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Qui est Lola complet.doc
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Points à discuter

  1. Où se passe l’action ? Qui sont les personnages de la nouvelle ?

  2. Parlez des amis d’Antoine. Est-ce qu’il en a beaucoup ?

  3. Pourquoi Antoine a été très surpris quand il a connu le nom de la fille qui portait une jupe plissée et des socquettes ?

  4. Comment Antoine appelait-il son père et pourquoi ? Voulait-il ressembler à son père ?

  5. Où habitait Antoine, décrivez son logement.

  6. Parlez de Lola au lycée – était-elle une bonne élève ? Et Antoine ?

2

Drôles de copains

Comme chaque premier novembre, il faisait moche et gris. Comme chaque premier novembre, Antoine "vola" un pot de chrysanthèmes à la fleuriste. Comme chaque premier novembre, elle fit semblant de ne pas voir, et lui, semblant de ne pas voir qu'elle faisait semblant, et cœtera...

Cela remontait à quand il était petit. Il s'était fait prendre à voler un pot de fleurs et il avait expliqué que c'était pour la tombe de sa mère. La fleuriste lui avait chanté Les Rosés blanches en pleurant (c'est l'histoire d'un garçon qui vole des rosés pour sa mère à l'hôpital, un vrai mélo!).

Comme chaque premier novembre, il rencontra Roland qui piquait des pots, mais pour les revendre. Les gens les lui achetaient parce que ces jours-là il mettait un costume genre scout.

Antoine le jaugea : il était dans sa bonne moitié. Son premier quartier de Lune, le montant,

- Y'a des mecs qui font la manche5 devant le cimetière et qui embêtent les gens, dit Roland.

Antoine haussa les épaules. Il les connaissait, c'était une bande qui zonait dans le quartier, pas des gentils, mais pas non plus des méchants. Plutôt des pénibles.

- Ah ! Voilà les flics ! dit Roland avec ravissement.

Ce n'était pourtant pas son genre de se réjouir de l'arrivée d'un car de police. Peut-être que l'habit de scout déteignait?

Ce qui est bien avec les flics, c'est le pin-pon6. Comme ça, on a tout le temps de se sauver. C'est évidemment ce qu'avait fait la bande. Une petite vieille surexcitée prit les policiers à partie : ils ne faisaient pas leur travail, ils n'étaient jamais là quand il fallait, si c'était pas une honte cette jeunesse, et on laissait faire, dans son temps, c'était autrement... Un policier tenta de la calmer, mais elle lui balança son sac dans la figure. Antoine et Roland se rapprochèrent. Le policier saignait, il en fallut trois autres pour contenir la petite vieille et la faire monter dans le car.

- Des mêmes qui cassent du flic, on aura tout vu! dit Roland, allez, j'en ai marre de ce business, je t'accompagne. Dis donc. On ne te voit pas souvent ces temps-ci!

- Je suis occupé, on a beaucoup de travail, les profs se déchaînent.

- T'as de bonnes notes au moins ?

- Mais oui, ne t'inquiète pas, je ne risque pas d'être analphabète comme toi.

- Justement. Je te surveille parce que j'aurai besoin de toi plus tard : tu seras mon avocat. Si je deviens chanteur de hard rock, c'est toi qui liras mes contrats, et si je tourne voleur en gros, t'iras raconter aux juges mon enfance malheureuse et tout ça.

- Tu n'es pas malheureux, t'es surtout flemmard. Ton père est chouette, et ta mère, c'est une sainte.

- T'es pas obligé de le dire aux juges !

- Viens avec moi, proposa Antoine, je passe voir la Mouffette.

- Ah, non! La dernière fois, j'ai failli vomir.

- Pour un dur, t'es plutôt une petite nature. Roland lui montra une grande affiche :

- T'as vu, Judy Spring passe au Zénith7 !

- Tu sais, moi, le rock... dit Antoine.

- Spring, c'est du rock mou, mais tout même, elle se défend pour son âge, la meuf !

Ils avaient encore muré le passage. Antoine entra dans l'immeuble voisin, traversa deux cours, monta au deuxième étage du bâtiment du fond, ouvrit la fenêtre de l'escalier, se laissa glisser sur un appentis et sauta dans un terrain vague.

Cela faisait des années que cet endroit était promis à la démolition. Tout autour, ça tombait et ça commençait à repousser, mais cet immeuble-là, mystérieusement, on n'y touchait pas. Pourtant, il avait été un des premiers évacués. C'était là d'ailleurs qu'habitaient Roland et sa famille. Ils avaient eu de la chance, on les avait relogés dans les nouvelles HLM8 construites à côté. Pendant longtemps, sur la façade murée, un panneau avait affiché un permis de construire. Maintenant c'était tout effacé et le panneau menaçait de tomber. Pourtant quelqu'un devait surveiller les lieux, car dès qu'une ouverture était percée, on la bouchait dans les jours suivants. Antoine avait donc connu cet immeuble habité, puis vidé, puis squatté très officiellement, puis revidé et re-squatté sournoisement. Les premiers squatters étaient des gentils, avec des gosses, qui tenaient tout propre et faisaient des comités de défense. Les suivants étaient moins fréquentables. Maintenant l'endroit était tellement infect, que même les pires junkies avaient quitté les lieux.

Ne restaient que la Mouffette et les chats.

Antoine poussa une porte branlante et descendit l'escalier d'une cave. Un tas de chiffons puants déboula sur lui. Deux mains émergèrent qui saisirent les siennes, puis le tas s'écroula en rigolant sur le sol. Antoine écarta les chiffons pour laisser apparaître un visage.

- Salut, la Mouffette.

- Il y a longtemps que tu n'es pas venu... Quand on oublie les vieux amis, c'est qu'on a mieux à faire !

- Regarde ce que je t'ai apporté, au lieu de dire des bêtises, grogna Antoine.

- Oh ! De la crème de marrons ! Une bonbonne pour mon camping gaz, tu y as pensé ! Des Gitanes \ Des chocolats à la liqueur... tu me pourris. Un savon! Alors là, tu m'insultes.

- Une bonne douche te ferait du bien!

- Pas de grossièretés, mon ami! Dis donc, tu tousses, toi!

- Un peu.

- Voilà ce que c'est que de se laver, ça rend malade. Moi, je ne suis jamais malade. Mais toi, je trouve que tu as une petite mine. C'est pas le rhume... Tu serais pas amoureux?

Antoine détourna la conversation :

- Comment tu rentres ici maintenant?

- Par le trou à charbon qui donne sur la rue, ils n'ont pas pensé à le murer. Mais ça ne durera pas. Qu'est-ce que je vais faire?

- Je ne vais tout de même pas rejoindre les cloches du boulevard de Belleville. C'est pas qu'ils soient méchants, mais 011 n'a pas les mêmes sujets de conversation, et puis je déteste le pinard. Tiens ! Je préfère encore me laver ou me jeter à la Seine.

- Lave-toi tout de suite.

La Mouffette feignit un sanglot.

- Et ma bibliothèque! Tu te rends compte que j'ai plus de deux mille bouquins ! Ça en représente des nuits à faire les poubelles ! Y'a même des livres reliés. C'est incroyable ce que les gens peuvent jeter! Tu vois, un livre que tu trouves comme ça, à côté de la poubelle, ou tout au fond, c'est un peu comme un être vivant. Y'en a qui ne peuvent pas s'arrêter de recueillir des chiens, moi c'est des livres.

La Mouffette rabattit un chiffon sur son visage.

- Viens habiter chez nous, dit Antoine. Mais il faudra te laver, parce que moi, encore, je supporterai, mais pas mon père.

- Arrête de me faire des propositions honteuses.

- Dis-moi, demanda Antoine, elle vient toujours ta Princesse?

- Tous les jours, elle jette le repas pour les chats et pour moi dans le soupirail. Elle nous gâte. Quelquefois elle ajoute un journal, ou un paquet de cigarettes... Et ta Princesse, à toi, elle est comment?

Antoine haussa les épaules.

- Franchement, tu devrais sortir de ton trou. Tes chiffons et ta crasse ne te protègent de rien. Moi, je sais qui tu es, mais pour les autres, t'es qu'un vieux clodo9 complètement dingue et répugnant.

- Je ne suis pas un clodo, et tant pis pour les autres s'ils se contentent des apparences ! Mais dis-moi, toi, quelle humeur ! Et après ça, tu veux me faire croire que tu n'es pas amoureux?

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