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la_france_en_mouvement.doc
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I. Questions et repérages

1. Pourquoi les petits commerçants français continuent-ils d’avoir des clients malgré l’existence de nombreux supermarchés?

2. Pour quelle raison les petites boutiques en France sont souvent groupées par quartiers?

3. Que trouve-t-on au marché en France? Pourquoi les Français aiment-ils faire leurs courses au marché?

4. Comment changent les circuits de distribution pendant la première révolution commerciale?

5. Quels nouveaux circuits de vente apparaissent au cours de la deuxième révolution commerciale? Analysez leurs avantages et incon­vénients.

II. Exercices de vocabulaire

Relevez les éléments du franglais commercial qui apparaissent à l’époque des supermarchés. Qu’est-ce qu’ils signifient?

III. Choc culturel

Parlez des circuits de distribution qui existent dans votre pays. Quelle est leur évolution?

Document 1

Boutiquiers au travail

Vers onze heures la vente bat son plein: il y a dans la boutique une longue file de ménagères qui attendent leur tour. Germaine et Pierre virevoltent1, coupent le jambon, manient les bouteilles, tâtent les fromages, pèsent les fruits, atteignent à l’aide d’une pince fixée sur une perche, les boîtes les plus haut placées. Pierre prend le temps de conseiller un client — un de ces hommes assez rares qui, retraités ou célibataires, font eux-mкmes leurs provisions.

Pierre assure que telle marque de vin est supérieure à telle autre, que tel cru2 est meilleur. Pour telle salade, il préconise l’huile d’olive. Germaine vient souvent à la rescousse3.

Pour parler, Pierre s’arrкte de servir, tandis que Germaine ne cesse de s’activer. Certains clients préfèrent кtre servis par Germaine: ils gagnent un peu de temps; d’autres aiment bien la lenteur et la bonhomie de Pierre. Mais quand le tour de chacun arrive, il s’adresse à celui des époux qui est disponible, sans protester.

Le magasin ne désemplit pas. Des enfants qui sortent de l’école sont venus s’adjoindre aux mères, ils réclament une sucette4 ou un chewing-gum. Tout en coupant le jambon, Germaine surveille ce petit monde indiscipliné; parfois elle offre une tranche mal venue au bambin. Elle est généreuse, surtout avec les enfants de ses clients fidèles.

D’après Suzanne Prou. La Petite Boutique, Mercure de France, 1973.

1 virevolter: se déplacer dans tous les sens

2 le cru: année ou lieu de la récolte du vin

3 venir à la rescousse: venir à l’aide

4 la sucette: bonbon présenté sur un petit bâton

Au fil du texte

I. Questions et repérages

1. Pourquoi la vente bat-elle son plein à 11 heures?

2. Que trouve-t-on chez un épicier?

3. Quels rapports existent entre les clients et chacun des deux boutiquiers?

II. Jeu de rôles

Imaginez la vie et le travail d’un couple de petits boutiquiers. Que doivent-ils faire chaque jour avant d’ouvrir leur boutique? Que doivent-ils faire pour attirer des clients et pour éviter qu’ils n’aillent au supermarché?

Document 2

Les pièges des grandes surfaces

Au premier abord, une grande surface c’est 3 choses: le libre accès, l’absence de vendeurs, des prix marqués à l’avance — la liberté, en quelque sorte... En réalité c’est bien autre chose, et c’est infiniment plus subtil que ça n’en a l’air...

Tout commence non pas une fois la porte du magasin franchie, mais bien avant...

La mise en condition débute par la mémorisation du nom et cela par tous les moyens visuels et auditifs possibles, qui s’avanceront tout seuls dans les cervaux: “Euromarché, une nouvelle race de magasin”, “Mamouth écrase les prix”. Seconde étape: la motivation du consommateur: on créera “l’événement” commercial par des “opérations chocs”...

Sur place, pas de problème de stationnement: il y a le parking, le poumon du magasin. Car, bien entendu, 70 à 75% des clients des grandes surfaces “périphériques” sont motorisés. Avoir quatre roues change tout. Notamment quant à la quantité et à la nature des produits achetés. Ainsi, pour un supermarché de 400 m2 situé en centre-ville sans parking, le “chariot1 moyen” a totalisé, en 1978, 35 à 50 F d’achats; avec parking 75 à 100 F.

Bien entendu, toute grande surface disposant d’un parking s’équipera d’une station-service: car, c’est connu, 90% des clients venus acheter de l’essence rentreront dans le magasin.

Juste à côté de sa voiture on trouvera les chariots. Leur nombre et leurs dimensions vont avoir un rôle déterminant dans la réalisation du chiffre d’affaires et de la marge bénéficitaire2 du magasin. Le consommateur qui ne trouve pas de chariot limitera ses achats à ce qu’il peut porter à la main, sur les bras ou dans son panier... Dès que le client a franchi la porte, on le prend en main — sans qu’il s’en rende compte — pour le faire aller là oщ l’on veut, lui montrer un maximum de choses, le faire rester un maximum de temps; avec, toutefois, une limite: la visite doit paraître courte.

La présentation des articles à tel ou tel niveau d’une gondole n’est pas fortuite3. Un produit donné verra ses ventes varier dans des proportions considérables selon le niveau auquel il a été placé. Les produits de première nécessité (à faible marge bénéficitaire pour la grande surface) seront donc disposés le plus bas possible. Vous devez vous baisser pour les voir et les saisir. Les produits plus chers (à forte marge) seront placés au niveau de la main et surtout au niveau des yeux. Instinctivement vous aurez tendance à vous servir là: c’est bien le but recherché!

Autre idée de génie des grands distributeurs, pour vendre plus, plus vite et diminuer les frais de manutention4: les ventes par lots5 et les ventes liées. Les croissants par vingt, les crayons graphite par dix, les yaourts par vingt-quatre...

D’après Que choisir, mars 1979.

1 le chariot: voiture à quatre roues pour le transport des marchandises, caddy (caddie)

2 la marge bénéficitaire: différence entre le prix d’achat et le prix de vente d’une marchandise

3 fortuit: qui arrive par hasard

4 la manutention: manipulation, déplacement des marchandises

5 le lot: une certaine quantité d’objets assortis

Au fil du texte

Questions et repérages

1. Qu’est-ce qui distingue avant tout les grandes surfaces des autres circuits de vente?

2. Quelles sont les techniques utilisées pour attirer les clients dans le magasin?

3. Que fait-on pour séduire les clients motorisés?

4. Pourquoi dit-on que le chariot a un rôle déterminant pour la réalisation du chiffre d’affaires et de la marge bénéficitaire du magasin?

5. Analysez les divers procédés utilisés pour orienter les achats.

6. Comment font les distributeurs pour vendre plus et plus vite tout en diminuant les frais de manutention?

B. Dites-nous ce que vous mangez...

Bien qu’ils aient de plus en plus de temps libre, les Français en consacrent de moins en moins à leur alimentation. Cela est surtout vrai pour les repas quotidiens, oщ les conserves, surgelés et autres produits instantanés leur ont permis de gagner un peu de temps qu’ils peuvent réinvestir dans les loisirs. Finis les traditionnels menus avec entrée, plat de résistance, salade, fromage et dessert. Trop long, trop coûteux, trop riches en calories. Pourtant l’attitude vis-a-vis des repas de fкte est tout à fait différente. Les Français y voient l’occasion de passer un moment agréable en famille ou avec des amis, en profitant de l’ambiance créée par un bon repas. Ils consacrent donc le temps et l’argent nécessaires pour que la fкte soit réussie.

Le développement de la production de masse, l’“industrialisation” de l’agriculture, l’extension géographique du marché contribuent à effacer peu à peu les différences régionales. Dans le mкme temps, l’urbanisation et le progrès technique réduisent les oppositions traditionnelles entre ville et campagne, entre travail manuel et travail intellectuel, oppositions particulièrement fortes dans le domaine des habitudes alimentaires.

Toutefois les études statistiques continuent d’enregistrer des écarts considérables entre les consommations alimentaires des diverses catégories sociales. La consommation alimentaire des ouvriers, par exemple, demeure, en valeur, inférieure à la consommation moyenne de l’ensemble des ménages (indice 100). Par rapport à celle-ci, la con­somma­tion des ouvriers en 1979 était à l’indice 70, contre 112 pour les industriels, les gros commerçants et les professions libérales. Cet écart reste constant depuis une vingtaine d’années. Le calcul de ces indices de consommation par catégories socioprofessionnelles et par produits fait ressortir l’opposition entre les aliments surconsommés par les ouvriers et les paysans d’une part et les aliments surconsommés par les couches aisées de l’autre. Ainsi, le bœuf demeure une viande “bourgeoise” surconsommée par les cadres supérieurs, les industriels, les gros commerçants, les professions libérales; elle s’oppose aux viandes “pay­sannes”, volaille et lapin, et surtout au porc, viande populaire traditionnelle. Aux endives, aubergines et artichauts, très appréciés des cadres et professions libérales, répondent la laitue, les pommes de terre et les poireaux que l’on trouve habituellement à la table des ouvriers et des paysans. On retrouve cette hiérarchie des plats pour les desserts et les boissons. Les fromages de gruyère et de roquefort sont élus par les milieux “bourgeois”, alors que les milieux “populaires” préfèrent le camembert et le brie. Au chapitre des boissons, les vins fins et le whisky sont dégustés surtout par les cadres supérieurs quand les vins ordinaires et la bière sont généralement bus par les agriculteurs et les ouvriers.

Dans le domaine de la restauration commerciale (restaurants, snacks, fast-foods, cafés) le fast-food a gagné après une guerre qui fut indécise pendant plusieurs années. On voit de plus en plus de Français se précipiter dans les Mac Donald’s, Burger King et autres temples de la restauration rapide, version américaine. Ils n’ont pas résisté à une conception de l’alimentation qui avait tout pour les séduire: la rapidité du service; la présence des frites (on en fait de moins en moins à la maison); enfin et surtout, la modicité1 du prix.

1 la modicité: caractère de ce qui est modique, peu considérable, petit

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