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Les rythmes scolaires, vont-ils enfin changer?

Toutes les mères de famille se posent les mêmes questions, ont les mêmes angoisses depuis des années. La cause de leur inquiétude? L’école, bien sûr. Avec ses horaires trop chargés. Ses vacances trop longues. Elles rêvent d’un autre système. Mieux adapté aux rythmes des enfants. Quand pourront-elles dire: « Cet après-midi, ma fille fait de la danse et mon fils est en activité d’éveil, section théâtre »? Quand verront-elles leurs enfants rentrer le soir les yeux brillants plutôt que cernés? Pas tout de suite. En tout cas pas partout.

Jusqu’ici, seules quelques timides expériences avaient été tentées çà et là pour aménager les horaires et modifier le contenu des programmes. Cette année, la réforme prend de l’ampleur: elle intéresse 100 000 enfants dans près de 200 écoles, lycées et collèges.

L’objectif de la réforme est d’alléger les emplois du temps et d’ouvrir l’école sur le monde. Pratiquer plus de sport mais aussi d’autres disciplines culturelles et artistiques. Exemple type: à Strasbourg, les enfants de l’école maternelle apprennent le judo, mais aussi le cirque, le théâtre et les marionnettes. Pourtant, la semaine n’y compte que vingt-quatre heures de classe contre vingt-six dans les écoles traditionnelles. Par contre: les élèves rentrent une semaine avant les autres, le 27 août. Autre exemple: en Moselle, la semaine passe à vingt-deux heures trente sur cinq jours. Les matinées, ainsi que le mardi après-midi, sont réservées aux enseignements classiques. Le reste du temps est consacré au VTT9, à l’escalade, aux échecs, au théâtre et à l’ornithologie. Mais cette école idéale coûte cher. Pour la révolution des rythmes scolaires, il faudra encore attendre un peu.

Et voilà ce que pensent de la réforme les grandes personnes.

Guy Drut, ministre de la Jeunesse et des Sports sous Jacques Chirac, qui avait lancé la réforme.

« J’ai vu en tant que sportif la place tout à fait marginale qu’avait le sport dans le développement de l’individu en France. Par ailleurs, ma mère est Anglaise et j’ai pu constater par moi-même qu’un rythme scolaire mieux équilibré et pas exclusivement centré sur l’acquisition de connaissances avait beaucoup d’avantages. J’ai aussi deux filles et je sais combien les journées sont longues, sans compter les devoirs à faire à la maison. On impose à un enfant de 7 ans des cadences journalières que 1’on ne demande plus à un adulte dans la vie active ».

Guy Vermeil, pédiatre:

« La réduction des vacances est essentielle. Cela va permettre aux enseignants de créer des journées équilibrées avec une place pour dormir, pour jouer, pour travailler, pour se rendre d’un lieu à un autre tranquillement, pour déjeuner. L’être humain doit d’abord trouver l’équilibre sur vingt-quatre heures. En France, le nombre de jours de classe (175 dont 141 à temps plein) est formidablement inférieur au nombre de jours de congé. »

Et voici l’entretien avec le chrono-biologiste Hubert Montagner.

ELLE. Les enfants sont souvent fatigués en fin de journée, épuisés en fin de trimestre. Est-ce une fatalité?

Hubert Montagner. Pas du tout. On sait que, dans la journée, il y a deux moments où les enfants sont peu réceptifs. Il s’agit du matin, deux à trois heures après le réveil, et en début d’après-midi.

Dans l’état actuel des choses c’est-à-dire dans le non-respect des rythmes biologiques de l’enfant, les enseignants savent bien que vers 15h-16h ils ne peuvent plus continuer à enseigner des disciplines qui nécessitent la mobilisation des ressources intellectuelles. Il est donc souhaitable que, en partant de ce constat, on organise une alternance des moments où l’enfant choisit son activité et ceux où il reçoit un enseignement. Ainsi, le matin, lorsqu’il arrive à l’école, il doit y avoir un bref moment uniquement consacré à l’accueil. Puis, pendant une quarantaine de minutes, l’enfant pourrait se rendre dans un lieu où il finirait de se réveiller à son rythme. De cette manière, on crée les conditions nécessaires pour que, vers 9h-9h15, la quasi-totalité des enfants soit prête10 à accompagner le maître dans son programme, sans interruption jusqu’à la fin de matinée pour les plus grands.