'élèves!

Lola se mit à rire :

  • Moi, je n'arrive déjà pas à être élève, alors je me demande comment on peut être parent d'élèves, et président en plus !

Quand Lola riait, tout le monde se mettait à rire. C'était impossible de résister. Même les profs se laissaient faire. Malheureusement, elle ne riait pas souvent. Quand ça arrivait, il fallait se dépêcher d'en profiter.

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